CLASSIQUE / TRADITIONNEL


MICHEL LEGRAND ET SES DEUX CONCERTOS

En 2017, Michel Legrand du haut de ses 84 ans gardait toujours bon pied, bon œil. Il avait toujours des projets plein la tête. Cette année-là, il se lançait dans la musique symphonique en proposant deux concertos, le premier pour piano et le second pour violoncelle. L'intéressé expliquait à travers quelques questions/réponses les raisons qui l'avaient poussé à se lancer dans ce projet ambitieux.


"À vingt ans, je me suis rendu compte que je pouvais tout faire"'


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Michel Legrand : En fait, c'est un vœu qui aura traversé toute ma vie. À vingt ans, je me suis rendu compte que je pouvais tout faire et, surtout, que je voulais tout faire : la composition classique, la chanson, le jazz, le cinéma, et aussi jouer du piano, chanter, tout. J'ai compris qu'il y aurait différentes phases dans ma vie et que la musique symphonique viendrait après mes quatre-vingts ans. J'y suis. En plein dedans ! J'ai écrit deux concertos l'un à la suite de l'autre, l'un pour piano, l'autre pour violoncelle.

Pouvez-vous en décrire le style ?

Non, c'est impossible pour moi. Ce que je peux vous dire, en revanche, c'est que j'y pensais depuis longtemps, que cela a décanté et qu'ensuite je suis allé vite. Un travail régulier, naturel, sans effort. Comme si la musique avait dormi en moi et s'était soudain réveillée. Au cinéma, j'ai eu l'habitude d'avoir à dire en peu de temps ce que j'aurais autrement dit autrement plus longuement. Avec ces concertos, ma musique parle, elle bavarde aussi sans doute ! Ce qui compte au final, c'est l'imagination.

Comment cela se traduit-il dans la musique ?

Dans le Concerto pour violoncelle, j'ai senti qu'à un moment l'instrument soliste devait s'exprimer avec un accompagnement de piano. Au milieu du Troisième mouvement intervient donc une petite sonate. Pourquoi pas après tout ? Lorsque nous jouons cette œuvre, je dirige, puis je saute au piano accompagner mon soliste Henri Demarquette et je retourne diriger pendant qu'il termine sa cadence.


MICHEL LEGRAND : CONCERTO POUR PIANO ET ORCHESTRE (1er mouv. Attaca)

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Quel sera votre prochain projet ?

Ce sera avec Natalie Dessay Mais c'est une histoire absolument baroque ! Pour la raconter, je dois remonter jusqu'aux années 1970. J'étais à Los Angeles où je travaillais pour le cinéma. Je collaborais aussi avec Barbra Streisand, qui enregistrait la plupart de mes chansons écrites avec mes amis Alan et Marylin Bergman. Un jour, je propose à Barbra de lui composer une série de 14 chansons évoquant la vie d'une femme, de la naissance à la mort. Elle était enthousiaste. Mais quinze jours plus tard, elle m'appelle. « C'est formidable, mais je n'arrive pas à chanter les arias de la naissance et de la mort, trop émouvantes pour moi. Si tu les supprimes, je fais le disque ! » Je lui ai répondu que sans la naissance et sans la mort, cela n'a plus de sens de raconter la vie de quelqu'un... Le projet a donc été abandonné. Quarante ans plus tard, je suis avec Natalie Dessay. Elle me demande de lui proposer des choses. Je chante ces vieilles chansons et, au fur et à mesure, je vois Natalie qui rougit, qui frétille, qui explose et me dit : « Mais, Michel, c'est pour moi! Je veux le faire ! » Je lui dis oui, en lui proposant d'improviser entre les chansons, comme si c'était la continuité de la vie, ininterrompue.

Michel Legrand, Concertos (chez Sony).

Cadence Info (12/2017 - mise à jour 05/2020)

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