MUSIQUE DE FILMS


MICHEL LEGRAND, HOMMAGE AU PIANISTE COMPOSITEUR

Il n’avait pas son pareil pour illustrer l’écran de ses notes bleues et jazz. Michel Legrand s’est éteint à l’âge de 86 ans alors qu'il s'apprêtait à retrouver la scène pour une nouvelle fois.


MICHEL LEGRAND AU ROYAUME DE LA MUSIQUE DE FILMS

Michel Legrand est le rare compositeur à être devenu populaire dans un domaine pas toujours honoré à sa juste mesure, la musique de films. De l’autre côté de l’Atlantique, ses musiques avaient été remarquées pour leurs qualités intrinsèques, au point d’avoir été 19 fois nominée et par trois fois « oscarisé » : la chanson "Les moulins de mon cœur" du film "L'affaire Thomas Crown" en 1969, "Un été 42" (1972) et "Yentl" (1984)  ; un fait suffisamment rare dans ce domaine pour être mentionné.

© Tsaorin - Michel Legrand (2017 - Festival de Jazz de San Javier)


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Pour le grand public, Michel Legrand est avant tout l’auteur de thèmes devenus aujourd’hui célèbres, des chansons que l’on retrouve notamment dans les comédies musicales de Jacques Demy : "Les Parapluies de Cherbourg" et "Les Demoiselles de Rochefort".

Au fil des années et d’une carrière bien remplie qui s’étale sur plus d’un demi-siècle, le composteur a toujours su rebondir, s’adapter au temps présent en écrivant des mélodies chantantes et gorgées de charme. Cette facilité déconcertante à faire swinguer les notes ou à faire envoler les cordes lui ont valu de ses pairs une reconnaissance et une renommée que personne n’est jamais venu contester. Si sa filmographie est impressionnante, Michel Legrand était également un musicien touche à tout, capable d’aborder bien d’autres genres, léger comme la chanson ou plus ambitieux comme ses deux concertos qu’il avait récemment placé sur orbite.

La liste des artistes avec lesquels il a travaillé est impressionnante. Les plus grands noms du jazz et de la chanson n’hésitaient pas à répondre présent : Nathaly Dessay, Nana Mouskouri, Ray Charles, Frank Sinatra, Miles Davis, Edith Piaf, Charles Aznavour, Charles Trenet et bien d’autres.

L’artiste était abordable, toujours prêt à se lancer dans une nouvelle aventure avec une fraîcheur quasi naturelle. Sur les plateaux de télévision, il était un invité de choix en apportant la 'note jazz', se lançant à bride abattue dans une improvisation au jeu pianistique fort recommandable. Michel Legrand avait imprimé un style dans ses musiques, mais aussi dans sa façon de phrasé sur son instrument fétiche, voire en chantant.

Dans son autobiographie parue en 2013, Stéphane Lerouge écrivait : « Comme certains dieux hindous, Michel est un être multiforme. On a l'impression qu'aucune discipline musicale ne lui résiste… Le jour où l'on fera le point sur son apport à la musique, on découvrira un créateur que la France a peut-être sous-estimé »

Michel Legrand était issu de la « vieille école », de celle qui gravit les échelons pas à pas. Dans un premier temps, il fut un pianiste accompagnateur recherché avant de devenir un arrangeur de premier choix à la fin des années 50 (Henri Salvador, Zizi Jeanmaire...). Des chansons, il en écrivait déjà et nous avait même fait le plaisir d’en ressortir quelques-unes de ses tiroirs en invitant amis et interprètes de la jeune génération à les partager dans son disque Michel Legrand et ses amis.

La musique de films arrivera dans les années 60. C’est grâce à elle et à l'émergence de la Nouvelle vague et de ses jeunes orfèvres de la caméra : Jean-Luc Godard, Agnès Varda et surtout son complice de toujours Jacques Demy, que la musique de Michel Legrand parviendra à se « hisser » aux oreilles du grand public.

Le ton personnel des films de l’époque et la découverte d’une comédie musicale à la française, entièrement chantée comme dans les "Parapluies de Cherbourg", de façon plus conventionnelle avec les "Demoiselles de Rochefort" ou à la façon d'un conte dans "Peau d'âne", ont contribué à imposer ce compositeur atypique dans un pays détenteur du genre, les États-Unis (un pays où il avait d’ailleurs décidé de s'installer, non sans risques, dès 1966) C’est le compositeur Henri Mancini qui lui ouvrira les portes d'Hollywood en 1968 pour un galop d’essai qui s’avèrera gagnant en composant la BO de "L'affaire Thomas Crown" avec Steve McQueen.


MICHEL LEGRAND ET LA MUSIQUE DE FILMS

(souce doc. France 2 - 26/01/2019)


Tout récemment, Michel Legrand avait pour projet de créer des musiques supplémentaires pour une version scénique de "Peau d'âne" (encore à l'affiche au théâtre Marigny à Paris jusqu’à mi-février). L’infatigable compositeur ne devait pas s’en tenir là, puisqu’il était question de donner deux concerts au Grand Rex, à Paris, en avril, en compagnie de ses "amis" : la soprano Natalie Dessay, l'accordéoniste Richard Galliano, le guitariste Sylvain Luc et le compositeur Michel Portal.

Les paroles élogieuses de la fin de ce court hommage revient à Vladimir Cosma, le célèbre compositeur roumain que Michel Legrand avait découvert et contribuer à imposer en France : « Pour moi, il est immortel, de par sa musique et sa personnalité. C'était une personnalité tellement optimiste, avec une sorte de naïveté dans l'optimisme, il voyait tout en rose ! »

Par Elian Jougla (Cadence Info - 01/2019)

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