CHANSON


BARBRA STREISAND, BIOGRAPHIE/PORTRAIT DE LA CHANTEUSE ET COMÉDIENNE AMÉRICAINE

Enfant, elle n'aimait pas chanter, mais un rêve revenait sans cesse : devenir une star du cinéma. Si toutes les petites filles s'imaginent en princesse, le souhait de Barbra appartenait à un autre univers, là où les lumières scintillent et où le public vous congratule. Enfant mal-aimé, Barbra savait déjà qu'elle devait compter que sur elle-même...


FUIR BROOKLYN

Barbra Streisand, c'est à la fois une voix légendaire, une comédienne et réalisatrice, mais aussi une battante et une féministe. L'icône mondialement célèbre incarne idéalement la diva des temps modernes en ayant creusé son sillon dans le monde impitoyable du showbiz où s'imposent seulement les étoiles.

Barbara Joan Streisand, dite Barbra Streisand est née le 24 avril 1942 à New York au sein d'une famille juive ashkénaze. Très tôt, son éducation laisse à désirer. L'absence du père, décédé peu de temps après sa naissance, alors qu'elle n'a que 15 mois, et d'une mère guère réconfortante et remariée avec un homme méprisant, conduisent Barbra à être indisciplinée. L'espièglerie dont elle abuse lui fait oublier un père parti trop tôt. Au chagrin et aux pleurs succèdent les jeux, les amusements, qu'elle découvre dans les rues de Brooklyn, tout comme les railleries de ses copines qui s'abattent cruellement sur son physique.

© Jonathan Tommy - flickr.com.

La souffrance la suit comme une ombre, et même si de temps en temps, elle est soutenue par son frère ainé, Sheldon, Barbra ne songe qu'à une unique chose : fuir. Pourtant, à l'école, c'est une brillante élève. Le bac, elle l'obtient à 16 ans, et ses professeurs l'imaginent déjà sur les bancs de la faculté. Or, tout semble déjà inscrit. Le désir de devenir actrice, tenace s'il en est, se conjugue avec l'envie de partir à la conquête des grandes villes, en laissant les études et les souvenirs sinistres derrière soi.


LE THÉÂTRE ET ALLAN MILLER

Pour s'émanciper, une seule solution : s'échapper du quartier de Brooklyn et conquérir les différents paliers qui conduisent au sommet. Sa première aventure sera d'emprunter le pont de son quartier qui la sépare de Manhattan. De l'autre côté de la baie, Barbra imagine la liberté, l'animation des rues et les théâtres de Broadway. Jusqu'à présent, ses connaissances culturelles se sont limitées à la télévision et aux salles obscures des cinémas qu'elle fréquente régullièrement et qui lui vaudront de posséder une bonne connaissance cinématographique avec des noms et des références.

À seize ans, Barbra court en vain les auditions, mais un jour, elle finit par obtenir un job au "Cherry Lane Theatre". Puis la chance lui sourit en rencontrant l'acteur Allan Miller qui l'invite à suivre ses cours. Barbra déborde de passions. Sa curiosité est insatiable. Grâce à son professeur, elle pénètre dans un monde fait de culture et d'éclats.

Le théâtre ouvre aux langages de l'acceptation de soi et l'autodérision devient pour elle une leçon de vie, une façon de se protéger des ricanements de ceux qui la trouvent « différente ». Barbra comprend également, qu'elle peut être comique et jouer de son physique. Or, malgré sa soif d'apprendre, les différents cours de théâtre qu'elle suit ne la conduisent pas loin. Seul Allan Miller décèle en elle un véritable potentiel malgré de nombreux avis contraires qui viendront affirmer son manque de talent.


LE CHANT ET PREMIER SUCCÈS

À dix-huit ans, Barbra démontre son impatiente à réussir à tout prix. Elle a pour elle un secret que quelques intimes soupçonnent : une voix chantée qu'elle a mise en sourdine depuis son expérience dans la chorale du lycée quand elle avait treize ans.

Un jour, elle demande à l'un de ses amis (Barry Dennen) de lui prêter son magnétophone pour réaliser un essai. Barry, qui ne soupçonne rien, n'en croit pas ses oreilles. Ce qu'il entend le stupéfait. L'instant est magique. L'enregistrement amateur inaugure la première séance de Barbra. Barry, en témoin privilégié, entend une voix claire, juste et puissante ; un chant qui l'impressionne et qui possède déjà une véritable maturité.

Dans les nuits de Manhattan, la nouvelle se répand vite. On veut écouter cette voix et découvrir la jeune femme. En 1960, Barbara entame sa carrière au Lion, un club gay de Broadway, avant d'être engagé l'année suivante dans quelques cabarets et autres boîtes de New York, puis de Détroit et de Saint-Louis. Chacune de ses interprétations déclenche de l'enthousiasme. Elle emporte l'adhésion du public jusqu'à avoir un fan-club. Très vite, les animateurs vedettes de la télévision prennent le relais, désireux de faire découvrir cette gloire locale à travers toute l'Amérique.

Son premier passage à la télévision, dans l'émission "The Jack Paar Tonight Show" en avril 1961 sur la chaîne NBC, laissera pantois. La carrière d'une étoile montante venait de naître et ses divers passages dans les médias sont suivis attentivement. Pour autant, Streisand n'oublie pas son premier rêve : monter sur les planches. Elle enchaîne alors les castings exigeants de Broadway avec l'espoir d'obtenir un engagement.

© Jonathan Tommy - flickr.com.

Un soir de 1962, après avoir interprété quelques chansons dans un club, Barbra est abordé par un homme qui croit en elle, Martin Erlichman. Entre eux, une complicité naît et l'homme d'un soir devient son agent artistique et confident. Dans l'intention de démontrer toutes ses qualités professionnelles, Erlichman arpente les lieux en vue de Broadway avec le furieux désir de donner à sa protégée un rôle, même minime. Ce petit rôle, il finit par l'obtenir sous les traits d'une secrétaire plutôt foldingue dans Miss I Can Get It For You Wholesale, une pièce dans laquelle la chanteuse déconcerte avant de triompher. (1) Dans la presse, Barbra Streisand est alors la sensation du moment. Sa présence sera jugée si impressionnante qu'elle éclipsera le premier rôle masculin tenu par son futur mari Elliott Gould. (2)

1. La prestation de Barbra Streisand dans Miss I Can Get It For You Wholesale lui permettra de remporter le "New York Drama Critics Award" de la meilleure actrice dans un second rôle.

2. Barbra Streisand et Elliott Gould se marient le 21 mars 1963. En décembre 1966 naîtra un fils Jason qui deviendra, tout comme sa mère, un acteur de cinéma et de théâtre.

DES CHOIX ARTISTIQUES ÉTUDIÉS

Son ambition est dévorante et la titille sans cesse. Barbra souhaite par-dessus tout l'amour du public, mais elle craint de se voir enfermer dans un genre, comme bien d'autres artistes. Elle a besoin de se sentir rassurée, d'autant que par le passé, on ne lui a jamais dit qu'elle était douée. Elle sait qu'il existe d'autres espaces auxquels elle n'a pas encore goûté, comme le cinéma. Son vœu le plus cher est de devenir une actrice qui chante, peut-être même une artiste de music-hall comme l'est la doyenne Judy Garland, qu'elle admire, ou comme Liza Minnelli, sa contemporaine, qui embrasse une carrière prometteuse.

Dans les émissions de divertissement, Barbra démontre son sens de la comédie. En 1963, elle constitue un trio éphémère, le "Hot Chitlins and the Goat Grabber Three". Les spectateurs saluent son naturel et sa spontanéité. De surcroît, dans le paysage artistique des années 60, c'est une femme atypique qui trouble l'auditeur par l'intensité de ses interprétations. Barbra, brune piquante, n'a certainement pas pour elle la blondeur des vedettes qui se repende depuis de nombreuses années sur les affiches, dans les spots publicitaires ou sur grand écran, mais chacune de ses apparitions secoue les standards féminins de l'époque. Son indiscutable originalité est d'être parvenu à faire de sa « différence », une force sans compromis.

En 1963, ses deux premiers albums sont consacrés à des standards américains et atteignent le Top Ten des ventes. Le premier des deux, The Barbra Streisand Album, chez Columbia Records, s'accompagnera de trois Grammy Awards, dont celui de "Vocaliste Féminine de l'Année".

Gagnante sur tous les tableaux, la chanteuse possède de fait un ascendant sur les décisions à prendre. Elle est sans concession et guide ses choix auprès des producteurs, jusqu'à obtenir, avec l'appui de son agent Martin Erlichman, un contrôle artistique total. Désormais, le pouvoir exécutif est entre les mains d'une femme ; une première à une période qui coïncide avec le début des luttes féministes. Les femmes demandent plus de liberté et Streisand inspire dorénavant les ligues féministes.


MY MAN (extrait de "Funny Girl" - 1968)
Une splendide interprétation : de la retenue, des larmes, et puis l'explosion vocale et instrumentale. Que dire de plus !

"FUNNY GIRL"

À l'automne 1964, elle obtient au Winter Garden de Brodway, le premier rôle dans une comédie musicale qui semble écrite pour elle, Funny Girl, et dans laquelle la fantaisie de Streisand se voit chaperonner par les chansons écrites par Jule Styne et Bob Merrill. Mais quand le soir de la première arrive, sa voix est tendue à l'extrême. On exige d'elle la perfection. « Le public des premières est très exigeant. Ils viennent pour juger. Quand on vient pour juger, les réactions sont faussées. Ils veulent avoir une réaction forte. Mais en fait, ils se coupent de leurs propres émotions », dira-t-elle aux journalistes.

Comme pour Miss I Can Get It For You Wholesale, la pièce crée l'événement. Barbra Streisand fait cette fois-ci la une du Time. Les médias applaudissent la jeune femme irrésistible et pétillante qui procure à son personnage cette curieuse impression de savoir tout faire avec un détachement et un naturel renversants. Streisand n'a que 22 ans et elle impose déjà un style unique et inspiré, sans autre imitation. Elle demeure fidèle à sa voix intérieure qui lui dicte de rester elle-même, comme au premier jour.

Rester unique est un défi audacieux. Un nouveau palier est atteint quand, en avril 1965, on lui offre l'opportunité de présenter son show télévisé sur CBS, la plus importante chaîne américaine. Désormais, elle ne seconde plus Judy Garland ou d'autres vedettes du showbiz, car c'est elle la « star ». Elle est entièrement libre dans le choix des chansons à interpréter, et le contrat qui la lie à CBS démontre sa toute-puissance médiatique, avec dix émissions à honorer sur dix ans pour cinq millions de dollars.

À présent, tout le monde sait qui est Barbra Streisand. Chacune de ses chansons atterrit dans les foyers pour devenir des standards. Pour autant, elle ne se voit pas comme une star, car pour elle, être une star signifie que les portes de Hollywood puissent s'ouvrir, ce qui, pour l'instant, demeure une simple hypothèse.


LES PORTES DE HOLLYWOOD

Pour réussir dans le cinéma, la chanteuse n'a d'autre choix que de quitter Broadway. Grâce à Ray Stack, producteur chanceux de films signés John Huston et Sydney Pollack, le succès de la comédie musicale va rebondir. L'homme d'affaires imagine une version cinématographique avec William Wyler comme réalisateur. Quant au rôle de Funny, qui mieux que Streisand pouvait l'incarner, tellement le personnage lui colle à la peau. Personne !

En 1967, à son arrivée dans les studios, devant les caméras, Barbra est à l'aise, en complète complicité avec l'équipe de tournage. Elle fait preuve d'une aisance insoupçonnée et connaît, grâce à son expérience théâtrale, les angles de prises de vue qui mettent en valeur sa silhouette et son visage.

Barbra demeure une autodidacte, elle fonctionne à l'instinct. Elle sait ce qui ira ou pas. Le moindre des détails compte, quitte à démontrer une exigence, voire une outrecuidance sur les plateaux de tournage ou dans les studios d'enregistrement. Elle recherche l'excellence. Toutefois, Barbra accepte les compromis. Elle s'adapte à partir du moment où ceux-ci s'accordent à son image et à la vision qu'elle a de son art. Elle ne se sent pas bornée, pour tout dire !

Quand Streisand pose pour les photographes, les épreuves du temps, des blessures du passé, semblent avoir disparu. Elle a parfaitement intégré et retourné à son avantage les dessins de son visage en franchissant le cadre des conformités pour inviter la beauté et la grâce. Elle connaît les quolibets, du genre "Fais-toi refaire le nez", mais sa confiance en elle reprend toujours le dessus. Barbra est une battante. Elle fait preuve d'audace et sait parfaitement que quand on est une femme, il faut sans cesse faire preuve de dépassement pour exister. À l'heure d'aujourd'hui où la moindre disgrâce physique s'oppose aux canons en vigueur, Barbra assumera son identité et tournera le dos à ceux qui estime que toute « laideur » est un frein à l'épanouissement artistique.


© LIfescript - flickr.com. Barbra Streisand et James Brooklin en 2013.

LA GLOIRE INTERNATIONALE

À la fin des années 60, Barbra Streisand atteint la plus haute marche. Outre des contrats qui font d'elle l'artiste la mieux payée des États-Unis, elle doit au seul film Funny Girl une renommée internationale. En Angleterre comme en France, le public la découvre. Désormais, si la célébrité met en lumière ses spendides yeux clairs et son regard intense, elle ne se reconnaît toujours pas comme une star. Cela la rend mal à l'aise. Chez elle, tout tourne autour du travail. Au lieu de la consumer, ses diverses activités artistiques produisent sur elle du bonheur. Elle rayonne de mille feux, et c'est cela qui compte !

En 1969, Hollywood la récompense et elle obtient son premier Oscar, celui du premier rôle pour Funny Girl. La même année, elle tourne Hello, Dolly ! comme emporté par le tourbillon de la gloire. Rien ne semble stopper son ascension fulgurante. À 27 ans, elle rafle toutes les récompenses, pour ses rôles au cinéma, pour ses disques et pour son show télévisé.

Quand Barbra chante, elle joue avec sa voix. Elle ne privilégie aucunement la performance. Elle n'a pas besoin de cela pour révéler son talent. Son répertoire l'invite à déambuler de la chanson sentimentale jusqu'au swing d'un jazz débridé avec, au passage, quelques pointes d'humour dont elle a le secret.


L'ART ET LA MANIÈRE

1969 est une année charnière. La musique vient de vivre les grands rassemblements de Woodstock et Altamont. Les temps changent, les idées et les goûts évoluent. Le glamour obéit à d'autres codes et un vent de révolution sexuelle souffle dans l'air. La jeunesse espère des changements.

Barbra Streisand ringarde à 28 ans ? Pas vraiment ! La chanteuse ne vit pas dans les succès du passé. Pour durer, elle sait qu'il faut s'adapter et suivre le mouvement. Pour opérer son virage artistique, elle décide de changer de look et de répertoire. Les standards disparaissent et laissent place à des chansons pop. L'album Stoney End, en 1970, illustre parfaitement cela.

Ses récentes chansons hument le temps présent. La chanteuse de comédie musicale cède sa place à une interprète séductrice confortablement installée dans sa génération. Sa coopération avec le songwritter Burt Bacharach est un choix qui s'avérera payant. Puis, quand la musique disco s'installera, l'album Superman (1977) y répondra à travers quelques titres esthétiquement orchestrés. Guity, en 1980, en collaboration avec Barry Gibb sera la référence de cette période avec 20 millions d'exemplaires vendus à ce jour.


EN DUO AVEC BURT BACHARACH : "CLOSE TO YOU" et "BE AWARE"
Une douce complicité très prenante derrière le regard soutenu de Streisand.

Streisand mène de front sa carrière artistique, sa vie de femme et de mère de famille. Son mari, Elliott Gould, a bien du mal à suivre. C'est un être désespéré qui voit, au fil des années, s'éloigner la femme qu'il aime. Le désir de conquête de Barbra ne s'accorde pas avec celui de son époux qui vit dans le passé, alors que pour elle, le temps présent et surtout l'avenir compte le plus à ses yeux. Le couple divorcera en 1971.

Barbra se réinvente. Au cinéma, elle occupe l'écran avec un rôle sexy, genre call-girl, aux côtés de George Segal pour le film La Chouette et le Pussycat (1970). Alors que les codes de la sexualité bougent, elle conserve l'autodérision comme sa meilleure carte maîtresse et ose poser dans une série de photos, genre SM, mais ne dépassant pas la limite de la décence. Pour les hommes, c'est un symbole sexuel et Barbra le sait !

Autre registre avec Ma femme est dingue en 1974. Le ton est à la comédie déjantée. Streisand démontre sa virtuosité à changer de personnage. Elle annonce la femme mûre qui s'affirme sans se renier. Le cinéma l'emporte toujours plus loin, que ce soit dans les bras de Robert Redford avec Nos plus belles années, en 1973, ou dans ceux de Kris Kristoffersen dans Une étoile est née, une reprise du film de Judy Garland qu'elle produit grâce à sa société, en 1976.

Barbra accepte volontiers les rôles qu'on lui soumet : drôles, loufoques, émouvants ou dramatiques. Elle juge comme une certitude qu'il vaut mieux être aimé pour ce que l'on est plutôt que d'être aimé pour ses apparences et son mode de vie. Barbra aura cœur de soutenir les minorités, que celles-ci soient religieuses ou sexuelles, comme la communauté des homosexuels qu'elle défendra bec et ongles.

À 34 ans, elle possède désormais son étoile sur Hollywood boulevard. La diva adulée est parvenue à son rêve d'enfant en entrant dans la légende. Streisand annonce aussi une génération de femmes qui, dans son sillage, vont s'affranchir de la tutelle masculine. Donna Summers, Madonna ou Beyoncé en feront partie.


YENTL, À LA MÉMOIRE DU PÈRE

Les années 80 sont là et elle songe au projet qui doit évoquer ses intimes blessures : combler le vide créé par la disparition du père en adaptant au cinéma Yentl, un roman d'Isaac Bashevis Singer et dont l'histoire, finalement, raconte par transparence cet amour envers le père absent ; une lettre posthume qui deviendra aussi un plaidoyer contre les préjugés. Avec Yentl, Barbra Streisand marque son émancipation de femme en ayant écrit, produite, réalisée et interprétée le long-métrage. Les chansons signées Marylin Bergman pour les paroles et Michel Legrand pour la musique sont extrêmement touchantes (Papa Can You Hear Me, No Wonder). La BO recevra d'ailleurs un excellent accueil et se vendra à plus de trois millions d’exemplaires.


PAPA CAN YOU HEAR ME ? (issu de la BO du film Yentl)
Une bouleversante interprétation.

Yentl ne sera pas l'unique film réalisé par Streisand. Le prince des marées, en 1991, et Leçons de séduction, en 1996, accompagnent une filmographie fournie qui s'achève en 2012 avec la comédie Maman, j'ai raté l'avion, d'Anne Fletcher.

Politiquement engagée, démocrate convaincue, elle sera extrêmement critique envers la politique de George W. Bush et n'hésitera pas à soutenir en 2008 et en 2016 Hillary Clinton lors des primaires à la présidentielle. De même, son engagement pour la défense des droits LGBT ne fera que confirmer celle qui sera pour la vie l'icône des gays.

Tout ce que Streisand a obtenu dans sa carrière, elle le doit à son tempérament de battante, dans sa conviction que le droit à la différence est aussi important que les pas qui conduisent à l'amour. Cependant, derrière les louables intentions de la femme d'affaires et de pouvoir, Barbra n'oubliera jamais Barbara Jones, la petite fille de Brooklyn, impatiente et ambitieuse, désireuse d'assouvir son rêve que pour mieux calfeutrer la fêlure d'une enfance tragique.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 11/2022)

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