CLASSIQUE / TRADITIONNEL


QUAND LA MUSIQUE CLASSIQUE PROPOSE SES VIDÉOCLIPS...

Dans l’intention de ne pas rester dans un monde cloîtré par trop de préjugés et dans l’intention de voir décoller leur carrière, de jeunes artistes issus de la musique classique proposent des vidéoclips parfois audacieux…


LE VIDÉOCLIP, UN EXCELLENT OUTIL POUR RAYONNER AUX QUATRE COINS DE LA PLANÈTE

Sur les plateformes d’écoute en continu, la musique classique gagne de plus en plus d’adeptes. L’invitation est aisée, la curiosité parfois récompensée. Le streaming a parfois du bon doit se dire la jeune garde, d’autant que la musique des grands compositeurs, aussi célèbres soient-ils, semblent bien à l’étroit dans leur catalogue discographique respectif.

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La nouvelle génération d’interprètes a surtout compris que dans un monde dominé par l’image, il était difficile, voire contre-productif, d’ignorer l’importance du vidéoclip, qu’il soit réalisé dans une intention promotionnelle ou pas.

© piqxels.com

Miser sur des vidéoclips performants et imaginatifs, comme le font les jeunes artistes adeptent du box-office, peut devenir une voix royale pour révéler un musicien classique talentueux et à travers lui un répertoire parfois méconnu du public. C'est là tout l'enjeu, la mission de ce média aux contours sophistiqués.

Il existe une sorte de cohabitation valorisante entre la musique classique et le support du vidéoclip, au point que certaines réalisations sont récompensées par des prix élogieux. L’image agit comme un aimant. Elle capture l’attention et, par « transparence », le son prend le relais en venant titiller l’oreille de l’internaute, si bien que celui-ci finit par remarquer la musique avec une attention, certes différente du concert, mais qui lui permet de créer un « lien virtuel » avec les interprètes, une histoire et des décors portés par l'imaginaire et la volonté de ceux qui en assument la charge. C’est là que se situe la portée d’un clip promotionnel réussit.

Même si ce moyen détourné soulève quelques réticences et ne remporte pas toujours une totale adhésion par la faute d’un milieu insuffisamment informé ou mal informé, ce recours à l'image fait néanmoins de plus en plus d'adeptes, surtout auprès de la jeune génération. Certains musiciens se prêtent volontiers au jeu comme des rock-stars, jouant avec la caméra, interprétant la musique dans des conditions parfois difficile, bravant le vent ou une fine pluie dans l’intention d’apporter à la mise en scène sa dose d’originalité.

L'image détient un gros potentiel dans bien des domaines depuis que la diffusion en continu s’est mise en place sur la Toile. « Mozart ou Debussy ne sont là que pour nous servir, et les âmes trop conservatrices n’ont qu’à changer de chaîne ! » pourrait déclarer celui ou celle qui estime que le vidéoclip est d'abord et avant tout un excellent moyen pour présenter son actualité.

« Permettre à un interprète d’être vu aux quatre coins de la planète 24h/24 ». Quand l’artiste prend conscience de cette portée et que celle-ci s’accorde avec ses ambitions, alors tout peut aller très vite. À l'ère des réseaux sociaux, de l'image et des fuseaux horaires comprimés, ne pas prendre le train en marche, c’est assurément pour le musicien, un refus de s’ouvrir des portes, et pour le grand public de voir une offre généreuse disparaître.


ALEXANDRE DA COSTA : 'STRADIVARIUS BAROCK'
(une version rock de l'Été de Vivaldi par Carlos Guerra)

L’exemple frappant d’un violoniste et chef d’orchestre décomplexé qui pour les uns, assassine Vivaldi, et pour les autres poursuit outrageusement la voie initiée par le violoniste Nigel Kennedy dans les années 80. Alexandre Da Costa pose l’éternelle question « Qu’aurait été la musique de la période baroque si Bach avait voyagé dans le temps pour connaître la musique Rock, Jazz et Électro-pop d’aujourd’hui ? » Accompagné de son groupe de rock, Alexandre Da Costa s’autorise de fait une expérience qui s’approprie la musique des « grands compositeurs » pour la remixer au goût du jour en donnant naissance à des œuvres qui feront danser et taper du pied.

Malgré un reveil tardif, de plus en plus de musiciens classiques modifient leur mode de communication. Ils ont pris conscience que la mise en image de leur art était devenue incontournable, que le vidéoclip avait se pouvoir suprême de gommer les quelques aspérités conservatrices de la "grande musique". Dans ce sens, la jeune garde a bien retenu la leçon des aïeuls : le vidéoclip est une façon de se révolter contre l’industrie du disque classique, souvent traditionnelle, servie par des « fonctionnaires » en manque d’imagination. Fort heureusement, l’appel des réseaux sociaux a brisé certaines habitudes et pratiques, et il n’est pas rare de visionner sur la Toile, des témoignages de cet engagement, aussi original qu’audacieux.

Mais attention ! À la lecture de ces quelques lignes, n’imaginez surtout pas que la reconnaissance survient dans la carrière d’un concertiste ou d’un chef d’orchestre dès qu’il prend en main sa carrière en déployant des trésors d'imagination. Le vidéoclip a certes un ascendant sur le grand public mais il ne peut durablement éveiller la sensibilité du mélomane qui s’ignore !

Par Elian Jougla (Cadence Info - 10/2021)


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