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JAZZ ET INLUENCES


DE L’ORCHESTRE DE JAZZ À L’ARRANGEUR

Moteur de l’âme jazz, le grand orchestre de jazz, communément appelé ‘big band’, incarne la puissance, la vélocité, le swing et la richesse du mélange des timbres. À travers son histoire, les grandes formations ont favorisé l’éclosion d’arrangeurs émérites et de grands solistes de renommée internationale. Quant à la petite formation, elle a permis la diffusion d’un jazz plus intimiste, mais aussi plus libre, laissant libre cours à des échanges parfois sulfureux.


DÉFINIR L’ORCHESTRE DE JAZZ

L’orchestre de jazz se divise en deux types principaux : le grand orchestre et la petite formation. Qu’il soit petit ou important, nous trouvons deux sections : celle qui sert à accompagner (la rythmique) et celle qui expose ou improvise (la mélodique).

La section rythmique est, lorsqu’elle est complète, composée d’un piano (et de claviers), d’une guitare (généralement électrique), d’une contrebasse (ou d’une basse électrique) et d’une batterie (avec parfois la présence de percussions dans les orchestres de jazz latin). Elle a pour rôle de faire entendre la ligne harmonique du thème et de marquer à peu près immuablement, - mais il y a des exceptions où le tempo est sous-entendu, suggéré – les temps de la mesure.


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CONTITUTION DE LA PETITE FORMATION

Indépendamment du soliste intégral, pianiste, guitariste, organiste, et du soliste accompagné (par une batterie), le domaine de la petite formation s’étend du trio jusqu’à l’ensemble de huit ou neuf instruments. L’histoire du jazz nous a offert maint exemples, des trios d’Art Tatum ou de Nat King Cole, où sections mélodique et rythmique se confondent (piano guitare, contrebasse), à l’orchestre très différencié d’une certaine époque de Miles Davis (trompette, alto, baryton, trombone, cor, piano, basse, tuba, batterie), en passant par l’ensemble d’improvisation collective de la Nouvelle-Orléans (trompette, clarinette, trombone, piano, banjo, basse à vent ou à cordes, et batterie), le quintette bop (trompette, saxo, piano, contrebasse, batterie), la petite formation ellingtonienne (trompette, trombone, saxo, piano, guitare, batterie, contrebasse) ou hamptonienne (vibraphone, trompette, saxo, piano, guitare, contrebasse, batterie).


CONSTITUTION DU ‘BIG BAND’

Les grands orchestres actuels comportent en moyenne quatre trompettes, trois trombones, qui constituent la section de cuivres, et quatre ou cinq saxos : deux altos, deux ténors, un baryton (certains musiciens jouent aussi de la clarinette), pour la section des anches, plus une section rythmique, mais l’on compte des orchestres contemporains composés de cinq trompettes, cinq trombones et cinq saxos (orchestre de Stan Kenton) parfois enrichis par la présence de cor, de trompette basse, de flûte, de vibraphone.

Les petites formations, surtout lorsqu’elles pratiquent l’improvisation collective, laissent aux musiciens une grande liberté mélodique (ce qui explique, outre une certaine facilité musicale, l’enthousiasme qui porte de piaffants amateurs vers le style Nouvelle-Orléans) tandis que les grands orchestres, pour les besoins des arrangements, limitent l‘individualité. Les musiciens sont alors les membres d’une section et ils doivent conformer leur style d’exécution à celui voulu par l’arrangeur, le chef d’orchestre et le chef de section.


L’ARRANGEMENT JAZZ

Devant l’augmentation du « personnel » des orchestres ou la complexité croissante des thèmes, l’arrangement s’est substitué à l’improvisation collective. Il peut être oral, c’est-à-dire composé sur place par les membres de l’orchestre ou, ce qui est plus fréquent, et quasi obligatoire lorsqu’il s’agit d’un grand orchestre, écrit. Un arrangement jazz n’exclut point l’improvisation, qui demeure la règle presque générale pour les solistes.

Un bon arrangement n’est jamais standard ; il est composé pour mettre plus en valeur un soliste ou un orchestre que le thème même qu’il est chargé d’illustrer. Ci-dessous vous trouverez une liste non exhaustive des meilleurs arrangeurs de jazz, et qui sont souvent de fort bons compositeurs de thèmes :

LISTE DES PRINCIPAUX ARRANGEURS DE JAZZ

  • Manny Albam
  • Ray Barretto
  • Carla Bley
  • Milt Buckner
  • Ralph Burns
  • Billy Byers
  • Johnny Carisi
  • Benny Carter
  • Al Cohn
  • Tad Dameron
  • Eddie Duhram
  • Duke Ellington
  • Gil Evans
  • Bill Finegan
  • Walter “Gil” Fuller
  • Jimmy Giuffre
  • Gigi Gryce
  • George Handy
  • Buster Harding
  • Neal Hefti
  • Fletcher Henderson
  • André Hodeir
  • Bill Holman
  • Bud Johnson
  • Quincy Jones
  • Yvan Julien
  • Michel Legrand
  • John Lewis
  • Johnny Mandel
  • Billy Moore
  • Gerry Mulligan
  • Sy Oliver
  • Nat Pierce
  • Don Redman
  • Shorty Rodgers
  • Pete Rugolo
  • George Russel
  • Luis Russell
  • Bill Russo
  • Edgar Sampson
  • Eddie Sauter
  • Lalo Schifrin
  • Roger Segure
  • Martial Solal
  • Billy Strayhorn
  • Joe Thomas
  • Dick Vance
  • Mal Waldron
  • Frank Wess
  • Eddie Wilcox
  • Ernie Wilkins
  • Mary Lou Williams

Des arrangeurs ont été l’âme de certains orchestre, tel Sy Oliver pour Jimmy Lunceford. L’étude de chacun de ces musiciens nous entraînerait à écrire des dizaines de pages.

La complexité des nouvelles techniques, qui tendent à inscrire étroitement la pensée du soliste dans un cadre préfabriqué, remplacera-t-elle le libre essor de l’improvisateur ? Les efforts tentés par les plus audacieux des arrangeurs de jazz pourraient nous le faire croire.

La recherche de nouvelles sonorités est souvent aujourd’hui une fin en soi. Presque au même titre que l’invention mélodique, les différents procédés employés pour créer une sonorité prouvent la personnalité créatrice du jazzman. Ces moyens, issus de l’imitation de la voix humaine, ou absolument originaux et uniques sont le glissando, l’attaque, l’inflexion, le vibrato, la résonance prolongée ou assourdie, les sons bouchés, grinçants, flottants, mouillés, ainsi qu’une foule d’effets produits sur les instruments rythmiques.

Si la musique de jazz continue à se développer au même rythme qu’au cours de ces dernières années et tant que les nouveaux solistes ne seront pas en possession d’un bagage musical considérable (en plus de leurs qualités intrinsèques de jazzmen, d’une parfaite maîtrise de leur instrument, d’une connaissance pratique de la musique du passé, de l’invention et la prescience de l’art futur, peut-être à tendance atonale), le secours de l’arrangeur-maître d’œuvre va se révéler continuellement indispensable. Ici, ce n’est plus à nous de juger ; nous devons attendre la prochaine évolution du jazz.

Par A. Francis (Cadence Info - 06/2014)


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