NEWSRECHERCHEPROPOSERCHANSONCLASSIQUEINSTRUMENTJAZZMUS. FILMSMUS. SOCIÉTÉROCK & CoSON TECH.BLUES, SOUL...

MUSIQUE DE FILMS


RANDY NEWMAN RAGTIME, LA MUSIQUE DU FILM DE MILOS FORMAN

Dans son film intitulé Ragtime, le metteur en scène Milos Forman a réussi le tour de force d’imposer une BO originale sans que l’ombre de Scott Joplin ne soit plagiée. Composée par le chanteur et pianiste Randy Newman, la BO est un véritable florilège de petits thèmes à la fois léger et attachant, nostalgique et gaie, entre rag, valse et marche. Toute une époque musicale servie avec délicatesse et minutie par l'auteur de Sail Away.


RAGTIME, L’HISTOIRE D’UN PIANISTE NOIR

Après le film Hair et le phénomène hippie, le metteur en scène Milos Forman s’attaque avec Ragtime à la société multiraciale américaine, à ses injustices et scandales qui se déroulérent aux Etats-Unis au début du 20e siècle. A travers le destin de personnages issus de milieux les plus divers, le film peint un tableau fort juste d’une société fracturée, argumentée fort à propos par l’histoire de ces petits héros aux comportements humains, parfois émouvants ou simplement grotesques. Pour un grand nombre d’immigrants et d’aventuriers venu conquérir le Nouveau Monde dans l’espoir d’une vie meilleure, des histoires tragiques comme celle racontée dans Ragtime n'étaient pas rares.


Ad Block

Il semblerait que vous ayez installé un bloqueur publicitaire sur votre ordinateur. Celui-ci vous empêche de consulter cette page dans sa totalité et dans des conditions visuelles optimisées. La mise en ligne d'encarts publicitaires non intrusifs permet à ce service d'exister durablement.

Pour ne plus subir cette restriction sur d'autres pages du site, nous vous conseillons de désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.cadenceinfo.com". Merci de votre compréhension.

Procédure pour autoriser "cadenceinfo.com"


Synopsis : Coalhouse Walker Jr. est un jeune pianiste noir qui gagne correctement sa vie et qui est sur le point de se marier. Sans raison particulière, un groupe de pompiers blancs souille sa voiture neuve avant de la démolir. Comme ses efforts pour obtenir une réparation légale n’aboutissent à rien, Coalhouse décide, au nom de sa propre dignité et de celle de sa race, d’obtenir réparation en demandant la livraison des coupables, l’arme à la main. La mort de sa fiancée va tout précipiter…


RANDY NEWMAN - RAGTIME (avec de larges extraits de la BO)


LE PROJET DE LA BO DE RAGTIME

Le metteur en scène Milos Forman, dont on doit déjà les deux excellents films Vol au-dessus d’un nid de coucou (1976) et Amadeus (1984), projette une ambitieuse fresque historique se déroulant à New York, en 1906. La reconstitution fidèle de l’Amérique du début du siècle dernier doit servir d’inspiration au compositeur Randy Newman.

Le pianiste, dont l’œuvre puise régulièrement dans les racines de la grande musique américaine, au regard du sujet, commence par effectuer naturellement quelques recherches du côté de Scott Joplin, pour ensuite les élargir aux autres acteurs de la musique rag et plus particulièrement Eubie Blake et Joseph Lamb.

Le genre musical qui donne son nom au long-métrage correspond à un ancêtre syncopé bien connu du jazz. Son léger décalage rythmique de notes intercalées entre les accords réussira à titiller les doigts d'un bon nombre de pianistes. Or, Randy Newman n’est pas un pur pianiste de rag, et même s’il déplore son jeu de piano maladroit, il parviendra à composer quinze pièces pour big band et grand orchestre, dont deux chansons originales, Change Your Way et One More Hour, interprété par Jennifer Warmes. Le résultat de ce travail, à la fois lyrique et imaginatif, lui vaudra deux dominations aux Oscars.

Aujourd'hui, plus de 35 ans après la sortie de Ragtime, Randy Newman fait figure de vétéran pour un style de musique fort peu utilisé dans le cinéma et plus particulièrement à Hollywood. Des années après la sortie du film, le compositeur explique, sans perdre son sens de l’autodérision, le traitement infligé sur une de ses musiques : « J’ai beaucoup sué pour arriver à un résultat correct sur 'Toy Story'. Six mois plus tard, Pixar m’invite à une projection (ndlr : Pixar est une société américaine spécialisée dans la production de films en images de synthèse). Pixar a tout simplement collé une poursuite de voitures et des dialogues sur ma symphonie ! Depuis, quand on me demande ce que je fais à Hollywood, je réponds : ‘Vous entendez la musique de fond pendant que Buzz l’éclair se castagne avec les soldats de plomb ? C’est de moi ! »


À PROPOS DE RANDY NEWMAN

La musique de film est une tradition chez les Newman. Neveu d’Alfred et Lionel Newman, compositeurs phares de l’âge d’or du cinéma (on doit à Alfred Newman le thème accompagnant l’indicatif de la 20th Century Fox), Randy est également le cousin de Thomas et David, qui écrivent aussi pour Hollywood… de quoi s’y perdre !

Auteur à l ‘écriture mordante et souvent ironique, Randy Newman est encore adolescent lorsqu’il intègre une société d’édition californienne où éclosent ses talents précoces de compositeur-arrangeur. Comme bien d’autres, il fait son entrée par la petite porte en composant des BO pour la télévision. La plus remarquable sera celle du feuilleton à rallonge Peyton Place qui passionna les téléspectateurs américains, mais aussi français, au cœur des années 60 (Peyton Place comprendra plus de 500 épisodes de 30 minutes diffusés entre 1964/1969 aux Etats-Unis).

Son premier album éponyme sort en mars 1968 sur le label Elektra, repaire des hippies chics du "Laurel Canyon". L’année suivante, il interprète Dead Gone Train, une composition de Russ Titelman et Jack Nitzsche, dans la bande-son de Performance. Sa première BO pour le cinéma est celle de la comédie « antitabac » Cold Turkey, en 1971.

Malgré ce premier score, Randy Newman devra attendre dix ans pour retrouver Hollywood. La pression occasionnée par le lourd héritage familial n’y est peut-être pas étrangère. Randy Newman confiera cette peur à un journaliste venu l’interviewer : « Tous les musiciens qui composent des musiques de films sont paralysés par la peur de ne pas savoir quoi faire. John Williams a écrit des centaines de chefs-d’œuvre, mais il ressent la même chose à chaque fois. Pourquoi ? Tu n’as rien et tu dois arriver à quelque chose, même si tu y es déjà arrivé plein de fois. J’ai eu vraiment la trouille pour Cold Turkey. Qu’allait penser ma famille ? Je les entendais presque dire dans mon dos : ‘Courage mon brave !’ ». (Source Les BO cultes – Ch. Geudin)

Par Elian Jougla (Cadence Info - 02/2017)


RETOUR SOMMAIRE