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INSTRUMENT DE MUSIQUE


LE YAYBAHAR, DES SONS VENUES DE L’ESPACE

Le Yaybahar, conçu par le musicien Görkem Şen est un instrument de musique qui aura demandé cinq années de développement pour aboutir. D’un fonctionnement très étonnant, aux confins des instruments à cordes et des percussions, il n‘est pas sans rappeler l’étonnant Analapos d’Akio Suzuki. Cependant, avec le Yaybahar, nous sommes en face d’un outil moins artisanal et techniquement plus complexe, capable de délivrer une palette de sons assez extraordinaires. Partons à sa découverte…


LE YAYBAHAR PLACÉ SOUS OBSERVATION


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Le Yaybahar a été inventé par le musicien turc Görkem Şen. L’instrument est acoustique. Il est toujours bon de signaler cela à une époque où l’électronique a envahi les différentes couches de nos pensées. Donc, tous les sons que vous entendrez dans les vidéos présentes sur cette page ne sont produits que par l’instrument, sans autre effet.

Le Yaybahar est composé de membranes et de ressorts, de cordes et de chaînes ; l’ensemble produisant un son réverbéré continu et entêtant. Pour vous mettre en appétit, voici une première démonstration de l’instrument lors de l'événement TEDxReset, à Istanbul au mois d'avril 2014.

LE YAYBAHAR AU TEDxRest (1)

1 - Le TEDx est un programme d'événements locaux, auto-organisées, qui rassemblent des artistes qui souhaitent partager leur expérience, et où le « x » symbolise la notion d’une organisation indépendante.

Deux choses attirent l’attention : la forme de l’instrument et la palette sonore qu'il produit. Le grain du Yaybahar peut, par moment, fait croire à un univers de sons synthétiques, mais ce rapprochement identitaire ne doit pas faire oublier que l’instrument crée des nuances de jeu impossible à reproduire par des moyens électroniques. Ces sonorités, qui semblent venues de l'espace, s'obtiennent grâce à une combinaison de moyens : archer, baguette ou doigts. Par moment, grâce au frottement de l’archet sur la corde, nous avons l’impression d’être assis en face d’un quatuor à cordes venu se disputer la place avec un chant de baleine en pleine détresse. Un drôle de mélange sonore qui pousse à rêver et à imaginer de nombreuses autres combinaisons.

L’instrument est d’une grande dimension. Cela est nécessaire pour obtenir l’effet de réverbération produit par les deux longs ressorts en spirales (ce qui rappellera à certains le principe de la réverbération à ressort présente sur les vieux amplis à lampe). Chaque ressort est relié au bas d'une corde ; elle-même fixée sur un manche ressemblant étrangement à celui d'une contrebasse. Le ressort a pour but de conduire la vibration émise par la corde en direction d'une membrane sensible (peau de tambour) qui réagit et amplifie l’onde sonore, créant à son tour une interaction sur le ressort.

La sensibilité extrême du Yaybahar demande un maniement qui combine tout à la fois le jeu des instruments à cordes frottés, comme le violoncelle, et le jeu d’un instrument à percussion. C’est dans cette dualité d’approche technique que le Yaybahar délivre toute sa puissance et son expression unique.

La seconde vidéo ci-dessous présente les différentes facettes de jeu propre à l’instrument par petites séquences. Cette démo a été réalisée en octobre 2014.

DEMO DU YAYBAHAR PAR TUR GORKEM SEN

A PROPOS DE GORKEM SEN

Tur Görkem Şen est un compositeur et designer qui propose des œuvres très personnelles, tout à la fois primitives par leur dépouillement, que savantes et modernes par la chimie sonore universelle qui s’en dégage. On ne sait si c’est le designer qui a donné l'idée du Yahbahar au compositeur ou l’inverse. A l’écoute de sa musique, toujours est-il qu'on est prit par une forme d’envoûtement qui ne vous lâche plus. Décrire Görkem Şen comme un ménestrel de notre époque ne serait certainement pas déplacé.


CONCLUSION

Il est évident que les sonorités de cet instrument pourraient prendre place dans une musique de films ou au sein de quelques recherches électroacoustiques. Nul doute aussi qu’un tel type d’instrument puisse intriguer et fasciner les musiciens comme les amateurs de recherche sonore. Sur le principe, il n’y a pas d’erreur. Cependant, il est encore trop tôt pour savoir si le Yaybahar aura un avenir.

L’histoire, toujours elle, nous le rappelle souvent. Par le passé, des instruments passionnants et avant-gardistes ont été cantonnés au seul stade expérimental malgré les efforts de leurs concepteurs, et même, malgré quelques réussites discographiques. Il ne faut jamais oublier, non plus, qu’il existe encore des insuffisances à certains instruments utilisés couramment aujourd’hui et qui n’ont pas été résolus : fragilité, conception inadaptée à une morphologique naturelle, manque de puissance sonore, accessibilité, jeu technique, prix de revient, etc.

Un tel paradoxe met en présence et en dualité des idées conceptuelles très anciennes et d'autres très innovantes, comme le Yaybahar. A notre époque où le rythme du marché économique assujetti toute idée, bonne ou mauvaise, à faire le plus souvent profil bas, la place accordée à l’altruisme de quelques musiciens chercheurs devient véritablement de nos jours un acte courageux. Aussi, doit-on déjà remercier Görkem Şen pour nous avoir déjà accordés ces quelques minutes de bonheur soudain !

Par Elian Jougla - 11/2014

L'AVIS DES INTERNAUTES

nom : Patrick Dotremont
message : J'ai eu l'occasion d'écouter hier soir ce musicien et son instrument… incroyable, merveilleux, magique ! (posté le 12/10/2017)

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