NEWSRECHERCHEPROPOSERCHANSONCLASSIQUEINSTRUMENTJAZZMUS. FILMSMUS. SOCIÉTÉROCK & CoSON TECH.BLUES, SOUL...

ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


BETH DITTO, PORTRAIT DE LA CHANTEUSE DU GROUPE GOSSIP

Sortie des fins fonds de l’Arkansas, la chanteuse Beth Ditto détone par son allure physique et son franc-parler. Ses engagements « socialo-politiques » ont largement contribué à sa popularité, notamment en ce qui concerne l’homosexualité féminine qu’elle assume parfaitement, sans complexes. Se classant d’elle-même issue de la mouvance punk, c’est au sein du groupe rock Gossip que sa voix puissante et maîtrisée se fait entendre, et qu’elle résume en ces mots : « J’ai une voix, c’est tout ! »


STANDING IN THE WAY OF CONTROL

Avant de connaître la notoriété avec des titres orientés « dance », la très plantureuse chanteuse Mary Beth Patterson, connue sous son le nom de scène Beth Ditto, écumait les festivals de la scène underground au sein du groupe rock Gossip. C’est en 2007, grâce au titre Standing In The In Way Of Control, que tout a démarré. Derrière la musique au beat appuyé, la voix de Beth Ditto lance son plaidoyer pour le mariage gay au moment même où un courant anti-Bush ne cesse de grossir aux Etats-Unis.


Ad Block

Il semblerait que vous ayez installé un bloqueur publicitaire sur votre ordinateur. Celui-ci vous empêche de consulter cette page dans sa totalité et dans des conditions visuelles optimisées. La mise en ligne d'encarts publicitaires non intrusifs permet à ce service d'exister durablement.

Pour ne plus subir cette restriction sur d'autres pages du site, nous vous conseillons de désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.cadenceinfo.com". Merci de votre compréhension.

Procédure pour autoriser "cadenceinfo.com"


Le titre s’impose sur les pistes de danse, tandis que Beth Ditto incarne le plus naturellement du monde l’épanouissement des rondeurs dans une Amérique rongée par l’obésité. La chanteuse joue de son physique intelligemment, sachant surprendre sans choquer, usant de sa joie de vivre communicative. Beth Ditto incarne le contre-pouvoir des stars fabriquées par la télé-réalité et le show-biz. Chez elle triomphe la foi de l’engagement. Beth Ditto : « La télé-réalité ? Ce ne sont pas des artistes, juste des chanteurs de karaoké. Leur souci, c’est seulement d’être connus à n’importe quel prix… La télé-réalité n’est qu’une caricature de tout ce qui ne va pas dans le show-biz. Le jury n’est là que pour gommer les imperfections. »


UNE CULTURE ESTAMPILLEE RHYTHM AND BLUES ET POP

Depuis son plus jeune âge, la musique est là comme une évidence : « Lorsque je chantais, on me faisait des compliments. Je n’étais ni belle, ni sage. Autant dire qu’on ne m’appréciait pas spécialement… sauf quand je chantais. ». Beth va grandir en écoutant la musique de ses parents. Celle des artistes de la Motown et de chez Stax, les grandes voix du blues et de la pop comme Janis Joplin, Michael Jackson et Aretha Franklin, le gospel de Mahalia Jackson, mais aussi les reines du disco Donna Summer et Gloria Gaynor, sans oublier les Bee Gees que son père aimait tout particulièrement.

Entre une mère attentive et protectrice qui élève seule ses enfants et cette culture portée par le rhythm and blues et la pop, Beth Ditto va trouver une éducation et des points de repères qui vont lui permettre de s’épanouir. À 18 ans, elle découvre Nirvana et Siouxie and the Banshees, mais ses véritables idoles de scène seront Cyndi Lauper et surtout Madonna qu’elle imitera en se maquillant comme elle.

La cause féministe, elle en prendra conscience très tôt en admirant le courage de sa mère. Plus tard, la cause punk résonnera en écho, non pas pour se rebeller contre l’autorité parentale, mais par solidarité envers tous ceux qui sont maltraités, les enfants bien sûr, mais aussi les femmes à qui l’on demande toujours d’être irréprochable.

De ses rondeurs, enfant elle en souffrira, que ce soit à l’école ou en chantant dans la chorale de Searcy : « On chantait ‘We are the world’, je devais avoir 8 ans et je fermais les yeux tellement j’y croyais. Mais toutes les filles se moquaient de moi. Ca m’a blessée sur le coup, et puis subitement j’ai décidé de m’en foutre. J’ai continué, et progressivement je me suis libérée. J’ai assumé ma différence et c’est ainsi que j’en suis venue au féminisme. »


LE MOUVEMENT DES RIOT GRRRLS

Ses études terminées, Beth Ditto par rejoindre son ami d’enfance et guitariste Nathan "Brace Paine" Howdeshell et la batteuse Hannah Blilie à Olympia, dans l’état de Washington. Là, d’un commun accord, ils décident de former un groupe avec pour influences musicales Siouxsie and the Banshees et Nirvana. Gossip vient de naître et c’est le début d’une longue aventure...

Olympia est une petite ville où se produisait des artistes de la scène alternative punk, mais aussi gay. C’est ici que sont nés les premiers groupes féministes appartenant au mouvement des 'Riot Grrrls' comme Sleater-Kinney ou Bikini Kill. Là, Bette Ditto et le groupe Gossip vont se produire régulièrement sans pour autant trouver ni fortune ni gloire. Toutefois, c’est à Olympia que les premières ‘maquettes’ vont être produites et enregistrées. « On est content d’avoir connu ces années d’imprévus et de catastrophes que l’on ne connaît que dans la dèche. », précise Beth.

Voyage ou pas, concert ou pas, Beth Ditto continue de s’investir dans le mouvement 'Riot grrrl', avec le mince espoir d’ouvrir le regard des gens sur les causes qu’elle défend : le féminisme et l’homosexualité. Mais sentant que le milieu alternatif manque d’ouverture, qu’il se replie sur lui-même, elle décide de prendre du recul.

Pour Beth, le plus important est de savoir concilier ce que l’on veut et ce que l’on peut. A partir de là, le plus dur est fait. Le chemin est déjà tout tracé, même si sa débordante générosité et sa trop grande sensibilité vont la conduire à vivre deux dépressions qu’elle tentera de surmonter à travers un suivi psychothérapique.


BETH DITTO - DO YOU NEED SOMEONE


UNE NUDITE AFFICHEE

Autre sujet de provocation, la nudité affichée par la chanteuse. Une nudité spontanée qui se pratique parfois dans les concerts punk et féministes, et qui va l’entraîner à faire de même. Une façon de démontrer que les rondeurs affirmées pouvaient exister au même titre que les pin-up affichées dans les magazines glamours et érotiques.

Sur scène, le culte de la minceur est devenu le culte de la rondeur, un acte militant que son geste naturel a transformé en acte symbolique, celui d’être bien dans son corps sans pour autant ressembler à un mannequin : « J’aime bousculer les clichés et les préjugés. Je suis grosse, mais j’ai de l’énergie à revendre. Je dis ce que je pense, mais je ne suis ni frustrée ni agressive. Si l’on m’attaque, je me défends en étant gentille, et je dois reconnaître que c’est assez efficace. ». En 2009, l’ardente défenseuse pour un corps épanoui aura plusieurs échos dans la presse dont celui de la couverture du magazine anglais Love.

En 2012, alors âgé de seulement de 31 ans, Beth Ditto a co-écrit avec Michelle Tea une biographie intitulée Coal to Diamonds, un récit émouvant sur son enfance et son adolescence passées dans l’Arkansas. La chanteuse parle librement de son homosexualité et évoque ses années de galère jusqu’aux succès internationaux.

DISCOGRAPHIE SELECTIVE

  • 2003 : Movement, Kill Rock Stars
  • 2006 : Standing in the Way of Control, Kill Rock Stars
  • 2008 : Live in Liverpool, Sony BMG
  • 2009 : Music for Men
  • 2011 : Beth Ditto EP
  • 2012 : A Joyful Noise

Par Elian Jougla - 03/2014

L'AVIS DES INTERNAUTES

Cet espace vous est réservé.
Soyez la première personne à publier un commentaire en remplissant le formulaire ci-dessous.

RETOUR SOMMAIRE