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CHANSON


CHARLES PASI PORTRAIT : 'SOMETIMES AWAKE', TOUT UN UNIVERS MUSICAL

Sometimes Awake est le troisième album du jeune auteur-compositeur-interprète Charles Pasi ; un album auréolé d’arrangements sophistiqués d’où s’échappent quelques belles mélodies aux couleurs nostalgiques.


CHARLES PASI, MUSIQUE ET HARMONICA

L’artiste trentenaire prend son temps. Amoureux transit des États-Unis, il a écrit, par adoption, toutes les chansons contenus dans son dernier album, Sometimes Awake, en américain. Rien d'étonnant à cela pour quelqu'un qui fait des séjours réguliers sur le territoire de l'Oncle Sam. Cependant, aux paroles s'ajoute également une musique qui trouve son inspiration sur ce même sol, si bien que l'on se pose la question de savoir où vont se poser ses racines françaises ? D’ailleurs, il est fort à parier que certains regretteront de ne pas voir figurer deux ou trois titres « frenchy » simplement pour donner le change. Peut-être est-ce simplement une question de feeling, car pour s’en défendre, l’artiste explique que durant son enfance il a été élevé exclusivement aux sons du blues, du rhythm’n’blues et de la country. D'Otis Redding à Ben. E King en passant par Dolly Parton ou Linda Ronstadt, toutes ces musiques, toutes ces valeurs artistiques correspondent à des moments forts de son existence, et rejaillissent par transparence dans les onze titres que contient l’album. Quoi de plus normal, en effet !


CHARLES PASI, PORTRAIT FLASH


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Charles Pasi est d’abord un musicien autodidacte. Il a découvert l’harmonica en écoutant des disques de Bob Dylan et de Neil Young. Comme de nombreux adolescents, la musique porte en elle des tas de symboles magiques. Elle attire sans trop savoir pourquoi. Charles engloutit alors des tonnes de musique venues d’horizons divers. Des musiques actuelles, mais également des musiques que les oreilles d’adolescents ignorent généralement. De l’univers cosmique des Pink Floyd au son étranglé de la trompette de Miles Davis en passant par les mélodies légères de Mozart, tout est bon à prendre et à comprendre. La musique, tout comme la littérature, est pour lui synonyme de culture et de découverte.

Même s’il touche un peu de guitare, par imitation ou pour épater, c’est l’harmonica qui l’attire jusqu’à plus soif. Cet instrument, malheureusement sous-employé en France et pourtant si expressif - et pas uniquement dans le blues -, est parfaitement intégré dans son disque. Sa place est loin d’être anecdotique. L’instrument sert au contraire de fil conducteur en raison de sa présence sur de nombreux titres. Le fait est assez rare dans la chanson (française) pour être signalé. Le titre Nonna qui conclut Sometimes Awake – le seul instrumental de l’album – place l’harmonica en étendard de bout en bout. Au fil des plages, les courtes interventions de l’instrument nous font penser tantôt au phrasé de Charlie McCoy, tantôt à celui de Stevie Wonder. Cette dernière comparaison est d'ailleurs heureuse, car Charles Pasi aime tout particulièrement l’auteur de You are the sunshine of my life et rêve un jour de jouer avec lui.


SOMETIMES AWAKE, UN ALBUM COHÉRENT

Les chansons s’enchaînent dans des styles qui, tout en épousant une même esthétique, nous conduisent paradoxalement au seuil de musiques funky, gospel ou folk. Cette impression d’unicité provient certainement de sa voix qu’il pose parfaitement de mot en mot, aussi bien dans les tempos enlevés (Mama Song, No company, au rythme funk) que dans les ballades (A Man I Know, Song For Etta ou A sleeping Scene).

Charles Pasi n’a jamais appris à chanter dans les règles de l’art. Son chant, il l’a développé intuitivement par l’écoute, en autodidacte. Le timbre de sa voix singulier, identifiable à coup sûr, conserve de bout en bout un groove particulier et très expressif qui s’insère parfaitement dans ses compositions. Il chante de façon très naturelle, sans donner l’impression de forcer et sans caricaturer certains effets vocaux propre au blues ou à la soul.

Cet ancien accompagnateur de Carla Bruni ne court pas après les modes du moment, et ce n’est pas plus mal quand on est un chanteur français qui prétend ne pas revendiquer, à juste titre, les étiquettes « chanteur de variété » ou « chanteur pour midinettes ». Son public est essentiellement jazz et blues, sélectif donc, mais pas inintéressant quand un artiste vise un public de connaisseur. Ce qui semble bien être son cas.

Grâce au concours de Jean-Philippe Verdin (1), qui est intervenu en tant que superviseur musical, le troisième album de Charles Pasi marque peut-être un tournant. Au lieu de tout prendre en main comme par le passé, Charles Pasi a fait preuve d’ouverture en confiant certaines tâches précises à celui-ci ; notamment l’utilisation de samples qu’il a parfaitement intégré aux sessions acoustiques. Il en ressort un album riche, équilibré et très esthétique. Dans les ballades, autour d’une guitare folk vient se greffer par petites touches apaisantes un ensemble à cordes, quand ce n’est pas l’harmonica qui pousse quelques notes « bluesy » en intermède.


QUELQUES MOTS POUR CONCLURE…

Pour que cet album eût été vraiment une grande réussite, il aurait fallu un ou deux titres forts qui se détachent du lot, qui marquent les esprits, sans oublier une touche de modernisme – l’album reste constamment dans une orchestration très sage. On peut très bien traduire du blues, du funk ou du folk sans tomber dans une forme d’écriture conventionnelle ou imitative. Il manque peut-être, justement, cette touche personnelle qui aurait apporté une certaine magie, une puissance contenue que l’on entend dans certains disques mais qui ne se livre jamais totalement. Malgré ces quelques réserves, le disque s’écoute agréablement de bout en bout, ce qui est loin d’être le cas dans toutes les productions discographiques. Un bon point en forme d’encouragement.

1 – Jean-Philippe Verdin, alias Readymade FC est un musicien compositeur de musique électro et de musique de films.

par Patrick Martial (Cadence Info - 10/2014)


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