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MUSIQUE DE FILMS


ENNIO MORRICONE/SERGIO LEONE : LE BON LA BRUTE LE TRUAND

Ennio Morricone de part son œuvre musicale pléthorique est certainement l'un des meilleurs représentant de la musique de films du 20e siècle. Le grand public retient surtout du compositeur sa collaboration avec le metteur en scène Sergio Leone, lui-même associé au western spaghetti. Pour ce cinéma-là, Morricone a composé des scores d’un genre tout nouveau dans lequel s’inscrit Le bon la brute le truand, véritable film épique à la maîtrise rare et dans lequel sa musique fait merveille.


FINAL D’UNE TRILOGIE WESTERNIENNE

Au milieu des années 60, le « western spaghetti » est à son apogée. Un nom émerge Sergio Leone, véritable légende cinématographique perdue au cœur des sierras espagnoles. Son western à lui est caricatural. Il rompt avec le genre hollywoodien en perte de vitesse. Léone impose ses objectifs : décors naturels et arides sous un soleil brûlant, dialogues taillés au couteau, auxquels il faut rajouter une psychologie des personnages sommaire et une violence sous-jacente servant de fil conducteur au scénario. On pourrait continuer ainsi à dépeindre l’univers « westernien » de Sergio Léone, mais celui-ci ne serait certainement pas complet si l’on n’y associait pas la musique d’Ennio Morricone.


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J’aurai pu choisir bien des films où l’association Sergio Leone et Ennio Morricone a fait merveille : Pour une poignée de dollars, Il était une fois dans l’Ouest, Il était une fois la révolution… Mais Le bon la brute le truand représente pour beaucoup d’amateurs la quintessence du « western spaghetti ».

Chez Sergio Leone, le mythe du héros est toujours là, mais il a changé de peau. Il est devenu une fripouille égocentrique, un petit malin qui élimine tous ceux qui se mettent en travers de son chemin, et quand les balles sifflent, la puissance de feu de son 6 coups devient vite limitée ! Face à cette démesure, le « western spaghetti » ne pouvait être accompagné d’une musique banale, mille fois entendues. Face au trio d’acteurs en tête d'affiche : Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach, il fallait innover…


LA PATTE « ENNIO MORRICONE »

Le projet est ambitieux et demande de gros moyens. C’est ainsi que le désert espagnol, pourtant si calme, verra ses plaines et collines envahies par 1 500 soldats franquistes devenus figurants pour l’occasion.

Dès les premiers jours du tournage, Sergio Leone souhaite procéder autrement que pour ses deux westerns précédents (Pour une poignée de dollars et Pour quelques dollars de plus). Il demande à son compositeur favori de lui enregistrer quelques thèmes avant d’entamer la moindre bobine. La musique est alors diffusée sur les lieux de tournage. L’idée s’avère excellente, car en privilégiant la musique à la place du moindre dialogue, celle-ci donne le rythme et installe sa magie au cœur des grands espaces. Pour Sergio Leone, l’irrésistible tentation de mettre en scène certaines séquences à la façon d’un ballet devenait comme une évidence.

Pourtant, la puissance de la musique d’Ennio Morricone suggère plus qu’elle n’impose. Tous les procédés, parfois improbables, sont utilisés par le maestro, notamment la voix, celle de la fameuse soliste Edda Dell’Orso, qui deviendra la muse du compositeur pour ses futures œuvres. Il intègre également des cris d’animaux, des bruitages, des sifflements, toute une panoplie sonore qui s’ajoute à une orchestration plus « sage » et quasi symphonique.

Le film, qui débute par dix minutes de silence, raconte une chasse au trésor plutôt âpre qui se terminera par une longue séquence tournée dans le cimetière de Sad Hill. Le malin Clint Eastwood finira, grâce à sa méthode toute personnelle, à écarter définitivement de cette course improvisée ses deux alliés de circonstance.

Pour illustrer musicalement les trois personnages, Ennio Morricone à l’idée de leur attribuer un instrument et un thème à chacun d’eux…

Le bon Blondin (Clint Eastwood) aura sa flûte soprano, tandis que la brute Sentenza (Lee Van Cleef) aura droit à l’arghilofono (une flûte globulaire en terre cuite d’origine italienne et proche par sa forme de l’ocarina) et le truand Tuco (Eli Wallach) à une voix imitant le coyote.

Le thème principal qui donne sa couleur au score est une combinaison de deux notes répétées comme un leitmotiv. Comme souvent, Morricone utilise une grande variété d’instruments et de sons pour illustrer ses orchestrations. Les meilleurs solistes accompagnent le Maître, dont le flûtiste Nicola Samale et l’harmoniciste Franco de Gemini (qui aura son heure de gloire avec le thème de l’harmonica dans le film Il était une fois dans l’Ouest).


ENNIO MORRICONE - LE BON LA BRUTE LE TRUAND (gén. + 2 thèmes)

L’IMPACT DE LA BO

Film fleuve à la BO Parfaite, Le bon la brute le truand a généré un certain culte de part le monde, et plus spécialement en France où Kheops, le DJ du groupe rap marseillais IAM, a repris de nombreux dialogues du film pour les insérer dans ses créations musicales, notamment dans le double album Sad Hill. Et pour aller jusqu’au bout de ce « testament » sonore, la couverture de l’album est illustrée par des dessins où l’on voit Kheops, Freeman et Akhenaton dans les trois rôles principaux ; Kheops s’attribuant l’image de Blondin, ce diminutif étant son nom de scène.

Les rappeurs utilisent les dialogues de la version française dont la tournure littéraire n’aura certainement pas échappé à ceux qui ont vu le film, dont la plus célèbre se situe lors de la séquence finale : « Le monde est divisé en deux catégories : ceux qui ont des pistolets chargés et ceux qui creusent… Toi, tu creuses ! » (dialogue en or et qui va à ravir pour un Clint Eastwood alors en pleine ascension) et à laquelle l’autre grande figure du cinéma, Eli Wallach, répond : « Hey Blondin ! T’es le plus grand salopard que la terre ait jamais porté ! »

Par Elian Jougla (Cadence Info - 08/2016)

A consulter : Ennio Morricone, du portrait au concert


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