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JAZZ ET INLUENCES


ESPERANZA SPALDING, PORTRAIT D'UNE DIVA DE LA CONTREBASSE

Avez-vous déjà vu une contrebasse de près ? L’instrument impressionne par sa taille, n’est-ce pas ? Le modèle 3/4, qui n’est pas le plus imposant, est attaché au jazz à cause de sa sonorité tranchante, idéal pour le jeu en walking bass. Généralement utilisé par des hommes, il arrive quelquefois que la gent féminine se sente attirée par l’instrument.


QUAND LA CONTREBASSE SE CONJUGUE AU FEMININ

Bien sûr, sa taille fait souvent obstacle, mais comme le jazz est une musique qui aime bien surprendre et naviguer à contre-courant, elle entraîne souvent dans son sillage des artistes atypiques, telle Esperanza Spalding qui, en se posant comme l’une des rares contrebassistes/chanteuses de jazz, conforte le côté intrépide de cette musique.


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À une époque où les divas du jazz s’appellent Melody Gardot, Dianne Reeves ou Diana Krall, Esperanza Spalding par son approche artistique toute personnelle a l’air de faire cavalier seul, mais ce n’est qu’une apparence qui s’évanouit dès qu’elle saisit sa contrebasse. Alors, la jeune musicienne, avec son sourire désarmant et sa coupe de cheveux façon ‘afro seventies’, nous entraîne à écouter ses chansons composées de mélodies dont elle a le secret… Oui, car en plus de chanter et de jouer de la contrebasse, Esperanza Spalding compose également. Et si elle surprend parfois le public par sa décontraction, par sa façon de se mouvoir ou de s’habiller, c’est que l’artiste aime bien manier l’ironie de temps en temps en jouant sur le décalage ou le démodé. Elle aime surtout voir les gens heureux par ce qu’ils entendent. Le charme conjugué à l’efficacité, c’est aussi ça le talent d’Esperanza Spalding !


ESPERANZA SPALDING, UNE CHANTEUSE/CONTREBASSISTE CALIBRÉE POUR LA MUSIQUE

Musicienne élancée, grande, presque autant que l’instrument qu’elle entoure de ses bras menus, ses mains sont fines sans être fragiles. Les instruments à cordes, elle y est tombée dedans étant petite en commençant par le plus petit de la famille, M. Violon. Puis, plus tard, la sonorité de Mme Contrebasse l’attire, formant aujourd’hui un couple d’amies inséparables.

Son père étant absent de sa vie, c’est sur sa mère qu’Esperanza porte son affection : “Il y a toujours eu de la musique chez nous, à Portland (ndlr : Oregon). Ma mère a toujours joué du piano comme d’autres font du sport pour se maintenir en forme et quand j’ai voulu devenir musicienne, ma mère m’a soutenue à 120 %… Nous étions pauvres, mais je ne connais personne qui ait plus de classe qu’elle… C’est une femme brillante au compas moral infaillible” aime-t-elle raconter. Sa mère avait bien raison de l’encourager, car Esperanza est une jeune fille studieuse et appliquée, et son parcours artistique, un modèle du genre. Ainsi, après une expérience de chef d’orchestre à 15 ans, les études qu’elle suit au fameux collège de la Berklee School la confortent pleinement dans ses aptitudes musicales. Admise à 16 ans, elle enregistre son premier disque 2 ans après et devient à l’âge de 20 ans le plus jeune professeur de l’établissement… Renversant 


DE PRINCE À BARACK OBAMA…

Déjà, le beau son, le swing et l’intelligence de jeu sont là. Autant d’éléments indispensables quand on souhaite se lancer dans une longue carrière. Son univers musical possède également une touche de sensualité, de grâce féminine qui fait oublier un temps l’instrument imposant qui repose contre elle. Autant la sonorité de sa contrebasse ronronne à souhait, autant sa voix est juvénile presque en décalage. C’est peut-être là que se dessine sa personnalité, une voix fine et agréable à entendre qui ondule et module à souhait sur de subtils rythmes ternaires très légèrement appuyés. Tout un art, tout un habillage que ce jazz là !

De disque en disque, son style se dessine et s’affine pour le plus grand plaisir de ses fans qui voient en elle une nouvelle égérie de la musique jazz afro-américaine. Du haut de ses 26 ans, Esperanza peut être comblée… Prince souhaite sa présence à ses côtés alors que le président Barack Obama, qui l’a déjà invitée à chanter à la Maison-Blanche pour la remise de son prix Nobel de la paix, a été suffisamment séduit par sa première prestation pour l’inviter à nouveau.

La Maison-Blanche, se produire dans un tel lieu, c’est pour n’importe quel artiste un doux rêve, une sorte d’honneur que l’on ne peut refuser. C’est la récompense sans la médaille. Et que dire de son Grammy Award qu’elle a obtenu en tant que meilleure jeune artiste de l’année dans une discipline artistique rarement honoré, le jazz. La courtoisie d’Esperanza n’a d’égal que son talent. Elle est capable de s’adapter à la situation, sur la scène comme face à une interview, laissant le journaliste sans voix, presque désarmé. C’est peut-être cela la nouvelle génération de musiciens jazz, craquants et croqueurs, tout à la fois.

Comme tout musicien, Esperanza Spalding a ses maîtres et ses références musicales. Bien qu’époustouflée par la technique flamboyante d’un Stanley Clarke, ce n’est pas du côté des bassistes qu’il faut chercher ses préférences, non, mais plutôt du côté des saxophonistes. Joe Lovano et Wayne Shorter sont ses deux principales figures paternelles. Deux saxophonistes de jazz pour qui elle a une profonde admiration et qu’elle ne voudrait jamais décevoir. Du premier, elle suit sa carrière en l’accompagnant de temps en temps sur scène, et du second, elle conserve de précieux souvenirs dès qu’elle entend des notes sortir de son soprano.


ESPERANZA SPALDING - PONTE DE AREA


CHAMBER MUSIC SOCIETY

Pour son album Chamber Music Society (2010), Esperanza Spalding a composé la majorité des titres en s’entourant d’un ensemble à cordes. Un orchestre constitué pour l’occasion avec des chansons qui lui ressemblent. Telle une pâte à modeler, son imagination fertile s’adapte à la situation et absorbe les difficultés du challenge. Autour d’elle, le Brésilien Milton Nascimento, qui a souvent flirté avec quelques géants du jazz comme Wayne Shorter ou Herbie Hancock, et la chanteuse Gretchen Parlato, spécialisée dans le chant latin.

Sa musique de chambre semble vouloir s’échapper du jazz, trouver de nouvelles voies musicales très aériennes pour s’accorder à son filet de voix. Le pari est réussi car l’osmose est bien là ! Sa volonté de séduire les gens, d’entrevoir sa musique comme une comédie légère avec juste ce qu’il faut de grave, mais sans devenir pour autant trop sérieux ou pesant, c’est ce subtil équilibre que distille plage après plage le disque Chamber Music Society. Un jazz original porté par un swing personnel, de la soul et un zeste de bossa-nova servi par une voix débordant de sensualité… que dire de plus !

Par Elian Jougla (Cadence Info - 07/2011)


DISCOGRAPHIE ESPERANZA SPALDING

  • 2002 : Blanket Music, Move
  • 2003 : Transfiguration Of Vincent, M. Ward
  • 2006 : Junjo
  • 2008 : Esperanza
  • 2010 : Chamber Music Society
  • 2012 : Radio Music Society

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