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MUSIQUE & SOCIÉTÉ


LE THEATRE DU CONSERVATOIRE DE PARIS

Protégé par les façades de la rue Bergère et à l’abri des grands boulevards, le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris cache aux yeux des passants l’une des plus belles et des plus anciennes salles de spectacle de la capitale. Le CNSAD demeure le témoignage vivant de plusieurs siècles de pratique et de recherche aux services des arts de la scène, mais pas seulement…


LE CONSERVATOIRE, C’ETAIT HIER…

Quand le Conservatoire a été créé au 17e siècle, l’environnement était tout autre que celui d’aujourd’hui. Les lieux étaient composés d’immenses vergers et de quelques jardins. Les limites de la capitale étaient toute proches. La rue Bergère servait de frontière imaginaire avec la rue Richer et d’entrée au Conservatoire ; non loin du faubourg Montmartre. Celui-ci occupait alors une surface 10 fois supérieure à celle d’aujourd’hui.


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C’est à la fin du 18e siècle que l’Hôtel des menus plaisirs accueille l’Ecole Royale de chant et de déclamation. Le Conservatoire mise avant tout sur l’enseignement de la musique. Ce n’est qu’en 1806 que l’art dramatique s’immisce dans ses locaux. Dès lors, musiciens et comédiens élèves se partagent les salles et les représentations publiques.

Devenu "Conservatoire National de Musique et de Déclamation" sous la convention, l’institution va bénéficier des largesses de Napoléon Ier qui commande à l’architecte Louis-Joseph Delannoy la modernisation des locaux, dont l’escalier d’honneur qui sépare actuellement l’école du théâtre (pour parvenir à la bibliothèque, actuellement « Salle Louis Jouvet », les élèves du conservatoire de musique doivent emprunter cet escalier-là).

HECTOR BERLIOZ BIBLIOTHECAIRE

Dans le conservatoire, il y a d’abord le salon d’apparat qui permet d’accéder à la loge d’honneur. Au 19e siècle, il était le bureau du bibliothécaire Hector Berlioz…

La bibliothèque du Conservatoire de musique (1895)

Ancien élève du Conservatoire de musique, le compositeur Berlioz rencontre la consécration en 1830 en voyant sa Symphonie Fantastique créée pour la première fois dans les murs du Conservatoire. Son emploi de bibliothécaire lui apporte une grande chance : celle d'accéder aux richesses de ce qui est à l’époque le plus important fond de partitions et de manuscrits musicaux au monde.

Déplacé depuis pour des raisons de conservation, ce trésor a marqué le Conservatoire de son empreinte. Une dalle commémorative rappelle d'ailleurs l’importance du lieu : « Hector Berlioz y fit exécuter pour la première fois La Symphonie Fantastique (1930), Lelio (1832), Harold en Italie (1834) et Roméo et Juliette (1839) devant le Tout Paris romantique. »

Si à l’origine la bibliothèque a eu pour vocation première d’être ouverte à la musique, par la suite elle deviendra une école de déclamation sous la Révolution Française avant de devenir, sous le nom de « Salle Louis Jouvet », une salle de cours d’interprétation et de comédie, servant de temps en temps pour la danse et le chant.


LE THEATRE DU CONSERVATOIRE ET SON ACOUSTIQUE

Alors que la « Salle Louis Jouvet » est devenue un lieu de travail de représentation animé, c’est sur le palier du grand escalier que les hôtes de marque se pressaient au 19e siècle pour se rendre aux représentations du conservatoire de musique et de déclamation...

Face à la loge d’honneur, un magnifique théâtre expose aux yeux du public ses admirables décorations restées inchangées depuis 1856. Peinte par Mazerolle, l’artiste a conservé le lustre de la corbeille et des balcons d’antan, tous ornés de personnages célèbres dans les domaines de la musique, de la littérature et du théâtre.

Dès son inauguration en 1811, le public parisien ne tarira pas d’éloge sur l’acoustique incomparable de cette salle de théâtre ; un atout qui lui vient d’une intelligente astuce architecturale. Les volumes apparents sont en réalité tous creux. Les pilastres sont en bois creux et les habillages des loges sont constitués de placages de bois. Toute cette configuration audacieuse pour l’époque permet à cette salle d’avoir une qualité acoustique de grande qualité en apportant un son mat ; une couleur très appréciée notamment par les orchestres de chambre. Cette pureté acoustique inédite rendra béat tous les grands compositeurs du 19e siècle, au point qu’ils insisteront pour que leurs œuvres soient produites dans ce théâtre.

A l’origine, la scène occupait le double de la surface d’aujourd’hui et quand la Symphonie Fantastique fut jouée, ce sera plus de 70 musiciens qu’elle accueillera (l’un des derniers artistes célèbres à s’y être installé n’est autre que le pianiste Sviatoslav Richter, quelques temps avant sa disparition en 1997).

C’est en 1947 que la séparation entre le Conservatoire de musique et celui d’art dramatique s’opére. Depuis, le théâtre n’accueille plus qu’occasionnellement les grands concerts classiques auquel il était autrefois destiné (environ une douzaine par an). Toutefois, il continue d’occuper une place de premier plan dans la vie du conservatoire en apportant à ce mot toute sa raison d’être. Ici le mot « conservatoire » n’est pas synonyme de conservatisme mais plutôt d‘innovation, comme le précise Daniel Mesguich, un des anciens directeurs du lieu : « La tradition du conservatoire n’a eu de cesse de se renouveler avec les époques. Elle a toujours été mouvante. Celle de Louis Jouvet était plutôt en avance sur le théâtre de l’époque. » (1)

Construite à la hâte avec des matériaux légers, la salle du Conservatoire a bien failli frôler la destruction à plusieurs reprises. Dans les années 50, la consolidation de la façade et la création d’une entrée publique sur la rue permettra de stabiliser sa structure, jusqu’à ce que le ministère de la culture ne se lance en 1988 dans un ambitieux programme de restauration, pour redonner aux décors historiques leur fraîcheur d’origine.

Par-delà les prestiges historiques et la qualité de son architecture, la salle du Conservatoire a ainsi su rester cette scène ouverte à l’innovation et à l’expérimentation qu’elle était déjà du temps où les Parisiens découvraient les œuvres de Beethoven et d’Hector Berlioz.

Par PATRICK MARTIAL (Cadence Info - 07/2015)

(1) : Source Electron Libre Prod. 2012.

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