CLASSIQUE / TRADITIONNEL


LE 'TAMBOURIN' DE JEAN-PHILIPPE RAMEAU, UNE PETITE PIÈCE BAROQUE ET POPULAIRE POUR CLAVECIN

Composé par Jean-Philippe Rameau en 1724, le Tambourin est une œuvre tardive dans l’histoire de la musique baroque. Écrite à l'origine pour clavecin, cette pièce populaire est dotée d'une mélodie très chantante. Techniquement accessible, le Tambourin est devenu une référence dans le domaine de l'apprentissage de la musique baroque pour clavier.


LE TAMBOURIN, UNE DANSE PROVENÇALE À L’ORIGINE

Du temps de la période baroque, en France, la musique pour clavier reposait souvent sur des suites de danses. Pour la plupart, elles provenaient des régions françaises : la bourrée d'Auvergne, la gavotte du Dauphiné, et le tambourin de Provence. S’accompagnant au galoubet (flûte à bec) et au tambourin (tambour à deux peaux en fût), cette danse régionale a la particularité de s’exécuter en réalisant des bonds, ce qui se traduit par un accompagnement musical massif et contenant peu de subtilité, du moins en apparence, car entre les mains d'un compositeur comme Rameau, la danse prend un tout autre apparat.

Le Tambourin est une pièce vive, enjouée, malgré sa tonalité mineure et constante tout au long du morceau. L’absence de modulation (passage d’une tonalité à une autre) est un fait suffisamment rare pour être souligné. C’est une musique dont l’écoute est très limpide et abordable, ce qui explique son utilisation dans l’apprentissage du piano (ou du clavecin).

Comme pour la plupart des musiques baroques, le Tambourin n’échappe pas aux ornements, ni aux chromatismes, chacun des trois couplets apportant son "plan de travail" où s'installent quelques grands intervalles, parfois des syncopes et des accords plaqués ; une succession d'effets pour une pièce qui justifie sa forme de Rondeau. À l’écoute on retient surtout le côté chantant de son refrain qui s’intercale entre chaque couplet. Rameau, qui connaissait parfaitement son sujet, aura la clairvoyance de s’approprier une des clés de cette danse populaire en imitant l’effet du bourdon de la vièle à roue grâce à la présence d’une même note grave redondante (le mi).


LE TAMBOURIN
Scott Ross, clavecin

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À PROPOS DE JEAN-PHILIPPE RAMEAU

Tout comme François Couperin qui s’illustrera avec de notables pièces pour clavecin, Jean-Philippe Rameau fera de même en composant plusieurs recueils de pièces pour cet instrument dès 1706. Leur titre est souvent évocateur, mêlant aux souvenirs quelques caractères particuliers : Le Rappel des Oiseaux, La Poule, La boiteuse, La Triomphante, L'indifférente... Le Tambourin, qui appartient à son deuxième recueil, sera publié en 1724 et repris en 1739 pour son opéra-ballet Les Fêtes d’Hébé.

Le Tambourin (le refrain)

Jean-Philippe Rameau, ce Dijonnais né en 1683 et mort à un âge avancé pour l’époque (81 ans) ne se départira jamais de son goût prononcé pour la mélodie majestueuse et les orchestrations raffinées, de celle que l’on peut entendre notamment dans Les Indes galantes (1735), une de ses œuvres maîtresses. En tant que claveciniste et outre ses pièces pour l’instrument, Rameau a composé de la musique de chambre, quelques pièces de musique religieuse ainsi que plusieurs opéras-ballet (Castor et Pollux, La princesse de Navarre, La naissance d’Osiris…)

On doit aussi à ce musicien d’avoir été un théoricien français remarquable (Traité de l’harmonie, 1722). Malheureusement pour lui, malgré la diversité de ses approches artistiques et de ses orchestrations étonnamment modernes, Jean-Philippe Rameau, trop isolé dans sa Bourgogne natale, ne connaîtra le succès qu’à 50 ans, du jour où il s’installera à Paris et qu’il présentera sa tragédie lyrique Hippolyte et Aricie.

Par Patrick Martial (Cadence Info - 05/2021)

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