CLASSIQUE / TRADITIONNEL


LE ‘CANON’ DE JOHANN PACHELBEL, ŒUVRE POPULAIRE DE LA MUSIQUE BAROQUE

S’inscrivant dans la période baroque, à une époque où le contexte musical offre à la basse continue un grand rayon d’action, le Canon de Johann Pachelbel est dans le domaine de la musique instrumentale – notamment celle destinée au violon – une œuvre majeure de la musique italienne du début du 17e siècle.


UN CANON AUSSI PRÉCIEUX QUE DÉLICAT

Pour ceux qui l’ignoreraient, le principe d’écriture du canon est d’avoir pour chaque partie la même musique mais en observant un décalage régulier. L’intérêt pour l’auditeur est de retrouver joué par un autre instrument ce qui vient de l’être juste avant. Le Canon de Pachelbel est dit « à l’unisson ». Cela signifie que les trois violons jouent les mêmes notes l’un après l’autre, ce qui n’est pas le cas de tous les canons, certains possédant des départs sur des notes différentes.

Une autre de ses particularités est d’être suivi d’une petite gigue écrite pour la même formation, toutefois rarement interprétée. Comme il se doit pour une gigue et comme c’est le cas pour le canon, les trois violons entrent les uns après les autres. Il faut savoir également qu’à la fin du 17e siècle, les compositions sur ostinato deviendront très fréquentes. Le compositeur anglais Henry Purcell en a laissé de très nombreux exemples.

L'exécution du Canon de Pachelbel réclame au minimum cinq personnes. C’est une musique de chambre pour 3 violons et un continuo (une basse d’archet et un instrument polyphonique, comme un clavecin).


UNE ŒUVRE AUX MULTIPLES INTERPRÈTATIONS

L’interprétation doit être majestueuse et solennelle. Exécuté à un tempo modéré, le Canon de Pachelbel possède quelques passages délicats ; la virtuosité n’y est pas absente (présence de triples croches). Par ailleurs, on remarque que le compositeur a glissé quelques dissonances à même de perturber la fluidité de l’ensemble.

Composé en 1680, le Canon en Ré majeur de Pachelbel est sans doute l’œuvre classique la plus copiée et arrangée qui soit. Sa grande popularité, il la doit surtout à sa suite d’accords de l’ostinato de basse qui a été reprise et adaptée par de nombreux musiciens et chanteurs. Le jazz, mais surtout la chanson l'ont déjà honoré à travers quelques succès dont les deux plus célèbres sont Rain and Tears des Aphrodite’s Child (chanté par Demis Roussos) et La maladie d’amour par Michel Sardou. Notons également la version du rappeur Ménélik qui bousculera l’âme baroque du « pauvre » Pachelbel avec Je me souviens en 1997.


PACHELBEL : 'CANON' EN RÉ MAJEUR (ensemble 'Voices of Music)
Le Canon de Johann Pachelbel dans la version originale de D. Pachelbel et joué sur les instruments originaux de l'époque. Kati Kyme, Carla Moore & Cynthia Miller Freivogel (violons baroques), Tanya Tomkins (violoncelle baroque), Hanneke van Proosdij (orgue baroque), David Tayler (théorbe).

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À PROPOS DE JOHANN PACHELBEL

Johann Pachelbel

Le compositeur Johann Pachelbel (1653-1706) était avant tout un organiste qui a exercé en Autriche et en Allemagne. Très tôt, il devait montrer des capacités musicales et académiques exceptionnelles. C'est durant son séjour à Vienne qu'il étudie la musique des compositeurs allemands et italiens, dont les styles contrastent avec la plus stricte tradition luthérienne dans laquelle il a été élevé. Pachelbel se mariera deux fois. Il aura cinq fils et deux filles de son second mariage, sa première épouse comme son premier fils étant emporté par la peste en 1683.

Durant les douze longues années qu’il passa à Erfurt, de 1678 à 1690, Pachelbel devait établir sa réputation de compositeur essentiel de l'école d'orgue allemande. Ses obligations envers l’Église incluaient outre la maintenance de l'orgue, la composition d'une œuvre de grande envergure chaque année pour démontrer ses progrès en tant qu'organiste et compositeur (chaque œuvre devait être meilleure que celle de l'année précédente !)

De son vivant, il sera un compositeur parmi les plus importants d'Allemagne. Si l’histoire raconte qu’il a notamment eu comme élève le frère aîné de Jean-Sébastien Bach, Johann Christoph (1671-1721), il ne reste de sa carrière de compositeur que quatre recueils imprimés consacrés à de la musique instrumentale ; tout le reste, pour l’essentiel de la musique religieuse et des pièces pour orgue, est resté manuscrit. Son œuvre, à l'harmonie simple et à la mélodie chantante, usera toujours d'un contrepoint rigoureux et clair.

Par Patrick Martial (Cadence Info - 12/2020)
(source : .F Platzer, Le top 100 du classique - ed. Ellipses)


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