CLASSIQUE / TRADITIONNEL


JESSYE NORMAN, L’ENVOL D’UNE DIVA

À l’âge où l’on ne pense qu’à jouer, Jessye Norman écoutait déjà les opéras à la radio, notamment ceux du prestigieux Metropolitan Opera, un lieu qui la faisait rêver et où des années plus tard son nom brillera…


JESSYE NORMAN, UNE VIE À CHANTER

Jessye Norman est née le 15 septembre 1945 à Augusta, en Géorgie, un état imprégnée par la ségrégation. Jessye est issue d'une famille de cinq enfants. Le chant entre dans sa vie grâce à l’église et à l’initiation des traditionnels "spirituals". « Je ne me souviens pas d'un moment dans ma vie où je n'ai pas été en train d'essayer de chanter », disait-elle en 2014 à la radio américaine NPR.


Ad Block

Un bloqueur publicitaire bloque le déroulement de cette page. Pour ne plus subir cette restriction, veuillez désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.cadenceinfo.com". Merci.

Procédure pour autoriser "cadenceinfo.com"


La jeune femme aborde la musique classique dans un milieu essentiellement blanc. Elle obtient une bourse pour étudier la musique à l'université Howard, un établissement historiquement noir de Washington.

En 1968, à 23 ans, elle est engagée au Deutsche Opéra de Berlin. Cinq ans plus tard, elle débute en France dans Aïda de Verdi. D’autres invitations suivront : Festival d'Aix-en-Provence ("Hippolyte et Aricie" de Rameau en 1983, "Ariane à Naxos" de Richard Strauss en 1985), Châtelet (1983), Opéra-Comique (1984)...

© Jati Lindsay - Jessye Norman lors d'une dédicace consacrée à son livre de mémoires 'Stand Up Straight and Sing !' (05/12/2014)

De ses nombreux passages en France, on se souvient de l’image de la cantatrice drapée dans le drapeau français interprétant La Marseillaise sur la place de la Concorde à Paris, le 14 juillet 1989, à l'occasion des fêtes de commémoration du bicentenaire de la Révolution française.

Jessye Norman décide de s'installer en Europe où, avec son timbre de voix caractéristique, à la fois pulpeux et sombre, elle s'impose comme l'une des sopranos dramatiques les plus reconnues, en particulier pour ses interprétations de Wagner.

Femme de convictions et socialement engagée, servant la cause des artistes issus des milieux défavorisés, Jessye avait notamment fondé dans sa ville natale d'Augusta la "Jessye Norman School of the Arts", une école gratuite pour les plus désargentés.

Figure emblématique des voix sopranos, la chanteuse avait participé aux cérémonies d'investiture des présidents américains Ronald Reagan et Bill Clinton, mais aussi pour le 60e anniversaire de la reine Elizabeth II, en 1986.


JESSYE NORMAN : AMAZING GRACE
La chanteuse d'opéra et récitante américaine Jessye Norman interprète de manière étonnante "Amazing Grace" en hommage à l'acteur et réalisateur de cinéma Sidney Poitier. Soprano dramatique, Norman était associé à des rôles divers tels que Sieglinde de Wagner, Ariane de Richard Strauss, Alceste de Gluck ou encore Leonore de Beethoven et Cassandre et Dido dans Les Troyens de Berlioz.


Sa longue carrière a été jalonnée de distinctions diverses : cinq Grammys - dont un récompensant l'ensemble de sa carrière en 2006 - et peut-être l'un des mérites parmi les plus honorifiques, celui de la 'Médaille nationale des arts' reçue des mains du président Barack Obama en 2009.

Depuis quelques années, la cantatrice s'était retirée de la scène. Ses dernières interviews remontent pour la plupart à 2014, année de la publication de ses mémoires, "Stand Up Straight and Sing !". Dans ce livre testament, elle y racontait en détail les femmes qui l'avaient marquée, et le racisme auquel elle avait été confrontée durant son enfance puis à l'âge d'adulte. Seule sa vie amoureuse restait cachée, évoquant seulement dans un passage de ses mémoires, une demande en mariage que lui aurait faite un jour un aristocrate français ; un épisode certainement essentiel de sa vie sentimentale, mais que la pudeur de la cancatrice s'interdisait de détailler avec plus de précisions.

Sa disparition le 30 septembre dernier à l'âge de 74 ans des suites d'une septicémie, consécutive aux complications d'une blessure à la colonne vertébrale subie en 2015, a soulevé de nombreux hommages. L’Opéra venait de perdre l’une de ses plus grandes artistes, une voix empreinte d’une beauté et d’un pouvoir ascensionnel, capable de briller autant chez Wagner et Strauss que chez Poulenc, Schönberg ou Bartók.

Cadence Info (10/2019)
(source AFP/Archives / Pierre-Franck Colombier)


RETOUR SOMMAIRE