ANALYSEDISQUESFAITS DIV.HISTOIREINTERVIEWLIVRESPORTRAIT
QUELQUES SUGGESTIONS...
DIRECT VIDÉO TENDANCE © PROTECTED BY COPYSCAPE
STATS MOIS NOVEMBRE 2018
80.890 visiteurs
530.079 pages visitées
(source AW Stats)

CLASSIQUE / TRADITIONNEL


LA DODÉCAPHONIE, SES RÈGLES ET USAGES EN MUSIQUE

La dodécaphonie est apparue après une période d’atonalité libre pour contrecarrer les règles du système tonal. Cette période de libération complète ne pouvait être que de courte durée, car elle aurait ouvert la voie à l’anarchie et au chaos.


ORIGINE DE LA DODÉCAPHONIE

La dodécaphonie n’a rien d’arbitraire, mais possède plutôt une forme logique. On dit avec raison qu’Arnold Schönberg ne l’a pas inventée, mais trouvée. En effet, il ne l’a pas trouvée seul. Josef Matthias Hauer, Jefim Golyscheff et Edgard Varèse ont aussi découvert à peu près à la même époque cette nouvelle technique.


Ad Block

Il semblerait que vous ayez installé un bloqueur publicitaire sur votre ordinateur. Celui-ci vous empêche de consulter cette page dans sa totalité et dans des conditions visuelles optimisées. La mise en ligne d'encarts publicitaires non intrusifs permet à ce service d'exister durablement.

Pour ne plus subir cette restriction sur d'autres pages du site, nous vous conseillons de désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.cadenceinfo.com". Merci de votre compréhension.

Procédure pour autoriser "cadenceinfo.com"


À la vérité, la dodécaphonie a acquis sa réputation quasiment uniquement grâce à Schönberg. La composition d’après la technique dodécaphonique commence par l’ordonnancement du matériau. les douze demi-tons s’ordonnent en une suite réinventée pour chaque composition. Il en résulte une série, on peut en créer 479.001.600 à partir de douze notes. La série peut être utilisée en renversement, en mouvement rétrograde et en mouvement rétrograde d’inversion (ou inversion sur un mouvement rétrograde). Il existe pour chaque série quatre formes fondamentales.

La règle principale de la dodécaphonie est la suivante : toutes les notes doivent être jouées avant que la série puisse recommencer par la première note. Il est nécessaire d’observer cette règle de base car lors de la répétition anticipée d’une note ou en supprimant quelques notes, un centre tonal pourrait émerger. Mais la dodécaphonie se veut atonale. La construction rythmique est totalement libre. Par elle, la série dispose d’une figure constamment changeante.

Par exemple, l’écoute du 42e concerto pour piano permet d’appréhender l’univers dodécaphonique avec ses envolées lyriques rompues et ses rythmes brisés. L’oreille ne peut s’installer dans un quelconque décor sonore pour se poser. Ici, tout est en suspension. De courts tableaux sonores tantôt calmes, tantôt agressifs se succèdent à un train d’enfer ! Pour apprécier cette musique, il ne faut pas suivre un quelconque chemin sonore, mais se laisser emporter par l’atmosphère étrange qui s’en dégage.


ARNOLD SCHOENBERG - PIANO CONCERTO OP.42


Par ailleurs, la série peut être transposée sur les onze autres degrés. Elle peut être employée mélodiquement ou harmoniquement. L’harmonie résulte donc de la série. Succession ou jeu parallèle, tout est lié à la série, tout part d’elle.

La musique écrite selon la technique dodécaphonique est finalement une incessante variation de la série. Les possibilités de réarranger la série sont quasiment illimitées. Schönberg utilisait cette nouvelle technique depuis 1923 environ. Ses élèves Alban Berg et Anton Webern l’ont
suivi.


ÉVOLUTION DODÉCAPHONIQUE

La dodécaphonie est restée relativement inconnue jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Dans l’embarras connu après des années de destruction, elle est apparue comme riche de promesses. Des mouvances dodécaphonistes ont vu le jour dans tous les pays. Wolfgang Fortner s’y est rattaché en Allemagne, Luigi Dallapicola en Italie, René Leibowitz en France.

La pensée dodécaphonique a été si puissante qu’en fin de compte presque tous les compositeurs modernes ont dû s’y pencher, même Stravinski. Mais son application n’est pas devenue stricte en tous lieux. En effet, elle tolère un nombre croissant d’exceptions. Par exemple, Dallapicola s’adonne à la cantabilité italienne même s’il se sert de la dodécaphonie. On a aussi composé tonalement en dodécaphonie. Ainsi, cette technique permet l’individualisation de son application.

Contre la dodécaphonie se sont soulevées de nombreuses contestations, la plus sérieuse venant de nul autre que Theodor W. Adorno, disciple passionné de Schönberg. Mais la dodécaphonie a fait front à toutes les attaques. Elle répondait visiblement aux données de son temps, même si elle n’est pas toujours employée avec la rigueur orthodoxe du début. Aujourd’hui on ne peut plus guère parler strictement de dodécaphonie.

par Patrick Martial (Cadence Info - 12/2010)


RETOUR SOMMAIRE