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MUSIQUE & SOCIÉTÉ


LE RETOUR DU DISQUE VINYLE, OBJET DE COLLECTION

Aujourd’hui, le vinyle se porte plutôt bien étant donné l’écrasante suprématie des musiques numériques. En effet, depuis 2008, la vente des vinyles a augmenté de 90% et n’a pas faibli depuis. Qui aurait cru cela il y a une trentaine d’années quand le compact-disc a fait son apparition ? Sur Internet, le téléchargement légal et illégal de ces dernières années n’a même pas pu provoquer sa mise à mort... bien au contraire, car c’est en parti dans cette consommation dématérialisé de la musique que se trouve la principale réponse de ce soudain intérêt.


VINYLE COMEBACK

Devenu un objet culte et de collection, le vinyle est assez estimé pour que quelques grandes vedettes de la musique rock s’y intéressent et enregistrent pour lui. De l’artiste au consommateur en passant par le disquaire et le producteur, le disque vinyle suscite de nouvelles passions. Mais pourquoi donc ? Quel est la cause de ce soudain engouement pour un produit qui, finalement, nous renvoie plus de 30 ans en arrière ? Serait-ce le son, le design de l’objet ou bien la nostalgie qui lui colle à la peau ? Pour comprendre cet incroyable sursaut, autant raconter son histoire.


LE NOUVEAU VINYLE EST ARRIVE !


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Depuis quelques années, le succès du vinyle fait le bonheur des disquaires indépendants. Ces rescapés de la crise du disque peuvent enfin respirer grâce à leur nouvelle star, le disque noir. Si on leur demande : « Est-ce un phénomène de mode ? ». La réponse est Non. Quelques disquaires confirment que cette envolée existe depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, à Paris, mais aussi en province comme à l’étranger : Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, etc.

Ce rapide intérêt pour le disque vinyle n’est pas dû à un abatage publicitaire dans les médias. Tout au plus quelques encarts, ici ou là, dans des magazines spécialisés. Généralement, la vente du disque vinyle s’opère dans de petites surfaces, souvent dans les quartiers branchés des villes. Dans un premier temps, le léger frémissement des ventes de disque vinyle en provenance des Etats-Unis a incité quelques disquaires - alors condamné à ne vendre que du CD et du DVD - à proposer quelques bacs spécialisés dans le vinyle. Mais avec le temps, la demande, et la vente exponentielle dépassant aisément le seuil des 60/70%, il n'y avait plus à hésiter. Le temps était venu de consacrer tous ses efforts dans une seule direction : le disque noir ! Dans la boutique, la magie du son analogique renaissait, et le vinyle redevenait roi.


LE ‘RECORD SCORE DAY’

Dès lors, le marché des disques s’organise et propose parfois des ventes en marge des festivals de musique ou à l’occasion des fêtes de quartier. Témoin de cet envol économique, le ‘Record Score Day’ (la « journée des disquaires »), une journée de promotion, de bonnes affaires où la passion domine. Une sorte de « fête du disque » qui n’en porte pas le nom.

Aux Etats-Unis, pays précurseur de la ‘Record Score Day’, la journée des disquaires occupe une place importante, surtout en raison de son chiffre d'affaire (plusieurs centaines de millions de dollars). A l’origine, l’idée était d’associer les maisons de disques indépendantes et les petits disquaires de quartier afin d'inciter le public à visiter leur boutique. Introduite aux Etats-Unis par Michael Kurtz et Chris Brown en 2007, l'idée sera reprise sous une forme voisine par l’Angleterre en 2009, puis par la France en 2011.

Depuis, la « journée des disquaires » a marqué les esprits en devenant un rendez-vous incontournable. On peut enfin parler musique librement. Le disquaire crée l’événement autour de quelques raretés. La communication fait son chemin et il n’est pas rare qu’une petite file s’organise à l’entrée du magasin. L’événement se transforme en chasse au trésor. On fouille, on cherche et on extirpe la perle rare, celle qui fera le bonheur du collectionneur ou du client lambda.

Dans la boutique, de nouveaux et d'anciens visages se croisent. Les ados, mais aussi les parents, qui entraînent leurs enfants dans un univers peuplé de photos et de légendes. D’anciennes obsessions reviennent en force, habitées par les désirs tenaces du collectionneur de vinyle. D'autres, au contraire, farfouillent dans l'espoir de faire une bonne affaire. Pour tous ces acheteurs potentiels, ce sont généralement les grands classiques qui ont la côte : Beatles, Rolling Stones, Pink Floyd , Bob Marley, Marvin Gaye, Donny Hathaway, Stevie Wonder...


L’INDISPENSABLE PLATINE TOURNE-DISQUE

Pour avoir une chance d’être écouté, le vinyle doit recourir à un équipement qui paraîtra désuet pour l’accro du tout numérique. Généralement, l’effort financier se porte sur l’indispensable platine tourne-disque, mais pour celui qui souhaite le top du top, l'achat d'un amplificateur à lampe est recommandé. Avec ce genre d'ampli le son est plus chaud et plus en adéquation avec la sonorité analogique du microsillon.

Eh oui ! Le retour du disque vinyle entraîne une cohorte de matériel spécialisé. Même dans le secteur de la Hi-Fi, on sent le vent tourner… De nombreuses platines tourne-disques sont équipées aujourd'hui d’un port pour clé USB, ce qui permet d’enregistrer le morceau directement sans passer par un lecteur enregistreur.


LES VALEURS ATTACHÉES AU DISQUE VINYLE

L’attitude du mélomane n’est pas toujours symptomatique. Certes, il peut devenir rapidement un dévoreur de disques et amasser un nombre impressionnant d'exemplaires, mais aussi faire preuve de sagesse en se contentant de quelques titres qu’il écoutera en boucle.

Socialement et humainement, l'affection au disque vinyle est souvent liée à de la nostalgie. A lui tout seul, il incarne l'industrie musicale d'alors, fleurissante et imaginative. La seule vision d'une pochette est en mesure de nous rappeler une époque ou des événements précis de notre existence. C'est la représentation de l'objet dans ce qu'il a de plus vrai et de plus authentique.

Chez les seniors, ce sont souvent les disques de l’adolescence qui servent de repère, et que l’on partage ensuite avec ses enfants ou ses petits-enfants. Le vinyle agit comme une mémoire. Il est le patrimoine que l'on transmet à sa descendance, avec ses goûts, ses passions et son époque. Agissant comme une correspondance, il peut devenir le témoin d'un événement passé quand, au verso de la pochette, une signature ou d’une date d’anniversaire, celle d’un ami ou d’un premier flirt, l'accompagne de quelques mots.

Les musiciens et chanteurs, observateurs obligés des tendances musicales et des modes, sont bien sûr très attentif à cette soudaine explosion du disque noir… Pour eux, le vinyle est un outil riche d'enseignement qui constitue une source d’inspiration et de découverte.

Certains ne jurent que par lui, sans que de soi-disant buzz les y obligent. Pour ces artistes, apprécier leur musique, c'est avant tout poser le pickup sur le disque. Ce n'est pas consommer de la musique, mais écouter de la musique. Et si, à bien des égards, une telle attitude peut sembler restrictive et exigeante, elle peut par contre se révéler très efficace en atteignant un public beaucoup plus porteur et plus fidèle. C’est un message directement lancé aux fans. Le passe-droit, c’est la platine tourne-disque et rien d’autre !

D’autres artistes et producteurs développent une approche plus pédagogique avec des arguments souvent convaincants, expliquant au passage que la qualité d’écoute est très différente du CD, que la ‘richesse’ du collectionneur tient dans cet objet à la forme séculaire, à ses pochettes richement décorées ou en raison de ses éditions limitées.


LE PASSAGE AU COMPACT-DISC

Au milieu des années 80, le fidèle adepte du vinyle va brusquement changer de camp. Le compact-disc devient le nouveau support à la mode. De nouveaux comportements vont alors apparaître. La jeune génération, de 15 à 25 ans, va être la première à être « contaminé » par le support numérique. Le disque vinyle ne fait pas parti de leur histoire. C’est celle des parents et des grands-parents.

À l’époque, les ados se ruent vers ce support plein de promesses. Pour eux (et pour d'autres), le compact-disc c'est la fin des craquements et du bruit de fond. Sa dynamique importante permet de restituer avec plus de fidélité les musiques hyper-compressées de la dance. La durée d’enregistrement s’allonge et la manipulation de l’objet est extrémement pratique : il n’est plus nécessaire de tourner le support, ni de prendre d’infimes précautions. On glisse le CD dans une fente… On clique sur un bouton, et tout se met en marche comme par magie. On sélectionne les morceaux de son choix et on crée son propre programme. Tous devient automatique... sauf nos doigts, heureusement !

L’heure n’est plus au vinyle, mais déjà des voix s’élèvent pour critiquer le rendu sonore qui n’est pas le même. La rondeur a disparu pour laisser place à de la froideur. Si les performances du CD ne sont pas remises en question, nos oreilles, quant à elles, ne fonctionnent pas avec la même précision diabolique. Les bits numériques produisent un son pur, lisse, mais aux contours impersonnels. Au bout de quelques mois, les protestations qui vont naître de toute part, aussi bien chez les mélomanes que chez les professionnels, vont s’arrêter face à la toute puissante industrie numérique. Un constat s'impose : alors que nos oreilles disent la vérité et traduisent des sentiments vécus, celles-ci vont être obligées de s’habituer à cette nouvelle norme. L'automatisme prend le dessus et chasse la cérémonie du "bras" que l'on pose délicatement sur le disque.

En quelques années le microsillon disparaît. C’est la mort annoncé. Au début des années 90, le vinyle se retrouve dans les bacs des brocanteurs et disparaît des rayons en grande surface. Le lecteur CD a la côte et la platine tourne-disque prend la direction de l’armoire, si ce n’est de la cave. Quant aux vinyles, s’ils ne prennent pas le même chemin, ils seront bradés par lot dans les marchés aux puces, souvent pour des prix dérisoires, pour finalement être rachetés mais en version CD. C'est ce qu'on appelle le « mirage » de la société de consommation !


DANCEFLOOR ET DJ

Le disque noir a-t-il vraiment disparu ? Non ! Car la ‘culture clubbing’, née de la vague disco des années 70, va le relancer. Le rap puis ensuite la techno vont être là pour apporter au vinyle un nouvel essor…

Dans les années 90, le DJ va être le lien fédérateur de ce changement. Il ne va plus se contenter d’être un acteur passif, enchaînant mécaniquement des disques les uns après les autres, mais être bien plus que çà ! Il devient un spécialiste, un expert des ‘dancefloor’.

Il devient le responsable des nouveautés qui passent dans la sono. C'est lui qui choisit les vinyles dignes d'intérêt. Ce sont ceux-là qui feront danser la foule et pas d'autres ! Les disques sont livrés nus ou presque avec une simple pochette blanche, parfois sans le nom de l’artiste, et en très petites quantités. Il fera avec, car question choix, rien n'est plus pareil. A cette époque, les petits labels se multiplient, et les artistes s’autoproduisent avec un esprit farouchement indépendant et marginal.

C’est grâce aux platines DJ que la magie vinyle se réinvente. Elles permettent de jouer sur la vitesse de la musique et épousent les bases du mix moderne. Des échantillons sonores sont choisis par le DJ pour prolonger la musique et l’accorder aux plaisirs des danseurs. Le hip-hop naissant développe toute une batterie de jeux et d'effets, à commencer par le scratching et le ‘juggling’, technique qui impose l’utilisation de deux platines pour décupler le nombre d’échantillons et les audaces rythmiques qui y sont associés. Historiquement et techniquement, la jeunesse du hip-hop se trouve donc là, dans les sillons du vinyle.

Chaque DJ développe sa propre recherche, son style, en écoutant durant des heures de très nombreux disques pour ensuite sélectionner, extraire, mettre en boucle et mixer les échantillons sonores retenus. La culture du sample est née. Elle s’immortalise. La musique n’est plus un film qui se déroule, mais une succession d’images arrêtées, qui va d'avant en arrière et inversement. Le hip-hop est la caricature de ce principe, de cette vision, en collant et en rassemblant par petits bouts des rythmes et des mélodies de quelques secondes. Avec le hip-hop et le sample naissent aussi les premiers procès d’intention pour violation des droits d’auteurs, procès qui seront réduit le plus souvent à des simulacres face aux intérêts économiques suscités par l’essor de cette nouvelle musique.

Entre les doigts du DJ, le vinyle devient une arme de création sonore où se mêle une part d’improvisation et une part de réflexes acquit par l’expérience et l’observation. Les années 2000 consacrent la démocratisation du ‘djing’ avec des avancées technologiques considérables. Tout change. Les DJ n’ont plus besoin du vinyle pour mixer. L’informatique est là avec ses logiciels, et Internet offre des possibilités de téléchargement en masse. Le paradis, quoi ! Diront certains.


LE PARADOXE VINYLE

Le côté numérique offre des avantages flexibles : production, restitution, rapidité. Les DJ d’aujourd’hui n’utilisent que très rarement les vinyles. Les ordinateurs et les fichiers les ont remplacés avantageusement. L’heure est à la généralisation des logiciels de simulation qui permettent de faire comme avec du vinyle, mais avec les avantages du numérique. Boucles, effets, inversions, synchronisation automatisée, tout est possible avec une efficacité indéniable. Le DJ joue à « l’apprenti musicien » en créant des œuvres sonores dans un esprit live.

Serait-ce alors une mauvaise nouvelle pour l’évolution du vinyle ?

Pas vraiment, car la production musicale actuelle est loin de satisfaire tout le public, DJ compris. Le vinyle va obtenir sa revanche avec les sorties uniques, sans CD à la clé… L’objet est précieux et joue la séduction. Face à la toute puissance d’Internet et à ses dérives, le vinyle n’a pas le choix. La musique dématérialisé a provoqué chez les gens, comme chez les artistes, des attitudes incontrôlées très néfastes dans le rapport avec la création. Pour faire face, le vinyle doit faire preuve d’originalité. Il doit être en mesure de démontrer sa différence et proposer le petit plus indispensable.

Le premier contact que l’on a avec un disque vinyle est visuel. Avant d'écouter le contenu, c'est la pochette qui doit faire mouche. Support affectif, support glamour, elle doit attirer l’œil avec son format 30x30, idéal et passe-partout. La pochette, on la touche, on la regarde, on la lit et on la relit à l’occasion d’une nouvelle écoute. Dates, personnels, textes, photos, rien n’y manque ! Le vinyle remet la musique dans son vrai contexte, la vie. Il n'appartient pas au monde virtuel, mais celui bien réel des objets. Prendre soin d’un disque est un rituel, c'est respecter la 'chose' et à travers lui, la musique. Le disque vinyle, c’est l’anti-zapping ! Il ne dessert pas l’artiste, mais au contraire conditionne une façon plus naturelle d’écouter la musique.

Sa pochette est capable de transformer le salon en exposition permanente. Déjà dans les années 60, des artistes comme Andy Warhol, un des grands maîtres du pop-art, avait signé la fameuse banane du Velvet Undergound avant d'immortaliser plus tard un jean moulant (album Sticky Fingers des Rolling Stones). D'autres designer l'avaient précédé dans cette voie, et d'autres suivront.

Les années 70 vont être la grande période de l'explosion artistique des pochettes. Les créations les plus folles voient alors le jour, du dessin à la peinture contemporaine en passant par des photos stylisées immortalisant les stars. Malheureusement, l’époque héroïque de la pochette sera de courte durée. Les décennies suivantes réduiront le champ d’expérimentation des photographes et des graphistes. La faute de cette décadence artistique provient en grande partie du CD et de son petit format. Ses textes parfois/souvent illisibles auront raison des designer les plus téméraires !

Alors que le compact-disc, objet de grande consommation, montre ses limites dans le domaine de l’illustration, les pochettes des disques vinyles rencontrent un vif succès en s’exposant dans les magasins, les restaurants et les musées comme des œuvres d’art. Des livres leur sont consacrés. Des modes surgissent, comme celle lancée par le photographe Bob Egan qui consiste à retrouver les endroits où les clichés des pochettes mythiques ont été pris. L'objet de consommation peut également revêtir bien d'autres aspects en se recyclant et en devenant un objet design élégant sous la forme de briquet, montre ou pendule.


LA PRISE DE RISQUE

Dans le contexte économique de la crise actuelle, quand le marché du disque est à la dérive, des produits ‘vintages’ comme le vinyle peuvent devenir un atout supplémentaire pour l’industrie musicale. Bien que ne rivalisant pas avec le CD, le vinyle continu de prospérer grâce notamment à des artistes de renoms qui acceptent de sortir des versions spécialement édités pour ce format. Une telle attitude peut surprendre, mais peut trouver sa vérité dans l’image que renvoie l’artiste. En effet, puisque le musicien ou le chanteur pour gagner sa vie à besoin d’un public, et que ce public contribue au prolongement de sa carrière en achetant ses disques, il semble normal qu’en retour il fasse preuve d’une attention toute particulière envers lui.

Pour le moment, ces initiatives demeurent marginales, mais avec un peu de volonté, elles pourraient se multiplier et entraîner dans leur sillon d’autres acteurs de l’industrie du disque. Actuellement, les majors se contentent des rééditions, mais pour combien de temps encore ? A force de puiser dans les fonds de catalogues, ceux-ci vont devenir « transparent ». Rééditer la collection complète des Beatles ou sortir des versions inédites des Rolling Stones ne répondra pas éternellement à la soif de découverte de la jeune génération. Il faut du « sang neuf », celui d’une jeune génération d’artistes prête à oser l’aventure du vinyle, prête à faire l’impasse des supports numériques. Pourquoi pas ? On dit souvent que la valeur d'un artiste se mesure dans son rapport avec la prise de risque et dans sa façon d'oser.


LE DISQUE VINYLE SERAIT-IL ÉTERNEL ?

Le prix du vinyle est souvent plus cher que le compact-disc, mais il se justifie en offrant quelques avantages, comme par exemple, un code de téléchargement pour permettre à l’auditeur d’accéder au contenu du disque numériquement ; ce qui est pratique pour l’écouter par exemple sur son ordinateur. D’autres vinyles jouent la carte de la séduction en proposant un ‘45 tours bonus’ contenant des enregistrements inédits. Apparus à la fin des années 70, le disque en couleurs ou orné de picture-disc peut également justifier amplement le supplément de prix. Grâce à ce marketing, le vinyle affirme ainsi sa différence tout en cohabitant avec les nouvelles façons de consommer la musique.

Face à un marché du disque en constante évolution, il serait peut-être plus judicieux de penser que le vinyle restera et que le CD disparaîtra. L’esthétique des pochettes, les livrets décorés, le prix et parfois sa rareté, conviennent bien aux objets éternels. Le sursaut du vinyle est bien une réponse humaine face à la dématérialisation dominante, car il crée un lien social, un partage d’idéaux. Le disque vinyle, c’est une mémoire inscrite dans le temps. Pourra t-on dire la même chose de nos CD dans 20 ans ? J’en doute. Mais d’ici là, de nouveaux formats auront certainement vu le jour. Seront-ils toujours absorbeurs d'intemporalité ou auront-ils quelques côtés interactifs, en créant des dialogues virtuels avec les artistes  ? Difficile d’affirmer sans preuve. Alors soyons patients et attendons !

Par Elian Jougla (Cadence Info - 09/2013)
Source info : Fabienne Petrus – Une histoire du vinyle

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