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INSTRUMENT DE MUSIQUE


QUAND LUTHIER ET ARCHETIER DÉVOILENT LEUR TALENT...

Si le facteur d’instruments a déjà été abordé plusieurs fois dans « Cadence Info », notamment concernant l’arrivée des instruments électriques et la relation avec le musicien, nous n’avions pas encore évoqué les métiers de luthier et d’archetier, deux professions artisanales qui nécessitent des connaissances variées et très spécialisées pour répondre aux exigences des musiciens.


LES DISPOSITIONS DU FACTEUR D’INSTRUMENTS

Comme un instrument de musique n’a pas pour vocation première d’être un objet de décoration, le facteur se doit d'être non seulement un artisan, mais aussi un artiste capable de dialoguer avec son client. Il est difficile, voire impossible pour lui, de détacher la fabrication d’un instrument de son destinataire, c’est-à-dire de l'interprète qui devra passer des heures et des heures à poser ses doigts sur les cordes d’un violon ou d'une guitare pour travailler une œuvre difficile.


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Souvent musiciens et surtout mélomanes, les facteurs doivent être à l’écoute du musicien qui, le plus souvent, réclame de son instrument un beau son, exempt de défaut. Pour que cette perfection sonore soit, le facteur sait qu’il faudra du temps, beaucoup de temps. Il sait aussi que pour mener sa mission à bien, son expérience doit être celle d’un véritable expert. Sans une parfaite connaissance des secrets de fabrication, sans ce simple coup d’œil qui lui permet d’évaluer la consistance et la qualité d’un bois, rien ne pourra véritabelement aboutir.

Le métier de facteur d'instruments ne peut être séparé de l'histoire de la musique. Il y a bien longtemps, à Crémone, quand les Stradivarius fabriquaient dans leur atelier leurs merveilleux instruments, il n’était pas rare qu’ils demandent à de grands virtuoses de les aider par leurs conseils avisés. Aujourd’hui, rien n’a changé ou presque, sauf que parfois c’est l’artiste qui demande à son facteur de l’assister lors d'un concert, car lui seul sera accorder et régler correctement l’instrument quand celui-ci devient capricieux suivant l'acoustique du lieu ou de l'humidité de l'air.


LE LUTHIER ET SON VIOLON

La fabrication d’un violon demande du temps et une grande maîtrise du geste. Quatre-vingts pièces de bois sont nécessaires à sa fabrication. La durée de réalisation est variable, mais se compte parfois en centaines d’heures.

L’âme est, dit-on, la pièce maîtresse. Ce petit morceau d’épicéa de quelques millimètres de diamètre est placé entre le fond et la table. Au contraire de toutes les autres pièces du violon, sa place n’est pas précisée sur les plans et les schémas. Par son expérience, le luthier déterminera sa position idéale pour que l’instrument puisse donner la meilleure sonorité.


LES DIFFÉRENTS BOIS UTILISÉS

Les épicéas viennent de Suisse ou de Roumanie. Généralement, le luthier choisit souvent le bois qui lui semble le plus adapté à son travail sur des arbres coupés ou sur des arbres encore debout quand il possède une très solide expérience.

L’érable vient d’Europe centrale (Tyrol, Hongie). Ce bois-là sert à fabriquer le fond, le manche et les éclisses. En plus de ses qualités décoratives, l’érable possède des propriétés mécaniques de résistance et de souplesse.

L’ébène, dont sont faits la touche, le cordier et les chevilles, vient traditionnellement de Madagascar. Ce bois très résistant est aussi très difficile à travailler.

Tous ces bois demandent un très long temps de séchage, de quarante à cinquante ans !

LES OUTILS DU LUTHIER

Ils sont fort nombreux. Toutefois, quelques-uns méritent d’être évoqués...

Les béquettes sont de grandes pinces en bois taillées dans des morceaux de hêtre ou de charme servant à poser et coller les contre-éclisses.

La pointe-aux-âmes permet de piquer l’âme en son milieu, de la placer et de la positionner avec précision entre la table et le fond.

Le couteau à détabler est une longue lame souple, mince, arrondie à son extrémité, non tranchante, et utilisé pour détacher la table de l’instrument lors des réparations.

Concernant la colle, celle-ci est maintenant issue des produits industriels auxquels on demande résistance et souplesse.


L’ARCHETIER ET SON ARCHET

Si le métier d’archetier est différent du luthier, il n’en demande pas moins du doigté et de la précision. Bien que son origine remonte à des millénaires, c’est un Français, François Tourte, qui a fixé, à la fin du 18e siècle, le modèle que les musiciens utilisent de nos jours.

Fabriquer un archet n’a rien de simple car il repose sur des règles bien précises. Le bois utilisé doit posséder rigidité, légèreté, mais aussi flexibilité. Le bois de Pernambouc, en provenance du Brésil est le bois de référence. Il est d’abord débité en planches avant d’être réduit en baguettes cintrées au feu.

Puis vient le moment de coller à une extrémité une plaque d’ébène et à l’autre de fixer l’indispensable hausse sur laquelle viennent se loger les crins (la hausse a pour fonction de régler la tension des crins).

Les crins sont généralement prélevés sur la queue d’un cheval (hongre ou étalon). Ils sont plus souvent blancs que noirs pour des raisons de souplesse naturelle. Généralement, un archet comprend environ 150 crins, mais cela peut aller au-delà : jusqu’à 200 à 250 pour un archet de contrebasse. Lors du jeu, la résistance au frottement et la bonne accroche des cordes sont obtenues grâce à un enduit de colophane posé sur les crins (résine de pin).


DEVENIR LUTHIER, ARCHETIER

Pour devenir luthier et archetier, il existe l’Ecole nationale de lutherie. Sous réserves d’avoir reçu un avis favorable du conseil de classe et subi un examen permettant de déceler quelques aptitudes, un élève pourra obtenir le Brevet de technicien de facture instrumentale au terme d’une formation de trois années d’études dans un lycée à partir de la seconde. Outre une formation générale, il sera dispensé des matières spécifiques telles que l’histoire de la musique, du solfège, une pratique instrumentale et une éducation artistique.

Quand le Brevet de technicien est obtenu, l’élève est placé en stage pratique d’un an, avant de trouver un emploi dans un atelier, en France ou à l’étranger, à l’initiative de la profession. La bonne connaissance du métier demande bien évidemment plusieurs années de pratique Les études peuvent également être sanctionnées par un diplôme national de luthier d’art et d’archetier d’art.


LA FABRICATION D'UN VIOLON PAR LE LUTHIER THOMAS BILLOUX

En savoir + : Ecole nationale de lutherie de Mirecourt.

Visiter le site du GLAAF (groupement des luthiers et archetiers d'art de France).


Par Patrick Martial (Cadence Info - 11/2017)
(Source : La musique - repères pratiques, par Bernardeau et Pineau (Ed. Nathan)

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