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MUSIQUE & SOCIÉTÉ


MUSIQUE ET MÉCÉNAT

Derrière les festivals, les concerts, les jeunes interprètes, voire les radios musicales, il y a souvent le chéquier d’un groupe industriel ou bancaire. Excellence, rigueur et harmonie : les patrons, quand ils rêvent leur entreprise, emploient parfois les mots des mélomanes. C'est peut-être cette secrète correspondance qui explique leur engouement pour la musique…


DU MÉCÉNAT À L’ACTIVITÉ MUSICALE


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Les noms qui suivent ne vous seront pas inconnus : Société Générale, Crédit Lyonnais, AGF, BNP, Paribas mais aussi France Télécom ou Orcofi. Cette liste, non exhaustive, participe au mécénat musical, un mécénat qui recule à cause de la dureté des temps. La tendance est certaine, même si elle est difficile à chiffrer. Les mécènes musicaux restent très discrets sur le montant de leurs largesses. De nombreuses entreprises refusent en effet de dévoiler le montant de leurs soutiens quand ils comportent des prestations en nature comme l’organisation de concerts ou le prêt d'instruments. Ils coopèrent peu entre eux, et personne ne dispose de données précises, pas même le ministère de la Culture…

Même si l'on admet - ce qui n'est pas prouvé - que le coût moyen d'une action de mécénat est moins élevé en musique que dans les autres domaines, tout apport financier est vital pour les artistes. Aux crédits d'intervention dont dispose le ministère de la Culture pour la diffusion et la création musicale, il faut ajouter les collectivités locales et, bien entendu, le public. Mais le mécénat, devenu omniprésent, est désormais indispensable. Notamment pour la plupart des festivals musicaux qui se multiplient dans l'Hexagone.

Un logo discret sur le programme d'un concert, sur l'affiche d'un festival, parfois sur la pochette d'un CD : est-ce pour avoir le droit de signaler modestement leur présence que les entreprises ouvrent les cordons de leur bourse ? Est-ce pour satisfaire la coquetterie d'un patron et lui permettre de recevoir de temps en temps à sa table quelque star de la baguette ou du clavier ? De moins en moins. En musique surtout, le mécénat exige un professionnalisme et une continuité qui laissent peu de place au caprice personnel. Il est généralement confié aux directions de la communication, qui, dès que l'entreprise atteint une certaine taille, le sous-traitent à des équipes spécialisées, parfois sous la forme d'une fondation.

De ces efforts, attend-on au moins quelques retombées commerciales ?

Elles sont quasi nulles, de l'avis de tous les protagonistes. Le soutien aux manifestations sert à créer un contact plus direct avec les clients. Rien de tel pour entretenir l'amitié, notamment en province, que les petites attentions culturelles : l'invitation à un concert de la part du directeur de l'agence locale ou une carte de vœux accompagnée d'un CD. Les budgets de cette agit-prop relationnelle sont sans commune mesure avec ceux de la publicité (le rapport est parfois de 1 à 10). Par son impact sur l'image de l'entreprise, la dépense culturelle peut cependant se révéler d'un excellent rendement.

Mais pourquoi la musique ?

Elle est souvent moins élitiste que les arts plastiques ; son public est moins restreint que celui de la danse ; elle s'exporte mieux que le théâtre ; les disques sont d'excellents produits dérivés. Enfin, le monde musical est moins méfiant que d'autres milieux artistiques à l'égard de l'entreprise.

Encore faut-il savoir quelle politique d'image on poursuit. Sans trop raffiner, la plupart des mécènes musicaux se contentent de revendiquer une vague aura d' entreprise citoyenne. Certains ciblent leurs actions de façon un peu plus précise : découverte de nouveaux talents, aide aux jeunes formations, sensibilisation des jeunes à la musique... D'autres, enfin, adoptent une démarche très élaborée en utilisant le savoir-faire des banques d'affaires, c'est-à-dire apporter non seulement l'argent, mais aussi les compétences financières, les équipes, les réseaux ou en participant à des « aventures archéologiques » permettant de retrouver et de faire revivre de vieilles partitions enfouies ou ignorées depuis plusieurs siècles. Dans la plupart des cas, la stratégie implique de la transparence et du naturel. Le parrainage de jeunes artistes est la forme la plus fréquente du mécénat musical.

C'est bien. Mais comment éviter qu'une aide au lancement ne se transforme en assistanat permanent ?

En général, les engagements sont dune durée limitée n’excédant pas les cinq ans. Ensuite, si l'artiste ou la formation musicale ont acquis assez de notoriété pour voler de leurs propres ailes ou sont pris sous contrat par une maison de disques, la séparation se fait sans douleur. Sinon, l'entreprise les aide parfois à trouver un autre soutien. Une recherche difficile, car le mécène initial est souvent celui dont le public se souvient.

Bref, crise ou pas, le mariage entre l'entreprise et la musique est toujours dans sa lune de miel. Au point que certains chefs d’entreprise ont voulu un engagement encore plus étroit, en se lançant dans l'activité musicale non pas comme mécènes, mais comme entrepreneurs ; un bon moyen pour soigner son image sans perdre d’argent, tout en valorisant des « produits » de qualité, haut de gamme ou élitiste… souvent des coups de cœur. D’ailleurs, pourquoi y aurait-il dissonance entre l'amour de la musique et le sens des affaires ?

Par G. Moatti (source : L'expension)

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(Cadence Info - 04/2016)

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