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CHANSON


INTERVIEW EDDY MITCHELL : LE CHANTEUR INVITE UN 'BIG BAND' POUR HABILLER SES CHANSONS

Chanteur de charme qui a toujours poursuivi sa carrière avec une certaine classe, Eddy Mitchell nous revient avec un disque intitulé tout simplement Big Band. Celui qui fait rimer Nashville avec Belleville aime nous surprendre en nous proposant aujourd’hui des chansons anciennes et nouvelles qui swinguent, bien entendu !


UN BIG BAND POUR EDDY MITCHELL

Cinq ans après une tournée 2011 élue « Meilleur Spectacle de l'année » par les Victoires de la Musique et après "Les vieilles Canailles", coup d’éclat artistique réunissant autour d’Eddy deux autres pointures, les dénommés Jacques Dutronc et Johnny Hallyday, le chanteur revient une de fois de plus sur la scène parisienne, plus exactement au Palais des Sports pour une série de concerts exceptionnels qui auront lieu à partir du 15 mars 2016. Le chanteur sera accompagné d’un grand orchestre comprenant 21 musiciens ; une occasion unique d’écouter les standards de son répertoire que sont Couleur menthe à l'eau, Le Cimetière des éléphants ou Pas de Boogie Woogie, réarrangés à la sauce jazz swing par l'excellent saxophoniste Michel Gaucher.


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Consciemment ou inconsciemment le swing est dans le cœur de tout le monde, il conduit les gens vers la bonne humeur et la joie de vivre. Le big band de jazz est l’une des façons d’illustrer cela avec véhémence. Le disque Big band, qui a demandé en amont près d’une année de travail, est pour Eddy une façon d’illustrer son répertoire sous un angle différent. Par le passé, le chanteur nous avait déjà apporté une illustration de ce mariage sonore avec Serge Gainsbourg en interprétant Vieille Canaille.

S’acheminant tranquillement vers ses 74 ans, le crooner chanteur se définit par l’envie de continuer. Après avoir traversé sans encombre la période Yéyé avec les Chaussettes Noires dans les années 60, après avoir accumuler de nombreux succès dans la chanson mais aussi au cinéma, Eddy Mitchell s’est affirmé comme un artiste multitalent ; le genre de gars qui, grâce à sa gueule, à sa gouaille et à une plume bien affûtée, en impose.

Chez Eddy Mitchell, on se demande parfois si son penchant pour les States ne lui fait pas trop tourner la tête. Fort heureusement pour nous, c’est dans l’esthétique, la performance que se situe avant tout cet amour pour la musique et le cinéma américain. Ce rocker, pas tout à fait rocker, ce crooner qui chante avec délicatesse les « american songs » aime aussi, il est vrai, les grands espaces ; de ceux qui habillent les westerns de la grande époque, et qu’il a découvert quand il était enfant grâce à son père qui le conduisait aux cinémas des grands boulevards. Cette Amérique fantasmée, il la rejoint régulièrement pour y enregistrer ses disques ; question de son ou question de feeling. De toute façon les deux se rejoignent là-bas !

Hier c’était le country-rock de Nashville, avant-hier le rock'n'roll cher à Elvis et aujourd’hui Eddy vise le swing façon Count Basie. Il n’y a dans cette trajectoire aucun malaise, mais un cheminement finalement assez logique pour cette star aimable, non démunie d’humour, qui a toujours cultivé l’art dans ce qu’il a de plus généreux et de plus populaire.


INTERVIEW EDDY MITCHELL

Quels sont vos prémices en musique ?

Eddy Mitchell : C’est en écoutant Bill Haley que j’ai eu envie de devenir guitariste. J’ai acheté une guitare sèche et j’ai appris quelques accords, malheureusement je l’ai cassé et je suis devenu chanteur. C’était finalement plus simple !

Dans votre recueil autobiographie, P’tit Claude, vous évoquez les repas dominicaux où tout le monde poussait la chansonnette… Eddy Constantine à qui vous devez votre Eddy à vous.

Oui, c’est vrai. J’ai chanté Eddy Constantine car j’étais devenu chanteur d’orchestre très jeune. J’étais même devenu une attraction, car j’avais 15 ans et je chantais Ah ! les femmes. Cela amusait beaucoup les dames. […] Et quand ma mère me voyait chanter devant ma glace, cela la faisait beaucoup rire.

Mais votre rêve à vous est de devenir dessinateur de BD… Vous serez même publié dans des magazines qui ont aujourd’hui disparu comme "Risque-tout"… Musicalement votre idole à vous c’est Gene Vincent, et il va accompagner une grande partie de votre adolescence.

J’aimais sa voix qui était unique au monde, une voix d’ange dans un corps étrange. C’était l’un des premiers fous furieux à arriver sur scène en cuir, qui maquillait au crayon noir ses rides et ses yeux. C’était un punk avant l’heure, pourrait-on dire.

Après l’épisode des Chaussettes Noires, la carrière solo s’impose un peu d’elle-même. Vous enregistrez beaucoup de disques sans forcément rencontrer du succès…

Le premier disque que j’ai enregistré seul a eu un succès d’estime, mais le second a mieux marché.

EDDY MITCHELL - IL FAUT VIVRE VITE

Ensuite vous vous êtes envolé vers Nashville pour enregistrer Rocking in Nashville.

À Nashville, il y a eu une belle rencontre avec des musiciens extraordinaires comme Charlie McCoy. Je me souviens que l’on avait quinze jours ou trois semaines pour enregistrer un album, ce qui est tout à fait normal, mais l’album a été bouclé en une journée et demie, même pas. Et comme on ne savait plus quoi faire, j’écrivais de petits textes dans le studio.

En 1976 vous créez votre propre maison de production et c’est à ce moment-là que vous proposez Pas de Boogie Woogie

C’était un moment formidable. Par contre, il y a eu beaucoup de difficulté à le faire passer en radio, parce que, à l’époque de Radio Monte Carlo c’était très « cul béni ». Donc, interdit d’antenne. Il y avait Coluche qui avait fait seulement une journée sur RMC !

Dans les années 80 on vous voit au cinéma, dans le formidable Coup de torchon de Bertrand Tavernier avec Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle et Isabelle Huppert, puis il y aura Attention une femme peut en cacher une autre de Georges Lautner et À mort l’arbitre de Jean-Pierre Mocky. Vous qui aimez tant le cinéma, vous retirez quoi de cette expérience-là ?

On ne peut pas être plus gâté avec de tels partenaires. On ne peut qu’essayer d’être à la hauteur… Et en plus ils sont adorables et ils vous aident. Dans Une femme peut en cacher une autre, j’avais ce metteur en scène merveilleux qu’était Georges Lautner. Miou Miou pareil, formidable. À mort l’arbitre, avec Mocky, c’est un peu différent (rires).

En tout cas, grâce à vous, un large public a découvert une bonne partie du cinéma Hollywoodien des années cinquante avec l’émission "La dernière séance", une émission du service public que vous présentez à partir de 1982. Cette émission sentait l’amour et le plaisir…

C’était ça. Vous savez, c’est une émission qui a duré très longtemps. Nous étions trois producteurs. Il y avait Gérard Jourd’hui, Patrick Brion et moi. Au niveau programmation, chacun choisissait à son tour. Donc, personne ne se mangeait le nez.

Quand on écoute tous les succès qui ont égrené votre carrière, on se demande si vous êtes un peu fier de vous, de temps en temps ?

Aujourd’hui, oui. A la réflexion, il y a quand même des chansons qui tiennent la route !


LES TITRES DE L'ALBUM BIG BAND

EDDY MITCHELL BIG BAND
  • 1 - Il faut vivre vite
  • 2 - Tu ressembles à hier
  • 3 - Un cocktail explosif
  • 4 - Quelque chose a changé
  • 5 - Combien je vous dois ?
  • 6 - Un rêve américain
  • 7 - Si j'étais vous
  • 8 - Je n'ai pas d'amis
  • 9 - Avec des mots d'amour
  • 10 - Journaliste et critique
  • 11 - Promets-moi la lune
  • 12 - Pleure

Les chansons Il faut vivre vite et Quelque chose a changé évoquent respectivement Frank Sinatra et Martin Luther King.

(Cadence Info - 01/2016)

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