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ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


LES PIONNIERS DU ROCK’N’ROLL, L'HISTOIRE D'UNE RÉVOLUTION MUSICALE

Musique de sauvages, le rock’n’roll ? Pas si sûr ! Certes, ses débuts ne passèrent pas inaperçus. La société américaine très puritaine des années 50 se prêtait mal au monde indomptable du rock’n’roll. Pourtant, cette musique va sonner comme une libération. Toute une jeunesse va danser, bouger, crier, aux sons et aux rythmes des chansons d’Elvis Presley ou de Chuck Berry. Rien ne va arrêter cette vague sonore déferlante.


LE ROCK’N'ROLL, PHENOMENE SOCIAL

De la mode vestimentaire jusqu’aux provocations, le rock’n’roll était bien plus qu’une musique… Son apparition allait progressivement bousculer bien des habitudes, si ce n’est des attitudes : hostilité envers les forces de l’ordre, conflits familiaux…

Plutôt que de définir les sources du rock’n’roll à travers une date précise ou en citant un artiste élu ‘roi du rock’n’roll’, il serait plus sage d’aborder cette musique avec une certaine réserve, d’autant plus que l’époque est propice aux soubresauts de toutes espèces, politiques, économiques et sociaux.

Dans les années 50, la société américaine est toujours divisée. Les Noirs ne se mélangent pas avec les Blancs, du moins pas officiellement. La société américaine a érigé depuis ses origines une hiérarchie de couleur de peau. Cela ne l’empêche pas de s’autoproclamer ‘démocratie’, même si la peur de l’autre, l’éducation ou la justice entraînent toutes sortes de comportements racistes, du plus banal jusqu’au plus condamnable.


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Dans cette période trouble où surgissent émeutes et rafles, la musique rock’n’roll a été un axe déterminant dans le rapprochement entre les Blancs et les Noirs. Elle a marqué les débuts d’un dialogue, d’un rapprochement tant espéré par ceux, minoritaires, qui prônaient une égalité entre les races. La musique possède cette force là, à condition bien sûr que des hommes de bonne volonté le veuillent vraiment. Ainsi, grâce à la détermination des teenagers blancs qui commencent à écouter de plus en plus de musique issue des noirs, la musique rock’n’roll va servir de filiation, mais également d’exutoire à une jeunesse en quête de rupture avec l’ordre établi.

Le rock’n'roll sera certes, à bien des égards, une musique controversée et critiquée, mais également une musique qui suscitera des bouleversements sociaux considérables. En l’espace de quelques années, le cinéma, la littérature, mais également la sociologie et le milieu politique vont utiliser et exploiter directement ou indirectement, à tort ou à raison, l’image véhiculée par le rock’n’roll. Jusqu’alors, aucune musique n’avait provoqué une onde de choc aussi puissante, remettant en cause certaines valeurs dans la société américaine. Un virage était pris, mais un virage difficile (voir Rock and Roll et Ségrégation).


LE ROCK’N’ROLL ET SES INFLUENCES

Pour des artistes blancs, tels Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Gene Vincent ou Eddy Cochran, l’influence est toute trouvée : c’est le blues et le rhythm’n’blues. En un mot : la musique noire des années 30 et 40. C’est à travers elle que l’on perçoit les traces d’un futur rock’n’roll naissant. Du blues, il conserve généralement les harmonies et sa construction en 12 mesures, la différence se situant pour l’essentiel, dans le tempo, la sonorité et dans le rythme, qui sont nettement plus marqués.

Dans la musique rock’n’roll, deux instruments de musique se détachent : la guitare électrique et le piano. Les pionniers du rock’n’roll s’accorderont au moins sur ce point-là ! Il y aura les adeptes de la guitare : Elvis Presley, Chuck Berry, Bo Diddley, Bill Haley, Eddie Cochran, Buddy Holly… et ceux préférant les touches noires et blanches : Jerry Lee Lewis, Fats Domino ou Little Richard.

Les historiens ne s’accordent généralement pas sur le premier enregistrement du rock’n’roll. Pour certains, il s’agit de That’s All Right par Elvis Presley (1954), alors que pour d’autres il faut remonter en 1951, avec l’enregistrement de Rocket 88 par Jackie Brenston & The Delta Cats (alias les Kings Of Rhythm). Mais le pas est-il franchi ? Est-ce déjà du rock’n’roll ou encore du rhythm’n’blues mis à la sauce électrique ? Si l’on écoute The Fat Man, de Fats Domino (1950), la construction musicale préfigure déjà les futurs succès de l’artiste, dont les contours rock’n'roll n’échapperont à personne.

Certains blues des années 40 annonçaient déjà une forme de rock’n’roll sans en avoir sa couleur sonore. Citons à ce titre Big Joe Turner et certains de ses blues comme Shake, Rattle And Roll. N’oublions pas également le blues et ses ‘mixages’ : le country blues, le honky tonk, le doo wop ou le skiffle de Grande-Bretagne… Et les fameuses basses de boogie-woogie qui seront adaptées par les contrebassistes de rock, que doit-on en penser ?… La frontière entre blues, boogie-woogie et rock’n’roll étant perméable, il est donc difficile de situer avec précision une date. La radio aura également une grande importance dans la propagation du rock’n’roll. Les DJ construiront la légende. D’ailleurs, le terme “rock’n’roll” proviendrait d’un show de radio animé par Alan Freed en 1951.


LES PIONNIERS DU ROCK’N’ROLL

Qu’ils se soient appelés Elvis Presley, Fats Domino, Eddie Cochran ou Little Richard, tous les artistes de rock’n’roll possédaient de nombreux atouts. Malheureusement, un grand nombre n’ont pas toujours su les exploiter convenablement. Leur carrière, parfois écourté par le mauvais sort ou mal adapté à l’évolution musicale, n’était pas exempte de tout reproche…

En 1954, Bill Haley & His Comets est le premier groupe d’artistes blancs a imposer un titre vraiment rock’n’roll : Rock Around The Clock. Le succès est énorme, d’autant plus que la chanson apparaît dans la BO du film Graine de violence (1955). Bill Haley enregistrera un autre hit, Shake, Rattle and Roll, avant de commettre l’irréparable en plongeant dans le twist au début des années 60. De toute façon, Bill Haley ne pouvait pas être le ‘personnage clé’ du rock’n’roll. Sa tenue vestimentaire et son allure générale ne pouvaient convaincre une jeunesse en quête de liberté, une jeunesse qui attendait autre chose, de plus puissant et de plus convaincant…

Il va de soi que l’image d’un garçon sage, bien habillé sur scène, n’aurait pu déclencher une totale adhésion. Il fallait du mouvement, du déhanchement et un zeste de provocation. Elvis Presley sera tout cela à la fois. Il inventera et incarnera l’érotisme scénique. Si son jeu de scène semble aujourd’hui bien sage, il sera pourtant le premier à provoquer des hysteries collectives, bien avant l’arrivée de la ‘Beatlemania’. C’est grâce en partie à son jeu de scène suggestif que le chanteur fera tomber certaines barrières, certains préjugés d’une Amérique encore trop puritaine. Rappelons pour mémoire quelques-uns de ses grands succès : Blue Suede Shoes, I Got A Woman, Blue Moon, Jailhouse Rock, Tutti Frutti, That’s All Right, King Creole, Return To Sender.

1960. A l’âge de 21 ans disparaît une figure légendaire du rock’n’roll, Eddie Cochran. La future idole des Stray Cats devient une star du jour au lendemain en jouant dans le film The Girl Can’t Help It (La Blonde et moi, avec Jayne Mansfield - 1956). Tout comme James Dean, sa courte existence épousera le destin tragique d’un banal accident de voiture. Twenty Flight Rock sera son premier grand succès. Plus rock’n’roll qu’Elvis avec sa banane blonde et son jeu de guitare décapant, il confirmera son talent à travers les chansons Summertime Blues (1958) et Somethin’ Else (1959).

Autre artiste à disparaître prématurément, Buddy Holly. Il trouvera la mort dans un accident d’avion dans lequel se trouvait l’auteur de La Bamba, Ritchie Valens. De son temps, Buddy Holly était un chanteur célèbre qui vendait presque autant de disques qu’Elvis. Son look, pas vraiment rock’n’roll avec ses lunettes imposantes, ne l’empêcha pas d’avoir une carrière jalonnée de nombreux succès : Peggy Sue, That’ll Be The Day, Rave On, Well… All Right. Son titre Not Fade Away sera repris par les Rolling Stones. Musicien d’influence, il inspirera également John Lennon.

Les artistes de rock’n’roll n’étaient pas tous des compositeurs. Si Buddy Holly mettait un point d’honneur à composer et à arranger ses chansons, Elvis Presley puisera dans les chansons rhythm’n’blues qu’il adaptera à sa convenance. D’autre part, côté finance, de nombreux agents et producteurs sans scrupules exploitaient les artistes à travers des contrats souvent fantaisistes. Vivre du rock’n’roll ne signifiait pas seulement chanter ‘les jours heureux’ avec une certaine insouciance, mais également vivre des réveils difficiles, la tête pleine de désillusions.

Gene Vincent vivra ce genre d’aventure en disparaissant à l’âge de 36 ans, complètement fauché. Pourtant, son Be-Bop-A-Lula qu’il interprète avec les Blue Caps dans le film The Girl Can’t Help It  fera le tour de la terre. L’argent plein les poches, les producteurs ne feront pas grise mine quand Gene Vincent continuera d’alimenter leur tiroir-caisse avec ses autres succès : Lotta Lovin’, Dance To The Bop, Say Mama.

Côté pianiste, trois artistes sont à retenir : Jerry Lee Lewis, Fats Domino et Little Richard. Le plus célèbre des trois est Jerry Lee Lewis avec ses coups de pied terribles sur le piano et son incontrôlable furie scénique. Côté vie privée, c’est guère mieux. Contentons-nous d’évoquer quelques tubes incontournables de l’artiste : Great Balls Of Fire, High School et Whole Lotta Shakin’ Goin’ On. Little Richard est une autre incarnation du piano rock. Créateur du cri de guerre ‘rock’n’roll’ et véritable artiste aux mœurs sexuelles schizophréniques, Little Richard est un prêcheur qui voue son âme au Bien et au Mal. Le rock’n’roll serait-elle une musique du Diable ?… Little Richard apparaissait sur scène maquillé, pomponné, gesticulant avec une frénésie sans retenue. Tutti Frutti demeure son plus grand tube (1956), mais l’artiste composera d’autres hits célèbres : Long Tall Sally (1956), Lucille (1957) Good Golly, Miss Molly (1958).

Des trois pianistes, Fats Domino est le plus sage. Il a démarré sa carrière en 1949. Surnommé ‘The Fat Man’ à cause de ses rondeurs physiques, Fats est un pianiste qui swingue, façon vieille école, mais qui conserve un jeu diablement efficace. Il imposera un style avec un rythme bien particulier que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans ses titres.  Ain’t That A Shame, Blueberry Hill et I’m Walkin’ sont 3 succès qui synthétisent parfaitement son univers sonore.

Le roi de la guitare rock’n’roll, c’est Chuck Berry. Véritable puriste du genre, sa carrière est jalonnée de nombreux succès : Johnny B. Goode, le titre le plus célèbre du guitariste, Carol, Memphis Tennessee, Roll Over Beethoven, Maybellene et Sweet Little Sixteen. Sa vie tumultueuse ne le mettra pas à l’abri de quelques séjours en prison pour vol ou pour détournement de mineures. Reste sa musique, qui représente de façon authentique toute la magie du rock’n’roll avec des textes simples et des riffs de guitare souvent imités, mais jamais égalés.

La plupart des artistes ne resteront pas des puristes du rock’n’roll durant toute leur carrière. Cela, on ne peut le leur reprocher. Quand le vent tourne, il faut savoir le saisir au vol ! Le public oubliera les débuts de Johnny Cash pour se souvenir essentiellement de ses incursions dans la musique country, voire de variété. Idem pour Roy Orbison et ses chansons mélancoliques, parfois pop, parfois country. Sa musique est à l’image des drames qu’il a vécus dans sa vie (il perdra sa femme et deux de ses enfants). Le cinéma honorera sa musique en retenant la chanson Oh, Pretty Woman, pour la comédie Pretty Woman (1990), avec Julia Roberts et Richard Gere.

Par Elian Jougla - 12/2011


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nom : Herizi
message : je ne pense pas que Presley soit le digne représentent du rock'n'roll pour les puristes comme moi. Il y a eu de meilleures chanteurs auteurs compositeurs que lui. Il n'y a pas photos ! (posté le17/03/2016)

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