MUSIQUE & SOCIÉTÉ.


LE DESTIN DRAMATIQUE DE CLAUDE FRANÇOIS, MICHEL BERGER ET BALAVOINE

Claude François, Michel Berger et Daniel Balavoine ont en commun d'avoir eu leur carrière brisée alors que tout leur souriait. Les raisons de leur disparition sont relatées dans cette page. Celle-ci faisant suite à : LES FINS TRAGIQUES DE JANIS JOPLIN, HENDRIX, MORRISON ET LENNON.


CLAUDE FRANCOIS OU LA VIE À 200 À L’HEURE

Au 46 Boulevard Exelmans, c’est à cette adresse que Claude François, l’idole des jeunes, est mort, bêtement foudroyé dans sa baignoire le 11 mars 1978. L’homme de spectacle, mais aussi l’homme d’affaire, vivait sa vie à 200 à l’heure. Une journée épuisante parmi d'autres aura raison de ce moment d’inattention qui provoquera le drame.


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Claude François quitte l’Egypte à 16 ans pour la France. A Nice, il apprend le piano, le violon et la batterie. Il trouve un premier emploi de batteur dans un quartet de jazz à Monaco. Sur les conseils de Brigitte Bardot et Sacha Distel qui viennent l’écouter, il décide de monter à Paris. Devenu « Cloclo », il impose son premier titre : « Belles, belles, belles » en octobre 1962. Quatre ans plus tard, c’est le premier Olympia avec la présence pour la première fois de quatre danseuses, « Les Claudettes ». Celles-ci vont être étroitement associer à tous ses concerts jusqu’à la fin de sa carrière.

Impétueux, dynamique, souple comme le danseur qu’il était, et d’une grande aisance sur scène, Claude François avait de nombreux atouts. En 1967, il sort ce qui va devenir un tube international : « Comme d’habitude » (My Way), et crée sa maison de disques ‘Flèche’, une maison d’édition musicale et un magazine de charme ‘Absolu’, qui sera suivi quelques années plus tard par la reprise de ‘Podium’ destiné aux ados.

Avec plus de 400 titres enregistrés, plus de 60 millions d’albums, l’artiste était un ogre, un homme d’affaire redoutable qui le restera jusqu’au jour fatidique de son électrocution. La ferveur posthume de ce chanteur ne s’est jamais démentie, puisque des années après ses "magnolias", ses chansons résonnent encore dans de nombreuses discothèques.

EN SAVOIR + : PORTRAIT DE CLAUDE FRANÇOIS


MICHEL BERGER, LE « SONGWRITER » FRANÇAIS

La chaleur du mois d’août 1992 a eu raison de lui. À Ramatuelle, Michel Berger passe ses vacances dans sa maison. Après une partie de tennis, il meurt d’une crise cardiaque à 44 ans.

Tout comme son père, le cœur de Michel Berger était fragile. Il le savait, mais sa soif de vivre et tout l’amour de sa femme et de ses enfants n’ont pu éviter le drame. Avec France Gall, ils avaient trouvé une sorte d’équilibre dans leur carrière artistique en alternant tour à tour leurs tournées.

Si Michel Berger est l’auteur d’un grand nombre de tubes, le chanteur n'évitera pas des débuts de carrière laborieux. Dans les années 60, l'auteur-compositreur publiera plusieurs 45 tours dans l’anonymat le plus complet. Alors qu'il avait une passion pour la musique pop anglaise et américaine jusqu'à connaître presque tous leurs codes, le timbre de sa voix ne convenait pas à l'exercice. C'est en écrivant des chansons pour d’autres artistes, notamment Françoise Hardy et France Gall (qu’il épouse en 1976), que MIchel Berger trouve enfin la possibilité de démontrer tout son talent. Dès lors, l'auteur-compositeur impose son nom et diversifie ses activités en créant sa maison de disques ‘Apache’ et en devenant producteur (Johnny Hallyday : album « Rock’n’roll attitude » - 1985)

Pendant longtemps Michel Berger restera un auteur-compositeur et producteur dans l’ombre de son épouse. Il se contentera de ce sort, car pour lui ce sera une façon d’exprimer ses idées en toute liberté. La consécration de son art viendra en 1980 avec l’opéra-rock « Starmania » dont il assurera la musique (les textes étant signés Luc Plamondon). La même année, il alignera quelques succès en tant qu’interprète : « Quelques mots d’amour », « Celui qui chante », « La groupie du pianiste », et bien sûr pour France Gall « Il jouait du piano debout ».

L’artiste travaille comme un acharné et ça paye : les succès pleuvent ! Mais le revers de la médaille est lourd à porter, car c'est cette addiction au travail qui la conduit assurément à la mort. Comme d’autres artistes français, il formulait le même rêve, celui de conquérir les States, de s’offrir une ouverture et une reconnaissance de la part d’un pays qui l’avait musicalement inspiré.

Aujourd'hui, plus de 25 ans après sa disparition, il reste à l’égal de Jean-Jacques Goldman. Ses chansons sont toujours diffusées sur les ondes et reprises par la jeune génération. Désormais, ses mélodies appartiennent au patrimoine de la chanson française.


DANIEL BALAVOINE, L’HOMME AU GRAND CŒUR

Le 14 janvier 1986, les radios diffusent un message : «Le chanteur Daniel Balavoine est mort dans un accident d’hélicoptère en marge du Paris Dakar. » Il avait 33 ans. Le public, mais aussi tous les professionnels du show-biz sont consternés. L’homme au grand cœur était un être sensible face à ces grands espaces africains comme à ses habitants qui vivaient là, dans la plus grande pauvreté. Pour sa part, la cause humanitaire était entendue et devait intervenir sans attendre. Le manque d’eau se faisant cruellement ressentir, Daniel Balavoine décide alors de faire jouer sa célébrité pour la bonne cause...

À cette époque, le chanteur est un artiste francophone parmi les plus populaires, aussi bien pour ses chansons que pour ses engagements politiques et humanitaires.

Des années plus tôt, déçu par l’après ‘Mai 68’, Balavoine se lance dans la musique, mais son premier disque fait un flop. Il lui faudra attendre la comédie musicale « Starmania » en 1978, pour que l'horizon s'éclaircisse enfin. De cet opéra-rock sort « Quand on arrive en ville » son premier grand succès, tandis qu’au même moment le public découvre son 3e opus, « Le chanteur » (1978) qui fera un carton avec 800 000 albums vendus. Daniel Balavoine passe alors du statut de parfait inconnu à celui de ‘Star des années 80’.

En 1980 justement, il sort « Un autre monde », avec des titres forts comme « Mon fils, ma bataille », « Je ne suis pas un héros » ou encore « La vie ne m’apprend rien ».

Compatissant, mais aussi fort en gueule, le chanteur s’engage jusqu’à accuser les pouvoirs publics d’ignorer les problèmes de la jeunesse. Balavoine ne chante pas que l’amour sous les présidences Giscard et Mitterrand.

Pour Balavoine, la carrière s’installe et les albums s’enchaînent avec leurs messages explicitent : « Vendeur de larmes » (1982), « Loin des yeux de l’occident » (1983) jusqu’à l’ultime « Sauver l’amour » (1985). À ceci s’ajoute de nombreux concerts pour la défense de multiples causes, comme celle de l’Afrique.

Balavoine, à l'instar de Coluche avec « Les restos du cœur » ou de France Gall et de Bono, appartient à ces artistes qui ont en commun d’utiliser leur notoriété pour devenir les ambassadeurs de la bonne cause, en remplacement du grand vide laissé par les hommes politiques.

L’année de sa disparition, l’artiste est au sommet, bien décidé à conquérir le marché anglo-saxon en montant un groupe. Hélas pour lui, tous ses projets vont partir en fumée. En héritage, l’artiste nous a légué sa centaine de chansons auréolées de messages qui, encore plus qu’hier, ont revêtu un sens encore plus profond, plus vrai et authentique.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 07/2018)


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