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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


LA MUSIQUE DES ÉTATS-UNIS AU CŒUR DE L’HISTOIRE

Les États-Unis sont très vastes et ses ressources musicales diverses et riches d’enseignement. Devenus une terre d’asile surtout entre les deux guerres du 20e siècle, les États-Unis ne cesseront de développer des passerelles entre les musiques traditionnelles, classiques et contemporaines.


LES COMPOSITEURS EXILÉS DE LA VIEILLE EUROPE

L’immensité des territoires, la richesse et l’espoir d’une vie meilleure poussent de nombreux Européens à traverser l’océan Atlantique. Des compositeurs, attirés également par cette terre d'asile prometteuse, suivent le mouvement.

Avant 1800, la musique américaine est majoritairement exécutée dans les lieux de culte, mais après cette date, la croissance rapide de la population favorise l’apparition d’une classe moyenne pour laquelle des compositeurs vont écrire.


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De la confrontation avec les Noirs va naître des « chants nègres » interprétés par des Blancs. Allant jusqu’à parodier la façon de les exprimer, ces chants détournés deviennent à la mode. Il faudra attendre les dernières années du 19e siècle pour que cette « prise de pouvoir » entraîne, en réaction, la naissance de « formations officielles » composées de musiciens noirs. Deux tendances vont alors avancer en parallèle : le jazz et la « musique savante », directement venue d’Europe.

Times Square (New York années 20)

Dans les premières années du 20e siècle, le compositeur tchèque Antón Dvorák et le Français Edgar Varese rejoignent New York. Dans la grande ville où déjà chaque gratte-ciel fait de l’ombre à son voisin, Varese composera en 1923, Hyperprism, une de ses œuvres majeures. Cependant, la plupart des compositeurs émigrants – venus pour la plupart d’Europe centrale et de Russie – iront aux États-Unis pour fuir les persécutions dont ils sont victimes.

Gustav Malher est l’un des premiers. Dans son pays, le compositeur autrichien fait l’objet d’attaques antisémites. Ayant perdu son poste de directeur de l’Opéra de Vienne, il accepte le poste de directeur du Metropolitan de New York où il restera de 1907 jusqu’à sa mort en 1911. Puis, quand éclate la révolution d’Octobre en 1917, le Russe Sergeï Prokofiev décide à son tour d’émigrer aux États-Unis. Il y crée L’amour des trois oranges en 1921 mais, nostalgique de sa patrie, le compositeur finira par retourner en URSS en 1932.

De son côté, le compositeur pédagogue et théoricien de réputation mondiale Arnold Schönberg est contraint de fuir l’Allemagne après l'accession d'Adolf Hitler au pouvoir. Considéré par le régime nazi comme un « dégénéré », il arrive aux États-Unis en 1933 où il reprend ses activités d’enseignant auprès de différentes universités.

Séparé de sa terre natale par la première guerre mondiale, le compositeur russe Igor Stravinsky recherche désespérément le folklore de sa patrie en France où il réside depuis la fin de la première guerre mondiale. Ses origines juives le contraint, lui et toute sa famille, de quitter la France pour émigrer aux États-Unis en 1939 où il résidera jusqu’à sa mort en 1971. De même, lorsque Béla Bartók comprend que le mouvement nazi tisse sa toile au-dessus de l’Europe, le compositeur, après avoir protesté et s'être révolté plutôt que d'avoir à se soumettre, choisira de quitter la Hongrie en 1940 pour les États-Unis où il finira également sa vie.


LA CONFRONTATION AVEC LA MUSIQUE DES ÉTATS-UNIS

Les musiciens qui se sont exilés au cours du 20e siècle sur le continent américain ont trouvé certes une terre d’accueil mais aussi une terre où existait déjà une musique authentique. Des compositeurs célèbres tels Charles Ives (1874 – 1954), Aaron Copland (1900 – 1990), Ferde Grofé (1892 - 1972) et George Gershwin (1898 – 1937) représentent la nouvelle école de la musique américaine, surtout Gershwin qui est certainement l’exemple le plus frappant. Le musicien est autodidacte, mais son style éclectique s’accorde parfaitement aux spectacles américains, notamment la comédie musicale.

On retrouve chez Gershwin des élans wagnériens, des cabrioles d’opérettes, même si le grand public retient de lui son talent de mélodistes qu’il illustre à travers ses nombreuses chansons influencées par le jazz. Ce cocktail plaît énormément dans ce pays troublé par la crise économique de 1929 et les inquiétudes d'une probable Seconde Guerre mondiale. Si son Concerto en fa pour piano et sa Rhapsody in blue en 1924 lui valent la considération des critiques, on doit surtout à ce compositeur d’avoir su intégrer des éléments jazz dans la « musique savante », à une époque où la ségrégation n’était pas un vain mot !


FERDE GROFÉ  GRAND CANYON (suite)
Auteur de l'orchestration de la Rhapsody in Blue de Gershwin, Ferde Grofé a composé cette suite symphonique baptisée Grand Canyon (1931), une œuvre qui servira notamment à illustrer un documentaire animalier de Walt Disney.


Dès les années 20, on pouvait constater ce qui existe encore de nos jours vis-à-vis des États-Unis, à savoir la recherche d’une identité culturelle puissante. Et s’il y a bien eu une confrontation entre les styles et les cultures des exilés de la vieille Europe et des musiciens américains, il n’y a pas eu ni interaction ni influence, tout juste quelques détails d’orchestration ou d’utilisation d’instruments issus du folklore. Par contre, les compositeurs exilés, attirés par ce nouveau monde en pleine recherche d’expansion économique, écriront certaines de leurs œuvres à la gloire de l’Amérique. C’est le cas, entre autres, d’Antón Dvorák et de sa 9e Symphonie dite Du Nouveau Monde.

Par Patrick Martial (Cadence Info - 05/2019)
(ext. source : La musique - Repères pratiques - Éd. Nathan)


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