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CHANSON


DOMINIQUE A - PORTRAIT

"Artiste masculin de l’année 2013" aux Victoires de la musique, Dominique A a dû attendre longtemps pour que la profession reconnaisse son talent. Pourtant, depuis plus de vingt ans, l’interprète a toujours été prompt pour partir au combat. Dominique A est pour certains un modèle éthique qui n’a jamais pu atteindre un large public. C’est peut-être tout simplement la « foi artistique » qui a conduit ainsi ses pas. Vingt ans plus tard, le style a pourtant évolué. Finie l’étiquette minimaliste qu’on lui a collée sur le dos à ses débuts. Aujourd’hui, les chansons sont devenues sophistiquées et les arrangements flamboyants. Aurait-il tourné la page pour tracer un avenir moins sombre, moins atmosphérique ? La voix est devenue charnelle, sensuelle. Sans jamais s’être renié, l’éternel inconnu est à présent un artiste consacré qui écrit aussi pour les autres : Calogero, Julien Doré ou Etienne Daho. Cette année, il vient de publier son dixième album Eléor, en référence à Elleore, un île dans le fjord de Roskildeau au Danemark…


CONSTRUIRE UNE CARRIERE

Dominique A est imprégné dès l’enfance par Jean Ferrat, Brel et Ferré. Il bascule dans un univers de chansons à texte qui lui inspire des univers ou l’amour et le drame se côtoient ; des sujets inépuisables qui auront sur l’auteur-compositeur une forte influence dans l’écriture de ses chansons. Si ses débuts riment avec un rock alternatif tourmentée et quelques disques qui le situent d’emblée dans une sorte d’underground de la chanson française, tout commence vraiment pour lui en 1995 avec une chanson aux allures de mambo, Le Twenty-Two Bar, issue de son 3e album, La mémoire neuve.


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Grâce à des artistes comme Jean-Louis Murat ou Gérard Manset, il comprend que la roucoulade n’appartient pas forcément au passé et que, face au micro, il est possible d’inventer autre chose ; quelque chose qui ne soit pas rattaché exclusivement seulement au jeu physique. C’est la découverte de l’album L’imprudence d’Alain Bashung en 2002 qui remet en cause sa façon d’explorer la chanson et de la travailler. L’album Tout sera comme avant (2004) est certainement le disque le plus expérimental du chanteur. Puis ce sera La musique (2009) où le climat musical sera cadenassé par des sonorités électroniques.


DOMINIQUE A - AU REVOIR MON AMOUR (live 2015)


La somme de tous ces efforts sera récompensée en 2010 par le prix In Honorem Interprètes de l’Académie Charles-Cros pour l’ensemble de son œuvre. Changeant une nouvelle fois de direction, son avant-dernier album intitulé Vers les lueurs (2012) jouera l’alternance, en lorgnant à nouveau vers des sonorités plus "heavy" ; le travail de l’artiste solitaire s’entourant pour l’occasion d’une formation classique de rock et d’un quintet à vent… jusqu’au dernier opus Eleor (2015) ; un album aux allures romantiques qui comprend en plus d’un CD doublé d’un pressage vinyle, un second disque baptisé Autour d’Eleor contenant 12 titres et constituant des variations poétiques du disque principal.


LE RAPPORT A LA SCENE

Pour Dominique A, le plus important est de construire une carrière la plus longue possible, de susciter l’intérêt auprès du public, de ne pas être au firmament parce qu’on vend des centaines de milliers d’albums pour finalement disparaître des radars deux ans plus tard. Certes, l’idée que ses chansons aillent vers plein de gens ne lui déplait pas, oui, mais toujours en conservant les mêmes exigences. Dominique A n’est pas un être misanthrope. Et même si parfois le business vous oblige quelque part à vous vendre, le chanteur reconnaît qu’à ses débuts il n’était pas le meilleur ambassadeur de ses chansons : « J’aimerais que les gens écoutent mes chansons indépendamment de moi », dira-t-il lors de la promotion du disque La musique (2009).

Sur scène, face au public, il comprend que le tour de chant ne consiste pas à enchaîner des chansons à la queue leu leu sans autre communication. De fait, il comprend également qu’il doit instaurer un dialogue, des intermèdes ; qu’il doit aussi changer sa façon d’être en essayant de dédramatiser. Dominique A : « S'il y a plus de bonheur que de douleur à jouer sur scène, il peut y avoir des moments où... comment dire... on ne se sent pas à la hauteur de ses chansons. On a plus de respect pour elles que pour soi. Il suffit d'un imprévu, d'un couac, pour qu'on ait l'impression qu'un concert entier part en vrille. On a le sentiment de louper un examen et de devoir continuer malgré tout… Quand je suis sur scène, j'ai l'impression de reprendre les chansons d'un autre. Je n'ai pas de réflexe de propriétaire, et de plus en plus j'essaie d'être un bon interprète plutôt qu'un bon chanteur. » (1)

Défenseur de la langue française depuis toujours, le chanteur regrette la ringardisation actuelle de sa langue maternelle tout comme la déterritorialitée de la « french touch » qui n’est qu’un écho sonore à l’étranger. Ce qui manque à ma génération, dit-il, c’est une popularité, un manque d’ambition.

Par PATRICK MARTIAL (Cadence Info - 04/2015)

1 - Télérama (11/2009)

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