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LE MARCHÉ DU DISQUE VINYLE N’A PAS PERDU LA MAIN

Chaque année au mois d’avril se tient dans toute la France la manifestation ‘Disquaire Day’. Une réussite si l'on tient compte des magasins indépendants toujours plus nombreux qui organisent la grande fête du disque vinyle – 220 cette année à travers tout l’hexagone. Pour le jeune public c'est une occasion rêvée pour découvrir une autre façon d’écouter de la musique, d’être à son contact, mais aussi de la partager à plusieurs.


LE DISQUE VINYLE, UN MARCHÉ QUI A DU ‘PEPS’

Qui aurait cru que cet ancien support passé de mode dès l’apparition du CD dans les années 80, allait refaire surface 30 ans après ? Un chiffre résume ce marché en plein essor : quatre millions de vinyles écoulés en 2018, soit cinq fois plus qu’en 2013 !


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Telle une ‘lame de fond’, le marché du vinyle a explosé. Le retour de cet objet que l’on manipule avec précaution, qui tourne à un rythme cadencé sur la platine, qui craque parfois, sans oublier son incontournable pochette belle ou insolite, c’est ça le vinyle ! Ce qui socialement pouvait être considéré au départ comme un effet de mode s’est progressivement transformé en une vraie passion. Le collectionneur, même amateur, comprend vite qu'un disque vinyle ne s’écoute pas de la même façon qu’un CD ou un MP3. C’est pour lui un objet de collection, beau et unique.

Le vinyle n’a certes pas la prétention de renverser le marché du numérique, mais il peut occuper une place légitime comme tous les objets qui possède une histoire, un passé. Cette passion pour le disque noir dont nous avions déjà souligné le retour en 2013 permet pour certaines personnes de renouer avec des souvenirs de jeunesse, et pour d’autres d’aller à la découverte d’un objet où contenu et contenant ont autant d'importance.

Aujourd'hui, de nombreux artistes proposent deux versions d'un même album : CD et vinyle. Le CD généralement réservé à une écoute évasive se transforme en une sorte de recueillement quand on sort le vinyle de sa pochette et que sa sonorité diablesse surgit des enceintes. Toutefois, peut-être que la vrai raison de l'achat compulsionnel qui pousse à acheter les deux versions se trouve ailleurs. Parfois, le vinyle et le CD proposent des contenus différents. Il peut s’agir d’un titre ignoré par l’une des versions ou d’un « mix » volontairement étudié pour doper le marché du vinyle. Autant de raisons qui font mouche auprès du collectionneur addictif.


LE PRIX DU VINYLE

Question chiffre, l’année 2018 a généré 48 millions d’euros de chiffre d’affaires en France, plus que Youtube qui représentait pourtant plus de la moitié des écoutes. De quoi relativiser sur l’importance économique accordée à la célèbre plateforme ! Les spécialistes estiment qu’un rapport de force pourrait bien s’installer dans les mois et les années à venir en faisant pencher les ventes vers le « disque noir », ceci grâce à la directive européenne sur les droits d’auteurs récemment votée à Bruxelles. Si l’histoire n’est pas nouvelle, les plateformes comme Dailymotion ou Youtube sont désormais placées en face de leurs responsabilités. La totalité de leurs contenus devront désormais obtenir l’autorisation des ayants droits pour y être diffusés.

Cette manœuvre tardive devrait relancer les ventes des supports traditionnels. Pour le moment, le disque vinyle est un marché qui n’attire pas les spéculateurs. Il se contente des amateurs, des collectionneurs pour exister. Toutefois, ne dit-on pas que ce qui a de la valeur n’a pas de prix ? Le marché du vinyle serait-il capable d’y échapper ?

Les « disques noirs » produit actuellement évitent encore l’inflation des prix ; tout l’inverse de la rareté quand celle-ci s’installe. Les prix flambent alors, à l’exemple de ce richissime collectionneur qui déboursa 10 000 € pour acquérir un rare exemplaire de Syd Barrett, le futur artisan du début de l’existence des Pink Floyd.

Même Brassens n’y échappe pas ! Il faut se souvenir que dès les années 60, les maisons de disques prenaient pour habitude de conserver des bandes magnétiques dans leurs tiroirs pour la simple raison qu’elles estimaient leur valeur artistique insuffisante pour être éditer. Or il arrivait, pour des raisons diverses, promotion radio ou autres, qu’un enregistrement fasse l’objet d’un pressage à tirage limité. Avec le temps, les exemplaires disparaissaient ou étaient oubliés jusqu’à ce qu’un ou deux glissés dans une pochette anonyme parviennent comme par magie chez un disquaire. On imagine dès lors l’effet produit sur le consommateur d'aujourd'hui qui découvre l’enregistrement en question, surtout quand il provient d’un artiste populaire disparu comme Brel ou Brassens chantant une chanson inédite ou en compagnie d’un artiste improbable ou inattendu.

Ni une ni deux, au diable alors l’imperfection sonore pourvue que l’émotion prime ! Avec ses lettres de noblesse, le retour du vinyle permet surtout à la jeune génération de découvrir ce qu’était le son vintage, ce son chargé de couleurs, de chaleur disent certains, et qui rassemble de nos jours les mélomanes toutes générations confondues.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 04/2019)

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