SON & TECHNIQUE


LE MASTERING, L'ART DU TRANSFERT MUSICAL

Généralement, la qualité sonore d'une musique que vous écoutez sur Internet ou via un CD commercialisé est le résultat de multiples opérations techniques. La dernière de la liste à intervenir après le mixage s'appelle le mastering (dont la racine, master, signifie maître). Sa "mission" consiste à transférer une musique sur un support, tel un CD étalon, tout en améliorant sa qualité sonore.


UNE OPÉRATION TECHNIQUE DÉLICATE

Le mastering est une intervention technique délicate, car elle ne doit nullement entacher tout le travail de production conduit en amont, de l'enregistrement jusqu'au mixage. Même si ce genre d'opération est réalisable sur de nombreuses stations audionumériques actuelles (compression, égalisation), parfois, il devient nécessaire de faire appel à un ingénieur de mastering. Bien évidemment, quand il s'agit d'une maquette promotionnelle, sa présence n'est nullement indispensable. Petite explication...

Depuis que le vinyle est revenu sur le marché du disque, sa présence nous renvoie du temps où celui-ci était le support essentiel de vente. Pour réaliser un "disque maître", les studios faisaient souvent appel au savoir-faire d'un professionnel. À la charnière des années 1960/70, sa présence était devenue indispensable avec l'arrivée de la multiplication des possibilités techniques d'enregistrement associée à une qualité sonore de plus en plus valorisée.

La "patte" de certains ingénieurs de mastering faisait vite son chemin auprès des studios. Une fois l'enregistrement et le mixage achevés, leur intervention consistait à améliorer le support fourni : meilleur équilibre du spectre, image stéréophonique approfondie ou encore en définissant au mieux les phénomènes acoustiques évolutifs que l'on nomme les transitoires. Le résultat attendu, certes subjectif (comme peut l'être tout traitement sonore), se rapproche d'un processus esthétique visant à singulariser et à renforcer le son du "master" et, à travers lui, de soutenir et d'illustrer la qualité de production d'un label ou d'une maison de disques.

L'arrivée du numérique n'a pas changé grand-chose. Les ingénieurs sont toujours là et continuent de maximiser la qualité des enregistrements... sauf que les supports se sont multipliés (CD, MP3, iPod...) et que l'opération technique est devenue plus délicate. Dit autrement, cela signifie que les supports de lecture évoluant en permanence, le mastering doit constamment s'adapter à la situation.


UN TRAVAIL D'ÉQUIPE

Le travail de l'ingénieur de mastering se réalise en collaboration avec l'équipe du studio et toutes les personnes directement concernées. C'est préférable, car il n'est pas rare que des retouches, des ajustements, soient nécessaires avec le recul. Le support de travail le plus fréquent est le ".wav" qui est un "format son" non compressé. Parfois, le studio fournit plusieurs "épreuves", avec ou sans traitement (compresseur, limiteur, équaliseur...) et même des parties séparées sur différents fichiers mixés (rythmique basse/batterie, guitare, clavier, chœurs, voix lead, cuivres, etc.)

L'essentiel est d'obtenir une cohérence sonore sur l'ensemble des titres constituant l'album. C'est capital aussi bien pour les artistes et techniciens concernés que pour l'auditeur. Le réglage du niveau sonore, la compression multipiste ou la suppression de défauts après mixage sont des opérations qui sont confiées à des logiciels spécialement étudiés. Par ailleurs, le résultat final doit répondre idéalement aux critères du genre musical auquel il se destine. Un disque de rock ne doit pas sonner comme un disque de jazz et encore moins à la façon d'un disque classique... Mais ça, vous l'aviez certainement remarqué !

Par D. Lugert (Cadence Info - 09/2022)

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LE SON NUMÉRIQUE ET ANALOGIQUE EN QUESTION

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