NEWSRECHERCHEPROPOSERCHANSONCLASSIQUEINSTRUMENTJAZZMUS. FILMSMUS. SOCIÉTÉROCK & CoSON TECH.BLUES, SOUL...

MUSIQUE & SOCIÉTÉ


MICHEL POLNAREFF ET CETELEM :
UNE PUBLICITE NUISIBLE ?

Si Michel Polnareff voit rouge, c’est qu’il ne doit pas aimer le vert du "personnage Cetelem" et de ses spots publicitaires qui montrent un sosie caricatural de sa personne. On peut même dire que ses apparitions quotidiennes à la télévision ne le font pas rire du tout ; au point d’attaquer en justice la société de crédit pour "préjudice moral et atteinte à son image"…


UN REPORTAGE EXPLICITE

A plusieurs reprises, depuis 2011, Cetelem a mis en scène un sosie de Michel Polnareff dans ses publicités. De ce constat, on peut chercher à comprendre pourquoi, quatre ans plus tard, le chanteur vient de déposer une assignation à l'encontre de la dite société pour atteinte « au droit à l'image, au droit patrimonial et à la dignité dans le cadre d'une utilisation commerciale de sa personne » ? Le reportage ci-dessous est court, mais suffisamment explicite pour démontrer la portée médiatique d’une publicité quand celle-ci cible un sujet précis.


Ad Block

Il semblerait que vous ayez installé un bloqueur publicitaire sur votre ordinateur. Celui-ci vous empêche de consulter cette page dans sa totalité et dans des conditions visuelles optimisées. La mise en ligne d'encarts publicitaires non intrusifs permet à ce service d'exister durablement.

Pour ne plus subir cette restriction sur d'autres pages du site, nous vous conseillons de désactiver votre bloqueur publicitaire pour l'ensemble du site "www.cadenceinfo.com". Merci de votre compréhension.

Procédure pour autoriser "cadenceinfo.com"


MICHEL POLNAREFF ET CETELEM, UNE HISTOIRE DE SOSIE

Reportage actualité France 2 (14/04/2015) - A.C. Poignard / T. Breton

UN POINT DE VUE SUR L’IMAGE MEDIATIQUE

Pour asseoir sa popularité, dans un domaine où la flamme de l'inspiration disparaît parfois plus vite que l'apparition des briquets qui illuminent les salles, le chanteur, même populaire, ne cherche-t-il pas à être absolument sous les feux de la rampe ? Oui, d’autant plus quand l’artiste doit sortir prochainement un disque. Coïncidence ou pas, comme le souligne un agent publicitaire dans le reportage, une publicité telle que celle de Cetelem peut aussi se transformer en un coup de pub magistral.

Depuis longtemps, dans le domaine de la caricature, Polnareff est une image rêvée… Une simple perruque de cheveux blonds frisés et des lunettes noires cerclées de blancs, suffisent généralement à deviner le personnage. A ce titre, dans le film Podium, le cinéma avait déjà fabriqué une ébauche très révélatrice d'un sosie du chanteur en la personne de Jean-Paul Rouve, où l’acteur incarne un Polnareff très crédible au côté de Benoît Poelvoorde en Cloclo.

Reprenant le même principe, la compagnie spécialisée dans le crédit à la consommation jouent sur l’humour pour faire passer son slogan : « Il ne suffit pas de ressembler à Cetelem pour faire du Cetelem ». Un tel message explique parfaitement la présence de tous ces sosies aux traits grossiers. Je ferais remarquer aux fins observateurs que vous êtes, que dans le spot, la présence des clones de Marilyn Monroe et de Michael Jackson pose moins de problème, puisqu'ils ne sont plus là pour défendre leur image. Côté sponsoring, se priver d'un tel cadeau, ce serait certainement commettre une grave erreur !

D'après la plainte, outre qu'aucun accord n'existe avec Cetelem, Michel Polnareff conteste surtout l'image que le sosie de la publicité renvoie de lui. Il ne serait au courant de son existence depuis seulement un an. Pour l’avocate, Cetelem a la volonté « de ridiculiser les personnages qu'elle met en avant dans ses publicités ». Serait-ce alors un manque d’humour où autre chose qui dérange en vérité la star de la chanson française ?

Sans devenir l’avocat du diable, il arrive souvent que l’on aime d’avantage les gens parce que justement ils sont capables d’accepter leur propre image à travers le prisme d’un imitateur ou d’une marionnette (même si c’est parfois difficile à accepter). Rappelez-vous la grande époque des apparitions quotidiennes de Johnny Hallyday aux "Guignols de l’Info". Le ridicule n’a pas tué la star. Bien au contraire. C'est certainement parce que l'image du chanteur a résisté aux assauts répétés, qu'aujourd'hui celle-ci est devenue aussi populaire et indestructible.

Aujourd’hui, vous savez comme moi, que dans les réseaux sociaux on voit bien pire, de façon très agressive, sans garde-fou ! Et, sur ce terrain là, le combat est bien difficile et inégal. Parce que tout est dans l’immédiateté, tout devient possible. Les Internautes jettent des hypothèses farfelues parce que la majorité d’entre eux ressente le besoin de s’exprimer à tout va. Je reste persuadé que la situation préjudiciable de Michel Polnareff se révélera, avec le temps, plus positive que négative. Une telle publicité, même si on peut la condamner, est surtout le témoignage d’une grande popularité. Un tel choix confine même à l’éternel, étant donné que la pub s’adjoint des icônes comme Marilyn ou Michael Jackson.

En vérité, là où ça peut faire mal, c’est quand la pub agresse involontairement le nom ou l'identité d’une personne absolument étrangère à tout, qui n’a rien demandé, et qui se trouve projeté dans l’arène, comme les familles Leneuf avec la publicité "9 Télécom".


ENCORE UNE HISTOIRE D’ARGENT

Au bout de toutes ces lignes qui cherchent surtout à apporter un peu d’éclaircissement, je risque fort de résumer l’histoire, une fois de plus, à une question de fric. L’argent roi, l’argent quand on est à bout d’argument… D’après la loi, puisque aucun contrat ou accord financier ne lie Michel Polnareff à Cetelem, le droit à la caricature à des fins commerciales est formellement interdit. Et, comme dans le domaine des diffusions au cinéma et à la télévision, les réclamations s’envolent bien plus vite que l’inflation, la somme de 1,1 millions d’euros réclamée par le chanteur pour préjudice patrimonial et moral ne doit pas vous surprendre outre mesure ; d'autant plus quand le chiffre d'affaire de BNP Paribas - dont Cetelem est en quelque sorte la marque commerciale - déclare un chiffre d'affaire de 90,6 millions d'euros pour l'année 2013.

Par Elian Jougla (Cadence Info - 04/2015)

A CONSULTER : MICHEL POLNAREFF ET LA MUSIQUE DE FILMS


L'AVIS DES INTERNAUTES

Cet espace vous est réservé.
Soyez la première personne à publier un commentaire en remplissant le formulaire ci-dessous.

RETOUR SOMMAIRE