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JAZZ ET INLUENCES


JEAN-LUC PONTY, STANLEY CLARKE ET BIRÉLI LAGRENE : D-STRINGZ

La sonorité acoustique aime bien de temps en temps s’inviter parmi les leaders de l’école jazz-rock première époque. Les prénommés Stanley Clarke à la contrebasse et Jean-Luc Ponty au violon ont convié Biréli Lagrène, grand spécialiste de la guitare manouche, à les rejoindre pour enregistrer D-Stringz, un disque virevoltant qui balance entre compositions originales et reprises de standard.


D-STINGZ, L'ALBUM QUI FAIT CHANTER LES CORDES

Violon, guitare et contrebasse... À première vue, ces trois instruments à cordes donnent l'impression d'avoir été créés pour se rencontrer. Complémentaires, ils le sont certainement. On peut même s’accorder sur cette évidence. Pour Jean-Luc Ponty et Stanley Clarke, quoi de plus naturel en effet. En 1995, l’album The Rite of Strings (1995) avec Al Di Meola à la guitare avait déjà montré le chemin. Une parfaite réussite, tout aussi conquérante que le trio de guitares réunissant quelques années plus tôt les ténors de la six cordes : John McLaughlin, Al Di Méola et Paco de Lucia.

Que dire de l'album D-Stringz ?

Le piège d’un disque enregistré par des instrumentistes de haute volée est soit de faire sombrer l'auditeur dans l’ennui à cause d’une technique trop démonstrative - Ponty, Clarke et Lagrène savent trop bien cela pour y adhérer complètement - soit de choisir des musiques inadaptées au contexte. Dans l’alternative, la possibilité la plus évidente serait d’utiliser des standards connus de tous, y placer quelques aménagements rythmiques et harmoniques, et empaqueter l’ensemble en se rassurant d’avoir accompli sa mission.


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Cette dernière solution n’est évidemment pas totalement satisfaisante quand on connaît les exigences de Jean-Luc Ponty et de Stanley Clarke, deux musiciens qui ont construit leur parcours en repoussant les limites de l’instrument. Il faut se rappeler que le violoniste et le bassiste ont construit une grande partie de leur carrière solo sur leur aisance à écrire des canevas mélodiques, harmoniques et rythmiques parfois complexes, à élaborer des « plans » (diront les musiciens) qui sont restés gravés dans l’histoire du jazz-rock.

D-Stringz - Ponty, Clarke, Lagrène

Mais avec D-Stringz, l’histoire à inventer est tout autre. Elle s’écrit avec l’exigence de l’acoustique, un chemin qu’il faut apprendre à dessiner en utilisant d’autres artifices, d’autres contours souvent plus fins et plus contraignant. Pour compléter le duo formé par Jean-Luc Ponty et Stanley Clarke, le choix s'est porté sur Biréli Lagrène. En 2012, les trois musiciens avaient déjà eu l'occasion de jouer ensemble au Théâtre du Châtelet, lors du concert qui fêta les 50 ans de carrière de Jean-Luc Ponty.

Biréli Lagrène est un guitariste qui connait tout ou presque de l'instrument et de ses rudiments. Son parcours artistique, différent de ses aînés, est directement hérité de la tradition du jazz manouche. Django Reinhardt est sa référence première. Il le connaît sur le bout des doigts ; ce qui ne l'empêche nullement de s'en éloigner quelque peu pour exprimer son talent sous d'autres cieux. Le style jazz manouche si communicatif aurait pu rebondir, voire écraser ou sublimer le jeu des trois musiciens en les plaçant sous contrôle, mais les arrangements réalisés dans D-stringz ont contourné cet écueil de façon habile. Le célèbre Nuage de Django en est la parfaite illustration en évitant la parodie, l’imitation inutile, préférant à la ballade swing un balancement typique de bossa.

À côté de compositions personnelles revues pour l’occasion, le disque comprend aussi quatre standards de jazz : Nuages, déjà évoqué, Blue Train de John Coltrane, Too young to go steady de Jimmy McHugh et Harold Adamson, réinterprété en 1962 par John Coltrane sur l’album Ballads, et Mercy, mercy, mercy de Joe Zawinul, un thème phare du quintette de Cannonball Adderley.

Grâce à l'enthousiasme d'un producteur français, François Lacharme, qui a mis en œuvre la réalisation de cet album, les trois musiciens ont créé un univers acoustique qui sent bon l’enthousiasme et la complicité. Les neuf titres qui le composent évite toute sorte de facilité, de complaisance technique, pour finalement traduire les originaux dans une nouvelle langue tout aussi prolifique et enrichissante. L’inspiration est là. En quatre journées de sessions d’enregistrement au studio ICP (Bruxelles), le disque était bouclé. La virtuosité ne se laisse pas envahir par le temps. Avec de tels maîtres, on aurait pu s’en douter !

PONTY/CLARKE/LAGRENE - STRETCH

LES TITRES DE D-STRINGZ

  • 1 – Stretch (Biréli Lagrène)
  • 2 – To and Fro (Jean-luc Ponty)
  • 3 – Too Young to Go Steady (Harold Adamson/Jimmy McHugh)
  • 4 – Bit of Burd (Stanley Clarke)
  • 5 – Nuages (Django Reinhardt)
  • 6 – Childhood Memories (Souvenirs d’enfance) (Jean-Luc Ponty)
  • 7 – Blue Train (John Coltrane)
  • 8 – Paradigm Shift (Stanley Clarke)
  • 9 – Mercy, mercy, mercy (Joe Zawinul
  • )

Par Elian Jougla (Cadence Info - 01/2016)


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