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MUSIQUE DE FILMS


SPINAL TAP, L’OUTRAGE PARODIQUE DU HARD-ROCK

- Non mais… avez-vous vu la dégaine de ce groupe, avec leurs costumes trash aux bandes fluos ?… Et leurs poses débiles devant la caméra ?… Tout ceci est d’un ridicule ! Peut-être, mais si vous êtes fan de hard-rock ou de rock progressif, si vous adhérez aux distorsions sonores des guitares et aux cries des chanteurs, et si, de surcroît, votre amour pour la musique vous pousse à supporter des murs d’enceintes crachant des milliers de watts, alors le film This Is Spinal Tap devrait vous combler de bonheur et pourquoi pas vous amuser… Puisque je vous le dis !


SPINAL TAP, UNE PONCTION LOMBAIRE TRES HARD

Oui, car ce film est devenu un film culte au royaume du rock saturé et des alimentations qui grillent. Un modèle du genre…  ”Je parodie le hard-rock et tous ses excès et je m’en moque“. Tourné à la façon d’un documentaire (un rockumentaire, d’après le présentateur) il y a plus de 25 ans, le film s’inspire en partie de faits réels et raconte les aventures d’un groupe de hard en tournée… un groupe qui n’en a que l’apparence, puisque celui-ci est une pure invention signée du réalisateur Rob Reiner et de ses acolytes scénaristes Christopher Guest, Harry Shearer et Michael McKean.



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HISTOIRE EN CLIN D’ŒIL

C’est bien connu, l’histoire de la musique rock est jalonnée de nombreuses légendes. Les stars du rock conduisent souvent leur carrière dans la démesure. Ego surdimensionné, rivalités, jalousie, drogue, tous les ingrédients sont là pour que les ragots, la presse à scandale et les ‘on dit’ imaginent les pires scénarios. Ah ! Les mœurs des stars… vaste sujet sociologique qui est et qui sera toujours commenté et analysé par des observateurs de tout poil.

Dans le film, si les querelles et les tensions à l’intérieur du groupe vont crescendo, leurs mésaventures renforcent et façonnent les traits de caractère de chacun, mettant aussitôt la légende en ordre de marche. Le spectateur plonge alors, tête baissée, dans l’histoire de ce groupe qui a déjà derrière lui une longue carrière (17 ans d’existence et 15 albums).

Le montage est des plus classique. La caméra nous montre des plans de techniciens au travail, le réglage de la balance et l’ambiance des répétitions. A d’autres moments, nous voyons un chauffeur conduisant les musiciens en limousine, des fans consultés avant le spectacle, sans oublier le vénéré cocktail où se mêlent quelques notables et artistes (dont Patrick McNee – héros de Chapeau melon et bottes de cuir - en PDG de l’importante compagnie de disques ‘Polymer Records’). 

This Is Spinal Tap est teinté d’humour, d’une vision tragi-comique que les Monty Python ne renieraient pas. L’interview du groupe face au présentateur est très amusante, car en reposant en partie sur des faits historiques, elle apporte à la parodie une certaine crédibilité. Le ‘rockumentaire’ s’installe et trouve sa verve quand l’interview est agrémentée de documents ‘vintages’ et d’images de la tournée (le come-back des Spinal Tap, versions années 60/70, est très réussi).

Le moment le plus drôle de l’interview est le moment où les musiciens de Spinal Tap évoquent les batteurs qui se sont succédés. Pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la musique, le premier batteur décède victime d’un curieux accident de jardinage, un autre passe de vie à trépas par combustion spontanée, sans oublier celui qui meurt étouffé par du vomi… Oui, je sais, c’est très glauque !

La caméra, très libre et vagabonde, suit les musiciens dans leur tournée américaine à la façon d’un reportage télévisé. Rien n’est oublié : l’exigence du groupe (nourriture, suite dans l’hôtel…), les tenues vestimentaires, jusqu’à la compagne d’un musicien qui sème la zizanie à l’intérieur du groupe. Quant au marketing, lui non plus n’est pas oublié. Les problèmes rencontrés lors de la parution d’un nouveau disque et de sa pochette vont devenir une source de conflit, d’engueulades entre le manager et le groupe.

Dans le style ‘je marche à côté de mes pompes’, une séquence nous montre le guitariste Nigel et Marty (le présentateur) passer en revue toute une collection de guitares électriques. Nigel montre les qualités de chaque guitare, de celle qui a le sustain qui dure éternellement jusqu’à celle qu’il faut regarder sans jamais la toucher. Ensuite, le dialogue bascule dans un autre ‘délire’ quand il tente d’expliquer la présence d’un volume montant à 11 sur un ampli.

Voici le résumé du dialogue entre Nigel et Marty :

Nigel : ça, c’est un ampli. On s’en sert sur scène, mais c’est très spécial, car comme tu peux le voir, tous les ‘potars’ sont gradués jusqu’à 11… Regarde. Onze, Onze, Onze…
- Les amplis vont à dix en général !
Nigel : exactement.
- Et ça veut dire qu’il est plus puissant ?
Nigel : et bien, c’est plus fort d’un cran, oui… La plupart des mecs, ils jouent jusqu’à 10…

Un peu plus tard dans la conversation…
- Pourquoi ne pas mettre le dix plus fort et en faire le maximum… que le son soit plus fort à dix ?
Long silence…
Nigel : cet ampli là va jusqu’à 11…

Plusieurs gags sont à retenir… Lors d’un solo, Nigel s’empare d’un violon pour créer des sons étranges avec sa guitare. Un pur moment de folie scénique de la part du ’guitar hero’. Autre séquence loufoque, quand la caméra suit les musiciens dans les coulisses au moment de monter sur scène, alors qu’ils cherchent désespérement le chemin pour y parvenir.  Sans oublier le moment où le groupe tente l’aventure en venant jouer dans un bal de militaires. Evidemment, comme on pouvait s’y attendre, la musique proposé par Spinal Tap n’est pas vraiment du goût des soldats. Nigel, de rage que l’on ne comprenne pas la musique du groupe, casse alors sa guitare comme le faisait autrefois Peter Townsend des Who. 


SPINAL TAP, DE LA FICTION A LA REALITE

Rob Reiner peint le grand ‘rock’n’roll circus’ et sa tournée ‘sex, drugs and rock’n’roll’ sous le regard de quelques groupies quelque peu ‘stone’. L’ambiance est là et le concert ‘déchire’.

Oui, ils ont vraiment la tête de l’emploi les musiciens de Spinal Tap, de la tête aux pieds. Les cheveux sont très longs et les tenues scéniques provocantes. Sur scène, ils grimacent et bombent parfois leur torse. La caméra s’attarde alors sur leurs attitudes parfois grotesques. 

Les show de Kiss et de Motörhead n’ont qu’à bien se tenir, parce que le film This Is Spinal Tap est une imitation très réussie. Au point que les acteurs anglais sont rentrés dans la ronde en enregistrant un disque huit ans plus tard (Break Like The Wind).

Mais oui ! Les fans du film ont exigé qu’ils passent à l’acte pour de vrai. Le groupe Spinal Tap a même eu le luxe de rentrer sur scène dans le stade de Wembley, pour un concert en hommage à Freddie Mercury, la célèbre voix de Quenn (The Freddie Mercury Tribute - 1992)… Quelques années plus tard, quand le DVD du film est sorti, le groupe s’est alors reformé comme les Anciens. Un come-back dans les règles de l’art, avec toujours la même perfection et la même verve parodique. L’occasion était trop belle pour s’arrêter en si bon chemin !

Alors, est-ce la fin du groupe Spinal Tap ? demande une journaliste. Le guitariste David St Hubbins répond à la question de façon philosophique : “Mais qu’est-ce que c’est que la fin ? C’est comme si on imaginait la fin de l’univers. On dit que la fin de l’univers, c’est vraiment infini. Alors qu’est-ce que ça veut dire ? A quelle distance se trouve le bout et s’il y a un bout, qu’est-ce qui empêche l’univers de continuer ? Alors qu’est-ce que c’est que la fin ? Je vous pose la question.


Le DVD SPINAL TAP

Outre le concert au Royal Albert Hall de Londres, le DVD offre en bonus un deuxième document intitulé ‘Que sont-ils devenus’. Dans cet autre épisode des aventures de Spinal Tap, le ’sérieux’ des protagonistes est toujours de la même veine. Les détails, finement observés, ne manquent pas. Toutefois, au lieu de croire à une éternelle jeunesse et à un rock indémodable comme les Rolling Stones, leur reconversion est à des années lumières de ce qu’ils étaient 20 ans auparavant. Jugez plutôt… Tandis que Derek Smalls, le bassiste travaille dans une école primaire (‘J’apporte une touche féminine à la classe parce que je suis obsédé par l’ordre’, précise-t-il d’un ton faussement cérémonial), le guitariste aux solos déjantés, Nigel Tufnel, est investi d’une mission, celle de nourrir les poissons d’un aquarium californien. Mais le plus original est certainement David StHubbins, le guitariste blondinet, qui un devenu un être apaisé en épousant les rites des Indiens Hopi (qui sont connus pour leurs massages relaxants).

Par Elian Jougla - 02/2012

SPINAL TAP

Film américain d’une durée de 82 mn (Titre original : This Is Spinal Tap).
Réalisateur Rob Reiner (1984).
Musique : Christopher Guest, Michael McKean, Rob Reiner, Harry Shearer.

LA COMPOSITION DU GROUPE

David St Hubbins (Michael McKean) : chant, guitare rythmique.
Nigel Tufnel (Christopher Guest) : guitare soliste, chœurs.
Derek Smalls (Harry Shearer) : basse, chœurs.

Et les batteurs… Eric “Stumpy Joe” Childs, Joe Mama Besser, John “Stumpy” Peeps aka, Mick Shrimpton et Peter James Bond.

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