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ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


LA MUSIQUE ROCK, UN DEMI-SIÈCLE D’HISTOIRE ET D’AVENTURES

Phénomène de masse, reflet des aspirations d'une génération de jeunes « rebelles sans cause », à l'instar du titre original du film La Fureur de vivre, l’histoire de la "Rock Music" est riche de rebondissements, de tragédie et de triomphalisme, de sérieux et de légèreté. Un demi-siècle de révolution sonore auréolé de provocations scéniques et d'émancipations envers toute morale.


NAISSANCE DU ROCK’N’ROLL

On peut situer la naissance du rock'n'roll vers 1955, aux USA, année où Rock Around The Clock de Bill Haley fut popularisé par Graine de violence, le film de Richard Brooks, et fit le tour du monde. Le terme de rock'n'roll fut inventé dès 1952 par le disc-jockey Alan Freed, pour désigner une musique largement inspirée par la musique noire, celle du Rhythm 'n 'Blues de Joe Turner ou Roy Brown, mais également d’une forme de jazz vocal très dansant et populaire auprès du public noir, auquel se sont mêlés quelques éléments de Country & western, la musique blanche par excellence et essentiellement rurale…


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Sa première grande star fut Elvis Presley, à partir de 1956, qui était autant un sex-symbol qu'un chanteur. Caractéristique qui ne se démentira pas par la suite, le rock étant autant un style de vie, une attitude, qu'un genre musical. Elvis Presley détrôna rapidement Bill Haley, trop vieux et sage, et sema le scandale dans l'Amérique encore pudibonde des années 1950 par ses déhanchements lascifs, qui lui valurent le surnom d'« Elvis The Pelvis ». Son service militaire l'assagit, et il passa presque toutes les années 1960 à Hollywood, tournant un nombre incalculable de navets. Il ne revint à la scène qu'en 1968, chantant régulièrement dans les casinos de Las Vegas jusqu'à sa mort, en 1977. Il était devenu une institution américaine, loin de la hargne de ses débuts.

Dans la foulée du « King » Presley s'épanouirent toute une série de rockers dont l'influence se fait encore sentir : Jerry Lee Lewis, le « Killer », qui transformait son piano en petit bois, en accord avec son style énergique ; Gène Vincent, qui fut le premier à s'habiller de cuir noir, dont la voix était empreinte d'une secrète mélancolie ; Eddie Cochran, qui paraissait pouvoir être un rival sérieux de Presley, et dont la carrière fut prématurément stoppée par un accident de taxi qui lui coûta la vie en 1960 ; Buddy Holly, un Texan aussi capable de swing que de délicatesse, qui trouva la mort en 1959 dans un accident d'avion ; les Everly Brothers, enfin, proches du « hilibilly », la musique des montagnes, spécialistes des suaves harmonies.

Cette première vague du rock'n'roll permit aussi, en toute justice, à certains chanteurs noirs de sortir du ghetto des « race records », et de s'imposer au jeune public blanc. Le plus flamboyant d'entre eux était Little Richard, pianiste déchaîné et hurleur frénétique, partagé entre son homosexualité extravertie et la crainte du châtiment éternel, qui le fit se tourner plusieurs fois vers la religion, et devenir pasteur. Un autre pianiste, Fats Domino, sut imposer la douceur de vivre de La Nouvelle-Orléans avec une musique aimablement décontractée, tandis que Ray Charles, le « Genius », jeta un pont entre gospel, rhythm'n'blues et rock'n'roll. Chuck Berry, enfin, se fit le chroniqueur de l'Amérique adolescente avec esprit et humour, écrivant des dizaines de classiques comme Johnny B. Goode, en asseyant les bases du style de guitare rock, dérivé du blues.

Parallèlement au rock'n'roll, le genre noir le plus populaire au tournant de la décennie 1950-1960 est le doo-wop, descendant du gospel, et mettant en valeur contrastes et harmonies vocaux, avec des formations comme les Platters et leur fameux Only You, les Drifters, Frankie Lymon & The Teenagers, et les Coasters, dont toutes les chansons sont comme des courts métrages burlesques pour les oreilles. Quelques groupes blancs parviendront à adapter ce style, dont les plus célèbres restent Dion & The Belmonts et les Four Seasons.

Pour le reste, le rock semble un peu essoufflé au début des années 1960. Certaines de ses stars ont disparu, d'autres sont boudées à cause d'ennuis avec la justice, telles Chuck Berry et Jerry Lee Lewis. Les chansons sucrées tiennent le haut du pavé avec Frankie Avalon, Fabian ou Ricky Nelson. Pendant un été, le twist va déferler avec Chubby Checker, Joey Dee, Gary « US » Bonds et les Isley Brothers, mode sans lendemain mais qui, en France, marquera de son empreinte la période yéyé. Un rayon de soleil émane cependant du Brill Building, un immeuble new-yorkais où se trouve cloîtrée une pléiade de compositeurs et producteurs de talent comme Phil Spector, Gerry Goffîn et Carole King, Barry Mann et Cynthia Weil, qui manufacturent à la chaîne les succès pour des groupes féminins attachants comme les Crystals, les Ronettes, les Dixie Cups et les Shangri-Las.


L’EXPLOSION DES ANNÉES 60…

Face à ce recul du rock, une nouvelle génération se tourne vers le folk qui, lui, semble plus authentique, dégagé des contingences commerciales. Pete Seeger et Woody Guthrie, qui ont écrit de nombreuses « protest-songs » depuis les années 1930, sont les pères spirituels de cette renaissance folk urbaine, centrée sur New York. La guerre du Vietnam s'annonce, et mobilise les énergies. La grande figure de ce renouveau du folk est Bob Dylan…

Au départ très influencé par Woody Guthrie, Bob Dylan, sa voix rauque et son harmonica à l'emporte-pièce ne séduisent pas tout le monde. Cependant il ne tardera pas à évoluer, abandonnant la guitare acoustique pour un groupe de rock (The Band) et les textes engagés pour d'autres plus personnels et poétiques, ce qui sera ressenti comme une trahison par certains amateurs de folk. Toute sa carrière sera ainsi marquée par des remises en cause, qui font de lui l'un des personnages les plus audacieux et passionnants de l'histoire du rock. Joan Baez a été un temps sa compagne et reste la chanteuse folk la plus connue, à défaut d'être la plus intéressante. On peut lui préférer Judy Collins, par exemple, découvreuse de talents hors de pair, qui fut la première à chanter Leonard Cohen, le poète canadien, et Joni Mitchell.

Le plus gros succès commercial à mettre à l'actif du folk est celui de Simon & Garfunkel, qui ne s'est pas démenti malgré une longue séparation dans les années 1970, et qui a rejeté dans l'ombre des noms comme Phil Ochs, extrêmement incisif, ou Tom Paxton.

Le renouveau du rock, contrairement à toute attente, vint de Grande-Bretagne, et plus précisément de Liverpool, avec les Beatles, à partir de 1963. Jusque-là, si le rock était populaire au Royaume-Uni, il ne s'y était rien produit de décisif. Des chanteurs comme Cliff Richard ou Billy Fury avaient adopté le style des pionniers américains du rock, sans rien lui apporter. Seuls les Shadows, accompagnateurs de Cliff Richard, avaient réussi à imposer leurs instrumentaux caractérisés par la sonorité de leurs guitares.

L'arrivée des Beatles allait marquer une nouvelle ère, celle des groupes, auteurs, compositeurs et interprètes de leurs propres chansons, imités et adulés. Au départ, John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr jouent des chansons d'amour simples et lumineuses (consulter Les Beatles, ces héros de la contre-culture), influencées aussi bien par les Everly Brothers que par le rhythm'n'blues noir. Ils séduisent aussi bien les parents que leurs enfants par leurs mélodies soignées, leurs costumes nets et leur sens de l'humour, s'imposant aux quatre coins du monde.

Dans leur sillage, c'est l'explosion. Des centaines de groupes se révèlent, dont beaucoup sont influencés par le blues, et plus particulièrement l'école de Chicago, celle de Muddy Waters, Jimmy Reed, Elmore James, et par le « jungle rock » de Bo Diddley. L'un d'eux deviendra légendaire, les Rolling Stones, nom emprunté à un blues de Muddy Waters. Non seulement pour leurs qualités certaines de musiciens, mais aussi pour leur image très forte de révoltés faisant des pieds de nez à l'establishment — avant de le rejoindre. La presse fera d'eux des rivaux des Beatles, malgré l'amitié qui unit les deux formations.

Derrière eux, la rivalité fait rage entre les Animals, entraînés par le chanteur plus noir que nature Eric Burdon, les Them, d'où émergera Van Morrison, le Spencer Davis Group dont le leader n'a que seize ans à leurs débuts, le surdoué Stevie Winwood, les Yardbirds qui révèlent trois des guitaristes anglais les plus accomplis, Eric Clapton, Jeff Beck et Jimmy Page, les Pretty Things, encore plus sauvages que les Rolling Stones, et Manfred Mann, qui se tournera vers une pop-music plus commerciale.

Tous ces groupes parviennent à inverser le sens des échanges musicaux par-delà l'Atlantique, au point qu'on parle aux États-Unis d'une invasion britannique. Même des formations moins intéressantes, plus mièvres, comme les Herman's Hermits ou le Dave Clark Five tirent leur épingle du jeu, avec des groupes agréablement commerciaux comme les Zombies, les Searchers qui utilisent des guitares douze-cordes, les Hollies ou les énergiques Troggs.

À Londres, on commence à consommer des pilules d'amphétamines qui donnent l'énergie nécessaire pour danser toute la nuit en écoutant des groupes comme les Kinks, commentateurs caustiques de la société anglaise, ou les Who, qui défrayent la chronique en cassant leurs guitares ou en s'habillant avec des vestes taillées dans le drapeau britannique. Ces jeunes gens élégants se nomment les « mods », abréviation de moderne, et prisent fort également la soul music noire américaine, descendante du rhythm'n'blues, qui connaît son âge d'or au milieu des années soixante.


L’ÉCURIE TAMLA ET LA MUSIQUE SOUL

Ses deux centres d'attraction sont le Sud, particulièrement le Tennessee, et Détroit. Le père de l'école soul sudiste est incontestablement James Brown, qui a établi son succès sur un orchestre affectionnant les rythmes répétitifs, à la limite de l'hypnose, mais qui est tout aussi capable de chanter des ballades émouvantes. Cette école sudiste, restée proche des racines gospel, se développera sur deux labels, Stax et Atlantic, dont les différents chanteurs utilisent les mêmes accompagnateurs, ce qui leur donne un son aisément reconnaissable. Les plus fameux sont Otis Redding, qui mourra dans un accident d'avion en 1967, Wilson Pickett, Sam Cooke, Solomon Burke, Joe Tex, Arthur Conley, Sam & Dave, et la chanteuse Aretha Franklin.

La soul music de Détroit, que domine la maison de disques Tamla-Motown, est plus sophistiquée, ne reculant pas devant l'emploi de grands orchestres. Le patron et visionnaire de Tamla, Berry Gordy, s'est donné dès le départ le but de faire danser toute l'Amérique, sans distinction de race, et il y réussira, grâce à un flair très sûr, jouant un rôle moins spectaculaire que Martin Luther King pour l'intégration noire, mais sans doute aussi important. C'est grâce à lui que s'épanouiront des talents aussi indiscutables que Stevie Wonder, Diana Ross avec les Supremes, Smokey Robinson & The Miracles, Marvin Gaye, les Temptations, les Four Tops, Martha Reeves & The Vandellas, ou les Jackson Five.

Cependant, toute la soul music n'est pas concentrée sur ces deux pôles. La Nouvelle-Orléans reste une ville qui swingue avec Lee Dorsey, l'arrangeur Allen Toussaint et les Meters. Et il faut encore mentionner Ike et Tina Turner, qui se feront une spécialité de la reprise de succès blancs auxquels ils insufflent un supplément d'âme.


LA POP MUSIC ET LE MOUVEMENT HIPPIE

Une fois le premier choc de l'invasion britannique passé, les Américains se décident à répliquer. Certains groupes s'essaient à conjuguer avec bonheur l'influence des Beatles et de Bob Dylan, donnant naissance au « folk-rock », comme les Byrds, dont la marque se fait toujours entendre sur bon nombre de formations des années 1980, et les Lovin' Spoonful. D'autres essaient maladroitement dans les garages de leurs parents de reproduire le son des Anglais s'efforçant de jouer du rhythm'n'blues, et donnent le meilleur d'eux-mêmes en une seule chanson qui passera à la postérité, tels les Standells ou les Count Five.

À partir de 1966, toutes ces formations verront leur musique évoluer, sous l'influence des drogues hallucinogènes. Le mouvement hippie est en train de naître, prônant la paix et l'amour, et de nouvelles valeurs moins égoïstes. Le LSD est considéré comme un moyen privilégié d'élargir les limites de son esprit, et il fait aussi éclater les limites des chansons de trois minutes. L'improvisation fait son entrée dans le rock, qualifié de psychédélique. Sa terre promise est la Californie, et plus précisément San Francisco, où est né le phénomène hippie.

Le Grateful Dead y donne des concerts de huit à douze heures, la durée d'un voyage à l'acide (LSD). Le Jefferson Airplane s'y illustre par ses prises de position politiques radicales, tandis que les étudiants de Berkeley, galvanisés par leur combat contre la guerre du Vietnam, pensent être en mesure de faire la révolution. Quicksilver Messenger Service se fait remarquer par ses versions interminables de classiques de Bo Diddley, et par son guitariste John Cipollina, dont le toucher très fin est remarquable par son utilisation du vibrato manuel.

Los Angeles n'est pas en reste, donnant plusieurs des meilleurs groupes psychédéliques, comme Love, le très raffiné Spirit et les Doors. Ces derniers sont passés dans la légende par l'entremise de leur chanteur Jim Morrison, qu'un journaliste surnomma « le rossignol œdipien de l'Amérique », poète habile à faire sourdre la violence et la sensualité.

À New York, le psychédélisme prit des couleurs sombres avec le Velvet Underground, qui regroupait Lou Reed et John Cale et usait volontiers de stridences, en peignant avec le réalisme le plus terrifiant la vie des paumés de la « Grosse Pomme ». Même un groupe aussi sain que les Beach Boys, qui débutèrent en chantant les joies du surf, n’échappa pas à la vague psychédélique, en signant au passage un des chefs-d'œuvre du rock, Good Vibrations. Toutes les musiques furent touchées, le blues avec Canned Heat par exemple et la soul avec Sly & Thé Family Stone.

L'Angleterre du Swinging London, des mini-jupes et d'Harold Wilson ne pouvait y rester insensible, jusqu'aux plus grands. On vit ainsi les Beatles produire leur album le plus original et baroque Sgt Peppers Lonely Hearts Club Band, les Rolling Stones s'enferrer, et les Who créer un « opéra-rock » délirant, Tommy. De nouveaux noms se mirent à l'ordre du jour, tel le Pink Floyd, et surtout Jimi Hendrix, guitariste noir américain expatrié. Beaucoup le tiennent encore pour le meilleur instrumentiste qu'ait connu le rock et il est certain qu'il ouvrit des voies nouvelles à la guitare électrique, en se servant abondamment de tous les effets électroniques rendus possibles par l'amplification. Il disparut prématurément à l'âge de vingt- sept ans, en 1970, victime d'une intoxication médicamenteuse.

La fin des années 1960 fut l’époque des grands festivals, ceux de Woodstock et de Monterey aux USA, de l'île de Wight en Angleterre, qui rassemblèrent jusqu'à 500 000 personnes, dans une fraternité euphorique. L'entrée dans la nouvelle décennie sonna le glas de l’utopie hippie qui avait fait long feu, et la fin d'un certain unanimisme dans le rock. Symboliquement, les Beatles se sont séparés en 1970, et John Lennon chanta dans son premier disque solo « le rêve est fini ».

Face au désenchantement, chacun chercha sa solution selon son tempérament, et le rock a éclaté en divers courants plus ou moins antagonistes, chacun prétendant en être l'incarnation la plus juste. Un groupe comme Creedence Clearwater Revival, de San Francisco, tourna le dos aux excès psychédéliques de ses pairs en choisissant de revenir à la rigueur des pionniers du rock, avec énormément de bonheur.

D'autres choisirent de jouer le blues, découvert par un public qui n'y avait jamais été exposé, durant les années 1960. Les Bluesbreakers de John Mayall, véritable conservatoire du blues anglais, et le Butterfield Blues Band aux États-Unis, avaient ainsi fait découvrir B.B. King, T-Bone Walker ou John Lee Hooker à un public blanc et jeune, suscitant des vocations et un « blues-boom », illustré par Fleetwood Mac première époque, Savoy Brown, Free, et le guitariste texan et albinos Johnny Winter. Des tentatives de fusion du rock et du jazz des big bands apparurent également, avec des groupes dotés de sections de cuivres, à l'exemple de Chicago Transit Authority, Blood Sweat & Tears, Flock et If.

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