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ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


THE BEATLES, HISTOIRE D’EN PARLER…

Les Beatles, groupe éternel s’il en est, ont franchi depuis peu un nouveau pas. Comme mentionné sur ce récent sujet intitulé Les Beatles jouent la carte du streaming, Hey Jude, Let It Be et tant d’autres titres ont fait peau neuve en rejoignant les plateformes d'écoute en ligne. Sur cette lancée, nous avons cru bon de revenir sur l’aventure du groupe, sachant que leur histoire, mille fois racontées, offre toujours aux fans des petits détails qu’il est toujours bon de glisser ici où là. The Beatles, histoire d’en parler, c’est maintenant…


EN GUISE D’INTRODUCTION


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Nous pourrions leur accoler tous les superlatifs possibles et imaginables ; contentons-nous de dire que les Beatles ont formé le groupe le plus important qu'ait connu la Pop-Music. C'est lui qui popularisa véritablement cette musique, d'abord en Angleterre et en Amérique, puis dans le monde entier, qui imposa la notion de groupe, et qui, le premier, porta cheveux longs et boots. Dissous en 1970, les Beatles demeurent avec les Rolling Stones la principale figure de toute l'histoire de la Pop-Music. Leurs idées musicales (mélodies, orchestrations, production) ont en particulier influencé de manière décisive la Pop-Music et la contre-culture, mais aussi toute la chanson et la musique des années 60/70 et au-delà.


LA RENCONTRE

La carrière des Beatles commence le 15 juin 1956 à Liverpool lorsque l'un des musiciens du "John Lennon Group" présente à son leader un certain Paul McCartney. Impressionné par la technique de celui-ci, John Lennon l'engage dans son groupe de Skiffle (genre de musique folklorique) qui devient les Quarry-Men (Quarry était le nom de l'école de John).

John Winston Lennon (9 octobre 1940) a alors quinze ans, James Paul McCartney (18 juin 1942), treize ans. « C'est le jour où j'ai rencontré Paul, dira plus tard John, que les choses se sont vraiment mises à marcher ». C'est d'ailleurs John qui, au début de l'année 1958, rencontre dans un bus le soliste d'un groupe. The R. Rebels, qui rejoint aussitôt les Quarry Men. Ce soliste n'est autre que George Harrison (22 février 1943). John et Paul subissent alors l'influence de George qui porte des pantalons étroits et dont les idoles sont Bill Haley et Elvis Presley. Ils se tournent vers le rock'n'roll, mais l'orchestre n'est guère fameux et les engagements sont rares. En 1958 John, Paul et George qui sont alors étudiants, décident de changer de nom...


LES BEATLES, C’EST LEUR NOM ?

Ils deviennent, après plusieurs essais malheureux, "Johnny and The Moondogs". « Nous participâmes à l'époque, raconte Paul, à un concours de groupes et chacun d'entre nous décida de changer son nom. C'est ainsi que John devint Johnny Silver ; George, Cari Harrison ; Stu Sutcliffe notre guitariste, Stu de Staël ; et moi Paul Ramon. Mais ce changement ne nous porta pas chance puisque nous fûmes battus par les Gladiators. »

Finalement le groupe devient The Silver Beatles et se produit avec leur nouveau batteur Pete Best dans les clubs d'ouvriers et surtout au Blackjacks et à la Cavern de leur chère ville Liverpool. En août 1960, les Silver Beatles partent pour Hambourg où ils décrochent quelques contrats dans des petits clubs (The Indra, Kairserkelle), puis ils accompagnent un chanteur de rock'n'roll, Tony Sheridan.

Les Silver Beatles sont alors l'orchestre typique de rockers et de Teddy Boys. Avec T. Sheridan, ils enregistrent leur premier disque My Bonnie. John, Paul, George, Pete Best (à la batterie) et Stu Sutcliffe (guitare) deviennent peu à peu un bon groupe qui concurrence l'autre grand groupe anglais de Hambourg, Rory Storm and The Hurricanes dont le batteur a pour nom Ringo Starr.

Les Silver Beatles font à Hambourg plusieurs séjours (trois en tout) avec entretemps des retours à Liverpool de plus en plus triomphants. En juillet 1961, ils décident de rentrer définitivement en Angleterre. Stu Sutcliffe préfère quitter le groupe pour rester près de son amie Astrid, celle-là même qui donna aux Beatles (puisque tel est leur nouveau nom) l'idée de se coiffer avec les cheveux longs plaqués en avant.


L'ARRIVEE DE RINGO

Le 28 octobre 1961 est une grande date. Ce jour-là, à trois heures de l'après-midi, un jeune homme, Raymond Jones, entre chez un disquaire de Whitechapel à Liverpool et demande un disque, My Bonnie, enregistré en Allemagne par un groupe appelé The Beatles. Le disquaire, Brian Epstein, qui connaît pourtant bien les groupes de rock de Liverpool, avoue ne pas avoir ce disque et ne pas même connaître ces Beatles. L'épisode se répète. Brian Epstein, intrigué, se renseigne et trouve le groupe à la Cavern. Surpris, étonné et finalement conquis par ces légionnaires du rock, Brian Epstein devient le manager des Beatles, le 3 décembre 1961, et deviendra contre tout attente l'un des grands artisans de leur succès.

A la fin de 1961, les Beatles sont le groupe numéro un de Liverpool. Ils repartent pour Hambourg où ils jouent en vedette au Star Club, fiers d'avoir été élus le 24 mars 1962, « premier groupe de la région de Liverpool » par un journal local, The Mersey Beat. C'est là qu'ils apprennent la mort de leur ancien guitariste, Stu, décédé à Hambourg en avril 1962 d'une hémorragie cérébrale.

Le 6 juin 1962, les Beatles font une audition pour la marque de disques E.M.I. Ils jouent alors déjà leurs propres compositions signées John Lennon et Paul McCartney, en particulier : Love me Do et P.S. I Love You. Cette audition se révèle payante et, pour renforcer son groupe avant l'enregistrement probable de son premier disque, Brian Epstein remplace le 15 août 1962 Pete Best par Ringo Starr (de son véritable nom Richard Starkey, 7 juillet 1940).

Le 11 septembre 1962, ils partent pour Londres enregistrer sous la direction du chef d'orchestre-arrangeur George Martin (nommé depuis le cinquième Beatles), leur premier simple anglais Love me Do et P.S. I Love You (titre dans lequel Ringo, remplacé par un musicien de studio convoqué par George Martin, se contente de jouer des maracas).

Ce disque s'inscrit au hit parade et monte jusqu'à la dix-septième place. Les Beatles suivent la progression de leur disque du Star Club de Hambourg où ils sont retournés pour quelques semaines. Ils rentrent en novembre pour enregistrer Please, Please, Me et repartent pour la cinquième et dernière fois à Hambourg. Ils reviennent bientôt pour lire les premiers articles qui leur sont consacrés dans la presse nationale et surtout pour entreprendre leur première grande tournée en Angleterre avec Helen Shapiro. A la mi-février, ils sont enfin classés numéro un au hit parade.


LE PHENOMENE DE LA BEATLEMANIA

Aussitôt les Beatles entreprennent une seconde tournée britannique, en vedette cette fois. Cette tournée s’appelle « The Liverpool Sound » (le son de Liverpool). Ils enregistrent et sortent leur premier album, Please, Please, Me qui va rester dans le hit parade des 33 T pendant plus de six mois !

Leur troisième simple From Me To You paraît en avril 1963. Il est rapidement numéro un. Les Beatles prennent alors quelques jours de vacances aux Canaries et entament une troisième tournée avec, en première partie, Roy Orbison. Le 23 août 1963, jour du premier anniversaire du mariage de John, les Beatles donnent leur dernier concert à la Cavern de Liverpool. Le même mois ils produisent leur quatrième simple, She Loves You. C'est le premier véritable tube des Beatles : 500 000 disques sont vendus instantanément. C'est le début de la folie pour les Beatles : la Beatlemania.

Le 13 octobre 1963, lorsqu'ils participent à leur premier show télévisé (vu par 15 millions de spectateurs), ils ne peuvent même pas répéter tant leurs « fans », venus par milliers, sont déchaînés. Les journaux n'ont qu'un seul sujet : les Beatles. La Beatlemania gagne bientôt la Suède, où les Beatles doivent se rendre à la fin du mois d'octobre. Les jeunes Suédois commencent à s'habiller et à se coiffer à la façon du groupe.

A leur retour à Londres c'est l'émeute à l'aéroport. Le 4 novembre, les Beatles participent à la "Royal Variety Performance" (la soirée royale, devant la Reine mère et la princesse Margaret). Cette soirée télévisée est vue par 26 millions de téléspectateurs ! C'est un énorme succès. On voit dès lors le nom des Beatles partout, sur les badges, les T-shirts, etc.

Fin novembre, le groupe sort son cinquième disque I want to hold your hand. Aussitôt numéro un, il se vend en quelques jours à un million d'exemplaires. Brian Epstein organise, au début de l'année 1964, une seconde tournée en Europe qui réclame à cor et à cri le groupe de Liverpool. C'est ainsi que les Beatles se produisent en France à l'Olympia avec Sylvie Vartan et Trini Lopez.


LA CONQUETE DE L'AMERIQUE

Les Beatles traversent aussitôt l'Atlantique pour arriver le 7 février en Amérique où I want to hold your hand vient d'accéder (enfin) à la première place du hit parade. Il y restera sept semaines. L'accueil des Etats-Unis dépasse tout ce que l'on a vu jusqu'ici. Dès leur arrivée, les Beatles sont les vedettes du plus grand show du pays, l'Ed Sullivan Show, devant 73 millions de spectateurs !

Tous les soirs de la tournée, plus de 6 000 personnes assistent à leur show. I want to hold your hand laisse bientôt la première place à She loves you, puis à Can't buy me love et à Love me do, ce qui signifie que les Beatles sont restés au hit parade américain du 7 février à la fin juillet 1964, record jusqu'alors demeuré inégalé.

La Beatlemania ouvre la voie de l'Amérique à tous les autres groupes anglais, les Animais, les Rolling Stones, etc. En 1964, les Beatles ont déjà vendu aux Etats-Unis pour près de 26 milliards d'AF de disques et de produits Beatles : badges, T-shirts, perruques, etc. Ils tournent également, sous la direction de Richard Lester, leur premier film, A Hard Day's Night, qui conte les épuisantes journées d'un grand groupe comme les Beatles.

Ce film musical fait l'objet d'un 30 cm sorti en juin 1964. Les projections, comme tous les concerts du groupe, donnent lieu à des scènes d'hystérie et de folie collectives. A Hard Day 's Night est une étape importante dans la carrière des Beatles, car tous ceux qui n'ont pu encore assister à un spectacle du groupe peuvent enfin voir leurs idoles. La Beatlemania s'étend. Les Beatles sont devenus les plus grands en une année.

Les deux années suivantes seront extraordinairement chargées pour le groupe : ils enregistrent six 45 tours, tournent un nouveau film et entreprennent six grandes tournées (Amérique, Asie, Europe, Australie). Avant leur troisième tournée américaine, ils apprennent que, le 12 juillet 1965, ils ont été faits membres de l'Ordre de l'Empire Britannique, haute distinction nationale, récompensant ceux qui ont particulièrement bien « servi la Couronne ». Peu de temps après, ils établissent le record de la plus grosse recette (du moins pour un temps) de la jeune histoire de la Pop-Music en encaissant pour un concert au Shea Stadium (New York) 304 000 dollars, soit 160 millions d'anciens francs pour 50 000 spectateurs !

Les Beatles inscrivent sans cesse de nouveaux titres en tête des hit parades : She's a Woman, I Feel Fine, Eight Day's a Week, etc. Au cours de l'été 1965, ils retrouvent Richard Lester et ses caméras pour tourner leur second film Help, film musical comique qui sort à l'automne.


LA MORT DE BRIAN EPSTEIN

Les Beatles continuent leur marathon et retrouvent dans la seconde partie de l'année 1965, successivement la France (pour deux concerts au Palais des Sports qui sont restés dans les annales), l'Italie, l'Allemagne, l'Espagne, la Hollande et le Japon. Ils ont tellement de succès que John déclare : « Les Beatles sont maintenant plus populaires que le Christ. » En décembre 1965, Day Tripper devient numéro un : c'est le dixième numéro un successif du groupe.

Le 1er mai 1966 ils jouent pour la dernière fois en Angleterre au stade de Wembley, puis entreprennent leur ultime tournée aux Etats-Unis. Ils produisent à cette même époque l'un de leurs plus grands succès: Yesterday, ainsi que We can work it out. Le 29 août 1966, le plus grand groupe du monde joue pour la dernière fois sur scène. Les Beatles, en effet, fatigués par le rythme des tournées, travaillent trop, ont besoin de ralentir leur activité pour pouvoir se consacrer pleinement et sans précipitation à la création de leurs disques.

Au mois d'août 1967, les Beatles subissent un choc, ils apprennent, alors qu'ils sont aux Indes avec le maître hindou Maharishi, que leur imprésario Brian Epstein a été retrouvé mort dans son appartement londonien. Suicide, accident ? On ne le saura jamais. La mort de Brian Epstein, dont le service funèbre a lieu à quelques mètres du studio où les Beatles enregistrent habituellement, est une perte importante pour le groupe qui, sans manager au moment où il aborde un nouveau tournant de sa carrière, ne sera plus jamais le même.


SERGEANT PEPPER'S LONELY HEARTS CLUB BAND

Les Beatles, qui jusqu'ici avaient toujours vécu ensemble, décident de vivre chacun leur vie. Il n'est pas question de séparation, contrairement à ce que quelques journaux londoniens laissent entendre à l'époque. Les Beatles veulent simplement être plus indépendants. George part pour l'Inde à Bangor avec sa femme Pattie rencontrer le guru (maître à penser) des Beatles, Maharishi. John part pour l'Espagne tourner avec Richard Lester How I won the War, film pour les besoins duquel il se fait couper les cheveux. Ringo reste en Angleterre avec sa femme Maureen qui est sur le point d'être mère. Paul, quant à lui, peint, fait de la décoration et écrit la musique du film The Family Way.

Cette période de détente et de récupération est justifiée pour tous car l'année 1967 a été particulièrement chargée. Après avoir produit deux 33 tours importants, Rubber Soûl (dans lequel on trouve Norvegian Wood, Michelle et Girl) et Revolver (avec Good Day Sunshine, l'énorme Yellow Submarine : le sous-marin jaune, chanté par Ringo et Eleanor Rigby), où la musique du groupe devient de plus en plus personnelle et fouillée, les Beatles se sont attaqués en effet à l'enregistrement de ce qui sera leur chef-d'œuvre, l'album Sergt Pepper's lonely Hearts Club Band.

Pendant l'enregistrement, ils obtiennent de nouveaux numéros un avec Yeliow Submarine, Eleanor Rigby puis Strawberry Fieids forever et Penny Lane. En juin 1967 sort enfin Sergeant Pepper's lonely Hearts Club Band. L'album restera pendant près d'un an dans les hit-parades anglais et américains, et sera partout dans le monde un formidable succès.

Dans ce disque, les Beatles, au sommet de leur art, abordent la musique indienne (Within You, Without you, une composition de George qui avait été initié au sitar par David Crosby) et le psychédélique (Lucy in the sky with diamonds, A Day in the Life, etc.). Les Beatles n'ont alors jamais été aussi bons, comme en témoignent les 45 tours du groupe qui sortent à la même époque : All You need is Love enregistré avec l'aide de quleques membres des Rolling Stones et Hello Goodbye.

1967 est la période indienne des Beatles qui, sous l'influence du Maharishi, prêchent l'amour et la paix. C'est la mort de Brian Epstein qui, en août, mettra une conclusion brutale à cette étape mystique. En décembre, les Beatles reviennent au cinéma, mais, cette fois, ils sont des deux côtés de la caméra ; ils réalisent pour la TV anglaise un film en couleur d'une heure qui, sur une idée de Paul, raconte les aventures complètement folles survenant à un car contenant 43 personnes (Beatles compris).

Un 45 tours tiré de ce film Magical Mystery Tour, ainsi qu'un 33 tours du même nom, sortent à cette occasion. L'accueil réservé au film est assez froid. C'est la seule fois que, dans la carrière des Beatles, un tel fait se produira. Par contre, les six chansons inédites enregistrées pour le film (The Fool on the Hill, I am the walrus, etc.) seront de solides succès.


L'ALBUM BLANC

1967 a été, sans que John, Paul, George ou Ringo le sentent vraiment, la dernière année du groupe en tant que tel. Il apparaît en effet, dès le début de 1968, que la mort de Brian Epstein a été fatale à la pérennité du groupe. Les caractères ont de plus en plus de mal à s'accorder, et le désordre régne au sein du groupe.

1968 sera toutefois l'année de trois autres productions marquantes des Beatles : Lady Madona (mars 1968, aussitôt numéro un), Hey Jude (juillet 1968, l'un des plus grands succès du groupe. Une composition de Paul Mc Cartney) et surtout le double album The Beatles (novembre 1968) qui contient des compositions de tout le groupe : Yer Blues (George), Don't pass me by (Ringo) et bien sûr, celles de John et Paul Ob-la-di, Ob-la-da et Back in USSR, Martha, Heltel Skelter qui préfigure le hard rock du lendemain, etc. Ce double album - souvent nommé « album blanc » à cause de sa pochette - est le dernier véritable album des Beatles, tous les autres disques devant être surtout l'œuvre de Paul.

La tension au sein du groupe augmente. Il faut dire que, depuis qu'ils ne se produisent plus en scène, la vie de chacun des Beatles est devenue de plus en plus complexe. John vient de divorcer de Cynthia, sa première femme, pour épouser un metteur en scène surréaliste japonais : Yoko Ono. Paul rencontre une photographe américaine, Linda Eastman, qu'il ne va pas tarder à épouser. Ringo tourne lui aussi avec Peter Sellers et Britt Ekland. George, lui, est de plus en plus solitaire.

Les Beatles s'essayent aussi à faire des affaires. Ils lancent leur marque de disques, « Apple », et produisent leurs propres artistes. Paul découvre Mary Hopkin, George, Jackie Lomax et John, Yoko Ono et le Plastic Ono Band (groupe qu'il a formé avec Yoko, Klaus Voorman et Alan White).


LA FIN DU RÊVE

L'année 1969 commence pour George, John, Paul et Ringo par la sortie d'un dessin animé complètement fou sur les Beatles, qui reprend le thème du Sous-marin jaune, chanté trois ans plus tôt, par Ringo. C'est Yellow Submarine, qui donne lieu, en février, à la sortie d'un album où l'on retrouve All You need is Love ainsi que quelques grandes nouveautés Hey Bulldog, All Together now.

Yellow Submarine, mieux accueilli que Magical Mystery Tour, fait à Londres d'excellentes recettes. En avril, sort un nouveau simple : Get Back, très vite numéro un. Ce même mois, on apprend le tournage d'un film sur la firme « Apple » avec de nombreuses séquences sur les enregistrements du groupe. Ce film, qui devait s'appeler Get Back, ne sortira finalement qu'en mars 1970, sous le titre de Let it be.

Cette bande, qui sera la dernière sur l'association John, Paul, George et Ringo, montre le climat désastreux qui régne au sein de la formation. Paul tend à devenir le patron d'un groupe qui, depuis la mort de Brian Epstein, n'est plus dirigé par personne. « Il fallait que quelqu'un prenne les rênes, explique Paul, car sans Brian Epstein, nous en revenions à l'époque de Liverpool, où il n'y avait aucune organisation ». Pourtant, John et George, responsables, l'un de Ballad of John and Yoko (mai 1969) et l'autre de Something (octobre 1969), chanson la plus programmée dans le monde entier en 1970, n'acceptent pas d'être les musiciens accompagnateurs de Paul.

L'enregistrement des deux derniers albums, Abbey Road (le faubourg de Londres où sont installés les studios d'E.M.I.) et Let it be, a lieu dans des conditions difficiles. Les Beatles n'ont plus grand chose en commun : le fossé se creuse entre Paul, qui réalise la plus grande partie de ces albums, et John et George (Ringo, lui, laisse passer l'orage).

Abbey Road sort en septembre 1969 et Let it be en mars 1970. Le même mois, paraît ce qui sera le dernier « simple » des Beatles Let it be, You no name, le dernier morceau qu'aient enregistré les Beatles ensemble.

Au début de l'été 1970. on apprend que le plus grand groupe n'est plus. La séparation est définitive. Quelques mois plus tard, John écrira le mot de la fin de l'histoire prodigieuse des Beatles : The Dream is over : le rêve est fini. Oui, il est bien fini. Chacun poursuit sa carrière seul et il n'est pas question, comme l'annoncent périodiquement les journaux du monde entier, de reformer l'association John, Paul, George et Ringo (et le sera définitivement avec l'assassinat de Lennon en 1980).

Paul forme Wings avec Linda et Denny Laine (ex-Moody Blues). George, après son triple album All things must pass (contenant My Sweet Lord), poursuit, avec un discernement parfois relatif, une carrière d'auteur-compositeur-interprète et producteur peu convaincante. Ringo fait du cinéma et se veut un chanteur de simples (It don't corne easy, You're sixteen, Photograph, etc.). John, avec Yoko, avec Elephant's Memory ou seul, produit des albums indispensables, profonds, qui se souviennent à l'occasion du rock'n'roll.

Leurs routes ne se croiseront plus. Après la séparation, tout le monde a espéré l'instant magique d'une rencontre au sommet, même unique et symbolique. Peine perdu ! Reste les chansons qui continuent et qui continueront de circuler à ciel ouvert, repises en cœur ou interprétées par des artistes de toute générations.


DISCOGRAPHIE

  • The Beatles First
  • Please, Please, Me
  • With the Beatles
  • A Hard Day's Night
  • Beatles For Sale
  • Help !
  • Rubber Soûl
  • Revolver
  • A Collection of Beatles Oldies
  • SGT Pepper's Lonely Hearts Club Band
  • The Beatles (album blanc)
  • Magical Mystery Tour
  • Yellow Submarine
  • Abbey Road
  • Let it be
  • The Beatles 1962-1966
  • The Beatles 1967-1970
  • Rock'n'roll Music

Par J-M. Leduc

(Cadence Info - 02/2016)

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