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'ALL THINGS MUST PASS', LE TRIPLE ALBUM DE GEORGE HARRISON ET SON TITRE PHARE 'MY SWEET LORD'

Sortie quelques mois après la séparation officielle des Beatles, le triple album All Things Must Pass révèle pleinement les qualités artistiques du guitariste auteur-compositeur George Harrison. Libéré de toute contrainte, un premier single sort à l’automne 70 et retient tout particulièrement l’attention : My Sweet Lord…


LA REVANCHE DE GEORGE HARRISON

Pour les fans des Beatles, George Harrison reste avant tout le guitariste soliste du groupe qui a su s’imposer rapidement à ce « poste » avec un style personnel et reconnaissable. L’ancien élève du grand joueur de sitar indien, Ravi Shankar, devait aussi composer quelques titres pour le groupe dont les plus célèbres restent Something et While My Guitar Gently Weeps. Au sein des Beatles, son jeu aérien, limite fragile, était traversé d'éclats majestueux qui venaient contrebalancer celui d’un John Lennon au style plus carré.

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Après la dissolution du plus grand groupe du monde, tout comme Paul, John et Ringo, George Harrison allait entreprendre une carrière en solo qui devait faire de lui l'émule des plus grands solistes de la Pop-Music avec Bob Dylan et Jimi Hendrix.

Pochette de l'album 'All things must pass'

Son premier simple, My Sweet Lord, s’impose rapidement et se classe durant de nombreuses semaines en tête de tous les hit-parades mondiaux. Numéro 1 des deux côtés de l’Atlantique, My Sweet Lord lui vaut - peut-être à cause de son retentissement médiatique - un interminable procès. On le soupçonne d’avoir calqué son inspiration sur He’s So Fine du groupe The Chiffons dont l’écoute comparative est plus que troublante même pour des oreilles peu aguerries. Contrairement à la version rhythm and blues des Chiffons, My Sweet Lord hérite du passé musical à la fois folk et rock de l’ex-Beatles. Sa version accentue et délimite bien mieux l’aspect « gospel » en lien avec son texte pacificateur. Grâce à sa ritournelle ensorcelante auréolée d’un succès non-stop, le titre de George Harrison sera matière à lancer le triple album All Things Must Pass sous les meilleurs auspices.

Qui alors, à cette époque, aurait prédit que le premier triple album de George Harrison allait se vendre bien mieux que ceux de John ou de Paul ? Le guitariste soliste des Beatles estimait qu’il n’avait jamais eu véritablement une place équitable au sein du légendaire groupe. Dans les dernières années passées avec les Beatles, il avait dû endurer l’indifférence de Lennon et McCartney, voire leurs moqueries quand il proposait ses compositions. En réponse, et au-delà même du soulagement que le triple album allait lui procurer, celui-ci devait s’imposait comme un véritable coup de maître en confirmant tout son talent. Certes, All Things Must Pass reste l’exception dans la carrière de George Harrison ; par la suite, le flux du rocker tendra à arrondir les angles, perdant de son énergie, pour s’enliser dans une production trop simpliste pour devenir vraiment passionnante.


GEORGE HARRISON : 'MY SWEET LORD' (version remastérisé)

UN TRIPLE ALBUM TRAVERSÉ DE QUELQUES TUBES

Difficile de ne pas relever l’apparente ambiguïté de la pochette où l’on voit Harrison poser au milieu de sa propriété de Friar Park en habit de jardinier et entouré de quatre nains de jardin couchés à ses pieds ; quatre comme les Beatles, comme un signe évident livré au jeu des interprétations par quelques fans égarés et signifiant qu’une page venait de se tourner, sans retour possible.

De la part du guitariste, on aurait pu craindre un mysticisme musical trop appuyé pour celui qui avait été en 1966 de l’aventure « philosophico-religieuse » du maître à penser hindou, le Maharishi Mahesh Vogi, or l’album échappe globalement à cette attraction malgré la présence de quelques plages expérimentales inévitables et héritées du rock-psychédélique.

Armé d’un stock de chansons de qualité où l'on retrouve entre autres Phil Spector à la production, l'ex-Beatles Ringo Starr, le guitariste Eric Clapton, le bassiste Klaus Voorman, le claviériste Billy Preston, le groupe Badfinger et quelques-uns des grands musiciens anglais, All Things Must Pass donnera lieu à plusieurs autres simples qui deviendront à leur tour des tubes : Isn't It A Pity et What Is Life pour ne citer qu’eux. Bob Dylan participe aussi à l’aventure et lui offre le titre If Not For You (la relation entre les deux hommes remonte à 1968, à l’époque où George lui avait proposé de rejoindre les Beatles à l’occasion des sessions de Let It Be).

Lors de la sortie de All Things Must Pass, la presse rock française sera unanime pour saluer le triple album. Son éclectisme ravira aussi bien les amoureux de balades avec All Things Must Pass ou Beware Of Darkness, que ceux épris de rock en livrant quelques « jams » où Harrison, encouragé par ses pairs, distillera quelques virtuosités sur sa six cordes.

L’année qui suivra la sortie de l’album, Harrison, auréolé de sa gloire soudaine, organisera le premier concert rock de charité au Madison Square Garden de New York en faveur des réfugiés du Bangladesh. Autour de lui, ses amis Bon Dylan, Eric Clapton, Leon Russell et Ringo Star. John Lennon, un temps pressenti, finira par se décommander à la dernière minute suite au refus qu'avait exprimé George de voir Yoko Ono participer au spectacle.

Par D. Lugert (Cadence Info - 03/2021)


GEORGE HARRISON : 'ISN'T IT A PITY' (version remastérisé)

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TITRES DE L’ALBUM

Une version remastérisé du triple album a été publiée en 2001 et contient quelques titres supplémentaires écartés de la version vinyle dont voici la liste.

Disque 1

  • 01. I'd Have You Anytime (George Harrison/Bob Dylan)
  • 02. My Sweet Lord
  • 03. Wah-Wah
  • 04. Isn' t It a Pity
  • 05. What Is Life
  • 06. If Not For You (Bob Dylan)
  • 07. Behind That Locked Door
  • 08. Let It Down
  • 09. Run of the Mill
  • 10. I Live For You (Outtake)
  • 11. Beware of Darkness (Démo)
  • 12. Let It Down (Démo)
  • 13. What Is Life (Backing Track)
  • 14. My Sweet Lord (2001)

Disque 2

  • 01. Beware of Darkness
  • 02. Apple Scruffs
  • 03. Ballad of Sir Frankie Crisp (Let It Roll)
  • 04. Awaiting on You All
  • 05. All Things Must Pass
  • 06. I Dig Love
  • 07. Art of Dying
  • 08. Isn't It a Pity (version Two)
  • 09. Hear Me Lord
  • 10. It's Johnny's Birthday (Original Jam)
  • 11. Plug Me In (Original Jam)
  • 12. I Remember Jeep (Original Jam)
  • 13. Thanks for the Pepperoni (Original Jam)
  • 14. Out of the Blue (Original Jam)

ARTISTES PRÉSENTS

  • George Harrison : chant, guitares, dobro, sitar, harmonica, synthétiseur, harmonium, chœurs, basse.
  • Eric Clapton : guitares, chœurs.
  • Dave Mason : guitares.
  • Pete Ham, Tom Evans, Joey Molland, Peter Frampton : guitare acoustique.
  • Dhani Harrison : guitare acoustique, piano électrique, chœurs (My Sweet Lord version 2001).
  • Pete Drake : guitare pedal steel.
  • Klaus Voormann : basse, guitare électrique.
  • Carl Radle : basse.
  • Billy Preston, Gary Wright : claviers.
  • Bobby Whitlock : orgue, harmonium, piano, cloches tubulaires, chœurs.
  • Tony Ashton, Gary Brooker : piano.
  • Jim Price : trompette, trombone.
  • Bobby Keyes : saxophone.
  • Alan White : batterie, vibraphone.
  • Ringo Starr, Jim Gordon, Ginger Baker : batterie.
  • Mike Gibbins : percussions.
  • Mal Evans : percussions, chœurs.
  • Ray Cooper : percussions, synthétiseur (My Sweet Lord version 2001).
  • John Barham : arrangements orchestraux, arrangements des chœurs, harmonium, vibraphone.
  • Eddie Klein : chœurs.
  • Sam Brown : chœurs (My Sweet Lord version 2001).

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