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ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


THE BEACH BOYS, HISTOIRE ET LÉGENDE
(PORTRAIT BIOGRAPHIQUE)

« Les Beatles nous ont dépassés. On a fait notre truc, et ils sont allés plus haut… » déclarera avec une certaine amertume Brian Wilson, l’un des fondateurs et leader du célèbre groupe californien des années 60/70, les Beach Boys. De Good Vibrations, leur plus grand tube, en passant par Surfin, leur première composition, sans oublier Fun, Fun, Fun et California Girls, les Beach Boys auront aligné tube sur tube sans toutefois profiter pleinement de leur popularité.


« SURFER » AUX SONS DES BEACH BOYS

Au même titre que les Beatles et les Rolling Stones, les Beach Boys ont été l’un des groupes majeurs de l’histoire de la pop. Avec plus de 80 millions d’albums vendus, et malgré une carrière inégale et quelque peu chaotique, les Beach Boys peuvent être ranger sans aucune hésitation auprès des géants américains.


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Les « Garçons de la Plage » portent magnifiquement leur nom en symbolisant de façon quasi naturelle la jeunesse californienne d’alors. Avec leurs cheveux courts, leurs chemises rayées et leurs relatives sagesses, ils symbolisent une Amérique « blanche » insouciante et pleine d’espoir, toute prête à relever n’importe quel défi.

Formé près de Los Angeles à Hawthorne en 1961 par Brian Wilson (basse et chant), Dennis Wilson (batterie et chant). Carl Wilson (guitare et chant), Al Jardine (guitare et chant) et Mike Love (chant), leur première composition Surfin de M. Love et B. Wilson les impose comme les chantres de la vie californienne, un idéal que l’on peut résumer par ces quelques mots évocateurs : surf, plage, automobile et flirt.

En effet, dès le début de leur carrière, les Beach Boys popularisent la « surf music », directement inspirée par ce sport en vogue. Pendant cette période, le groupe enchaîne succès sur succès : Surfin' Safari ; Surfin' USA ; Surfer Girl ; Little Deuce Coupe, Fun, Fun, Fun, etc. Leurs chansons naïves évoquent une Californie de rêve, pleins de jolies filles aux yeux bleus et de belles voitures. C’est l’époque de l’abondance et des besoins futiles.

Accompagné de Al Jardine à la guitare et de Mike Love au chant, les frères Denis et Carl Wilson entreprennent leur prodigieuse carrière sous la houlette technique de leur frère Brian, tout à la fois chanteur, pianiste, bassiste, compositeur, arrangeur et producteur. Presque tous leurs simples entreront dans les charts jusqu’en 66. Leur reprise de Sweet Little Sixteen de Chuck Berry, rebaptisée Surfin’ USA (1963) les révèle mondialement. Mais c'est surtout avec l’album Get Around (1965 - contenant Help me Rhonda ; California Girls – qui devient l’hymne des Beach Boys), qu'ils commencent à évoluer et à construire pas à pas une musique sophistiquée qui sera subitement révélée par l'album Pet Sounds l’année suivante…


PET SOUNDS, L'ALBUM DE RÉFÉRENCE

Des dossiers dans les magazines spécialisés, voire des livres entiers ont été écrits à propos du chef-d’œuvre des Beach Boys, que Brian Wilson s’est plu à recréer en concert au début du nouveau millénaire. Cet album, qui révolutionne alors les standards de l'arrangement et de la production, est pour la musique américaine un équivalent de Revolver et du Sgt. Pepper's des Beatles.

L’histoire raconte que la réalisation de l’album Pet Sounds aurait inspiré le travail conduit par Paul McCartney sur Sgt. Pepper’s, bien que Pet Sounds aborde des thèmes d’inspiration moins terre à terre. En réalité, replacé dans son contexte, tout devient plus clair… En se lançant dès les premiers jours de janvier 1966 dans la création de Pet Sounds, Brian Wilson voulait faire aussi bien, sinon mieux, que le Rubber Soul des Beatles, paru trois semaines plus tôt. Touché par la grâce, tandis que ses camarades sont en tournée, Brian s’enferme en studio avec le parolier Tony Asher.

Brian, qui joue de plusieurs instruments, tente des expériences avec des sonorités jamais entendues sur des disques « pop » (il enregistre notamment de nombreux bruits naturels : klaxons, animaux, etc.). Se prenant au jeu, il en vient à diriger les autres musiciens alors présents, à signer les arrangements et en chantant la presque totalité des voix principales. « À leur retour, quand le groupe a écouté les nouvelles chansons, ils ont flippé, racontera Brian, puis ils ont rempli les ‘vides’ que je leur avais laissés. Dès lors, nous avions un classique entre les mains. »

Sous une pochette aussi iconique que stupide (les Beach Boys en train de nourrir des chèvres) celui-ci s’ouvre sur Wouldn’t It Be Nice, pour s’achever sur Caroline, No, et ne contient que des chefs-d’œuvre dont Sloop John B., God Only Knows et l’un des plus beaux instrumentaux de l’histoire de la pop, Pet Sounds.


DE « BONNES VIBRATIONS » POUR L’HISTOIRE

Mais la référence ultime et incontournable de ces jeunes garçons souriants viendra avec le titre Good Vibrations (1966), magnifié par l’utilisation des dernières techniques d’enregistrement, en particulier des premiers magnetophones multipistes et par l’utilisation de l’écho qui transcendait leurs harmonies vocales et leurs voix haut perchées.

Composée par Brian Wilson et Mike Love, et chantée par Carl, la chanson Good Vibrations demandera six mois d’enregistrement dans quatre studios différents. Ses changements de rythmes, son instrumentation saisissante et avant-gardiste de par l’utilisation du synthétiseur, place d’emblée ces « bonnes vibrations » à part dans l’histoire de la musique rock. Good Vibrations en devenant l'un des plus grands tubes de l'histoire de la Pop confirment la place déterminante des Beach Boys dans la musique des années 60. Le succès est tel qu’ils arriveront à détrôner en décembre 66 les Beatles en Grande-Bretagne, ce qui semblait impensable à l’époque.

THE BEACH BOYS : GOOD VIBRATIONS


SMILE, L’ALBUM INACHEVÉ

Épuisé par les concerts et les drogues, Brian Wilson décide de laisser sa place en avril 65 au chanteur country Glenn Campbell, puis à Bruce Johnson (fils de l’actrice Doris Day et producteur des Byrds) pour se consacrer à la production. Aiguillonné par les réalisations de Phil Spector et de George Martin (Beatles) Brian produira Gary Usher, Campbell et le trio vocal féminin Honeys (rebaptisé American Spring) formé par sa femme Marilyn, sa belle-sœur Diane Rovell et leur cousine, Ginger Blake, mais sans toutefois atteindre le succès des Beach Boys.

Début 1967, les Beach Boys sont aux États-Unis le groupe le plus célèbre. Good Vibrations est au sommet des hit-parades mondiaux. Le titre devait être inclus dans l’album Smile, un album qui devait incarner selon Brian le disque de pop psychédélique ultime. Smile, enregistré en partie, jamais publié sinon en « bootleg », deviendra l’un des disques mythiques de l’histoire du rock dont on retrouvera des bribes au hasard de rééditions-compilations ultérieures, notamment sur Smiley Smile et 20/20. Brian Wilson voulait anticiper la sortie imminente du Sgt. Peppers des Beatles, mais celui-ci le devancera. Déçu, épuisé et aux portes de la folie, Brian refusera de publier ce disque légendaire.

En août 67, nouveau chef-d’œuvre, Heroes &t Villains (dont une version de onze minutes était prévue dans Smile), avec une ligne de basse inspirée de celle de River Deep, Mountain High de Phil Spector, des accords descendants stupéfiants, et des parties vocales, parmi les meilleures de Brian Wilson. D’abord Top 20 aux USA, puis Top 10 en Grande-Bretagne, Heroes &t Villains deviendra « disque de l’année » en France.

Toutefois, face à un public américain qui réclame toujours de nouveaux sons et de nouvelles idées révolutionnaires, la popularité des « Garçons de la plage » décline. Les perles que sont Wild Honey (1967), Darlin’ (1968), Blue Bird Over the Mountain et Then I Kissed Her (1969) de Phil Spector, mais également Do It Again et Breack Away la même année, ne les ramènent pas au sommet.

Le groupe, qui termine son contrat avec Capitol, a la bonne idée d’ignorer le marché américain pendant deux ans. Les Beach Boys tournent alors dans les pays européens avec succès. Un album est enregistré en public à Londres et l’année suivante c'est le continent qui les accueille. En 71, le groupe revient sur scène, mais en Californie. Ils y retrouvent le succès avec Sunflower, Surf’s Up et Carl & the Passions, début 72. En février de la même année, Carl, Dennis, Al, Mike, Ricky Fataar (batterie) et Blondie Chaplin (basse et guitare), de passage à Amsterdam pour une apparition télé, décident de s’y installer. Brian fait construire un studio et le groupe enregistre ce qui est considéré comme son autre chef-d’œuvre, Holland (1973) d’où émergera le magnifique Sail On Sailor.

Cependant au sein du management rien ne va plus. L’ancien journaliste Jack Rieley, leur manager depuis trois ans, décide de les quitter. Il est aussitôt remplacé par James Williams Guercio de Chicago, vieil ami du groupe qui assure lui-même les parties de basse sur scène à la place de Brian. Quant aux deux musiciens Sud-Africains, Fataar et Chaplin, ce seront des horizons plus lucratifs qui auront raisons de leur fidélité.


LES BEACH BOYS EN STAND-BY

Pendant deux ans, les Beach Boys se consacrent à leurs familles. Pendant ce temps leur compils entretiennent la légende ; le groupe refera toutefois surface durant l’été 1976 avec une reprise de Rock & Roll Music (n°5 aux États-Unis), leur plus gros succès depuis Good Vibrations. De son côté, Dennis Wilson enregistre seul, imité en 81 par Carl et Jardine.

Au tournant des années 80, de façon inattendue, les Beach Boys sombre dans la fureur disco avec Here Comes the Night (1979) qui parviendra toutefois à se classer en Grande-Bretagne, et dans l’exotisme de pacotille avec Sumahaima (1979). Le titre Come Go With Me inclus en 81 dans l’album M.I.U. (Maharishi International University) sera le dernier hit du groupe pour les sept années à venir.

Le 28 décembre 1983, Dennis Wilson se noie à 39 ans dans le Pacifique, au large de Marina del Rey (Californie), sur les lieux même où il avait chanté avec le groupe qui symbolisait au mieux l’insouciance du teenager californien des années 60. Déterminés à continuer, les Beach Boys se rappellent à notre bon souvenir en 1985 en enregistrant Getcha Back et I Do Love You, avec Stevie Wonder, puis l’année suivante avec l’autobiographique Rock & Roll To the Rescue, et une splendide version du standard des Mama’s & Papa’s, California Dreamin’, avec Roger McGuinn à la guitare douze cordes.

Pour les Beach Boys, le glas retentit une dernière fois vingt-deux ans après leur dernier n°1. Ce sera le quatrième en titre, un original signé Melcher-Love, John Phillips (Papa’s) Scott McKenzie (San Francisco) : Kokomo (1989), extrait de la BO du film Cocktail avec Tom Cuise.


LES BEACH BOYS AU ROCK & ROLL HALL OF FAME

Au cours des années 90, les disques Capitol inaugurent une politique de rééditions avec la remastérisation augmentée de quelques chefs-d’œuvre dont Pet Sounds, suivi d’un coffret 4 CD de la quasi-intégralité des séances de l’album en 96, et d’un album de versions inédites de leur répertoire en 98 (Endless Harmony).

Aujourd'hui encore, les Beach Boys demeurent une attraction assez unique au royaume de la Pop-Music en ayant influencé plusieurs générations de producteurs, musiciens et interprètes, les Who et Todd Rundgren, XTC, John Cale, McCartney et Elvis Costello en particulier. Ils ont été également l’un des premiers groupes à avoir son propre catalogue discographique (Brother Records).

Le 20 janvier 1988, The Beach Boys sont admis au 'Rock & Roll Hall of Fame' en compagnie des Beatles, Bob Dylan, des Drifters et des Supremes. Mike Love qui avait composé quelques vers de la chanson Back In the URSS des Beatles, s’y distinguera en apostrophant Billy Joel, Mick Jagger et Bruce Springsteen ; Dylan déclarant quelques minutes plus tard : « Je veux remercier Mike Love de ne pas m’avoir mentionné ! »

Par D. Lugert (Cadence Info - 01/2017)


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