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MUSIQUE & SOCIÉTÉ


L'HISTOIRE DE LA MUSIQUE DISCO : ENTRE FIÈVRE, MODE ET RYTHME

Apparue à la fin des années 70, la musique disco fut un véritable phénomène musical aussi puissant que la chère valse de nos grand-mères. Populaire, cette musique a toujours rimé avec discothèque.


DISCO, QUAND TU NOUS TIENS !

Au début des années 80, même si la musique disco est sur le déclin, elle n’est pas encore éteinte. Elle trouvera une suite logique avec la dance music qui lui emboîtera le pas, suivie de près par la techno, dont le puissant rythme hypnotique prolongera dans un sursaut d’orgueil son rythme légendaire.

La musique disco ne devait pas être une musique comme les autres. D’ailleurs, elle fut lancée à grand coup de médias pour faire bonne impression, comme un grand coup de pied au cul vous disant : ‘Bouge de là et va danser sur la piste !’. La mode, la publicité et le cinéma entraient également à leur tour dans la danse.


VOUS AVEZ DIT ‘SATURDAY NIGHT FEVER‘ ?


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En 1977, le film de John Badham, ‘Saturday Night Fever (‘La fièvre du samedi soir’), connaît un succès planétaire. Tout le monde ou presque veut voir le film à sa sortie. Je me souviens, j’y étais !… J’étais dans la longue file interminable à l’entrée du cinéma.

Bien sûr, ‘Saturday Night Fever‘ ne repose pas sur un scénario inoubliable. En pleine période controversée de musique punk, le film était très gentil, très fleur bleue avec son histoire de jeune immigré italien vivant à New York, et dont la seule obsession était d’épater, le soir venu, les filles en discothèque.

Si en semaine le héros du film occupe un job sans intérêt, le week-end, il prépare avec minutie son apparence. Face à la glace, avec son costume taillé trois pièces agrémenté de pat’ d’eph, la chemise ouverte sur une poitrine couverte de quelques ornements clinquants, le look du danseur Travolta est fin prêt. Au son d’une musique très rythmée, l’incontournable discothèque du samedi soir voit enfin débarquer ‘sa star’…

Certes, la danse et la musique jouent à l’unisson. Travolta montre ses talents de danseur sur la piste, au point que le personnage sera parodié, ridiculisé jusqu’à la démesure dans de nombreuses émissions télévisées et dans quelques films. Pourtant, de nombreux ados et jeunes adultes voudront alors s’identifier, se comparer à cet italien qui incarne à lui seul la frénésie disco, un mode de vie qui leur fait oublier le temps d’une danse la misère des banlieues. C’est ainsi que chaque ville verra naître dans leurs night-clubs des ‘empereurs’ disco, sauf que sur la piste de danse, très peu seront capables de rivaliser avec le personnage de Travolta. Ce ne seront que des imitations, des phénomènes de mode, des illusions.

La musique de film composée en grande partie par les Bee Gees remporte tous les suffrages. Tous les ados ou presque finissent par posséder le double album de la BO. Il fallait bien un double album pour loger les longues reprises de musique classique à la sauce disco et les compositions des Bee Gees. Dans le style comédie musicale qui n’en est pas une (mieux vaut regarder Grease), Saturday Night Fever a joué un rôle important dans l’histoire de la musique disco. Sans ce film, ce courant musical n’aurait pas eu la même portée médiatique, indispensable à sa survie dans le temps.


ATTENTION ! UN DISCO PEUT EN CACHER UN AUTRE

Si c’est grâce à Hollywood et à son marketing que la musique disco connut un succès à l’échelle planétaire, ses origines sont européennes et même française grâce à Cerrone, alors batteur de métier, qui proclama être l’auteur de son fameux ‘beat’, avec sa grosse caisse sur tous les temps et sa caisse claire lourde, ‘plombée’ comme disaient les musiciens de studio.

Une année avant la sortie du film Saturday Night Fever, dans un studio munichois, un compositeur du nom de Giorgio Moroder associe la voix soul et sensuelle d’une chanteuse noire américaine à des arrangements réalisés presque exclusivement aux synthétiseurs. Jusque-là rien d’extraordinaire. Depuis les années 60, les voix soul sont déjà le fer de lance de tout un courant musical qui s’exporte très bien. La production musicale européenne lorgne depuis longtemps sur tout ce qui provient des States, sauf que pour Giorgio Moroder la chance est au rendez-vous, car la chanteuse n’est autre que Donna Summer, une inconnue qui va devenir en quelques mois la diva du disco. Par la suite, la chanteuse oubliera les sonorités cosmiques des synthétiseurs. Les orchestrations deviendront plus ‘standards’ avec violons et cuivres, comme chez Barry White.

Quincy Jones, le futur arrangeur visionnaire de Michael Jackson, s’intéresse de près à cette musique encore naissante et réalisera quelques titres savoureux très consommables. Coïncidence ou savant calcul, toujours est-il qu’à l’occasion de l’album éponyme Donna Summer réalisé en 1982, le producteur et compositeur présentera son poulain (Michael Jackson) à la chanteuse pour quelques séances de chœurs. On connaît la suite. L’année suivante, quand le tandem Jones/Jackson sort le dévastateur album Thriller, il n’est déjà plus question de disco. Quincy et Michael savent que la page est tournée depuis déjà fort longtemps.

De 1976 à 1982, chanteurs de variété, musiciens issus du jazz ou du rock, compositeurs, arrangeurs, producteurs, tout le monde souhaitait produire de la musique disco. Cette musique-là était tellement efficace avec son rythme binaire en 4/4 et ses orchestrations ‘cliché’ que chaque artiste ou presque était persuadé qu’il devait apporter sa pierre à l’édifice.

Pour Giorgio Moroder, point de musique disco sans une utilisation massive de synthétiseurs. La musique du film Midnight Express reste à ce jour la référence de l’artiste. Quant à Cerrone, s’il ne se démarque guère du style produit par Moroder, il connaîtra aux Etats-Unis plusieurs hits dont Give Me Love et Supernature. Parmi les compositeurs inclassables, Frank Zappa écrira à sa manière de la musique disco. Paradoxalement, cela lui vaudra d’être nommé aux Grammy Awards en 1979 pour sa chanson Dancing Fool (album Sheik Yerbouti), lui qui, en tant que musicien d’avant-garde, se moquait éperdument de ce genre musical qu’il qualifiait de miroir aux alouettes.


ET CLO CLO ALORS !

Les artistes de variété française ne seront pas les derniers à plonger la tête en avant dans l’aventure disco : Patrick Juvet (I love America, Où sont les femmes), Dalida (Laissez-moi danser, Gigi in Paradisco), Sheila et surtout Claude François (Magnolia for Ever) dont la disparition en pleine vague disco éclipsera pendant un certain temps sa précédente carrière. Même Charles Aznavour et ses ‘Plaisirs Démodés’ s’habilleront de rythmes disco (bien que quelques temps plus tard, la chanson renaîtra de ses cendres en ne conservant que sa partie slow… ‘Dansons joue contre joue…’).

LE DISCO COTÉ MUSIQUE

Il n’aura échappé à personne que l’influence majeure de la musique disco provient de la musique Soul et Rhythm and Blues. Son orchestration n’a rien de révolutionnaire, si ce n’est que le synthétiseur qui connaît alors une fulgurante évolution technologique apportera une petite touche de singularité. La section rythmique demeure très classique. Autour du tandem basse/batterie se greffent une guitare rythmique, une guitare solo, des claviers et accessoirement des percussions. C’est l’époque où les pianistes jouent sur scène avec plusieurs claviers qu’ils installent tout autour d’eux. Au fil des années, ils vont occuper dans l’orchestre une place toujours plus importante et des responsabilités qui se renforceront avec l’apparition des séquenceurs au moment de la dance music.

Le public des pistes était très friand de toutes ces nouvelles sonorités très électriques. Les productions d’alors résonnaient aux sons des Fender Rhodes, des clavinets Hohner et des synthétiseurs Moog, ARP et Sequencial Circuit. Les producteurs de disco, comme Giorgio Moroder ou Arif Mardin, utilisaient les synthétiseurs de manière quasi systématique. La section rythmique électrique était souvent complétée par des instruments acoustiques (cuivres et cordes) et des chœurs.

L’un des poins forts de la musique disco est son extraordinaire souplesse à avoir intégré des formes musicales aussi diverses que le classique, le jazz, la musique brésilienne et même le flamenco. Les tentatives les plus réussies se trouvent dans l’adaptation des grandes œuvres classiques. Citons : la 5e symphonie de Beethoven (arrang. Walter Murphy), Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss (arrang. Eumir Deodato), Une nuit sur le Mont Chauve, de Moussorgski (arrang. David Shire).


LE RYTHME DISCO EN CONCLUSION

La formule rythmique du disco ressemble étrangement à celle de la marche militaire. Mais la musique qui fanfaronne au bruit du canon est ici beaucoup plus pacifique. Comme le rythme est simple, il est d’une efficacité redoutable. Dès qu’il surgit des enceintes, la frénésie des danseurs est là, prête à envahir la piste.

Le tempo, entre 100 et 130 bmp, est calculé sur la pulsation cardiaque du danseur disco, du moins, on trouvera dans cette explication l’hypothèse ‘scientifique’ d’une musique taillée pour la danse. Cette observation se poursuivra dans la dance music et les musiques électro, dont la techno.

L’autre caractéristique importante du rythme de batterie, en dehors de la grosse caisse mixée en avant, repose sur l’utilisation cadencée du hi-hat, alternativement ouvert et fermé à chaque temps. Toutefois, il arrive que le hi-hat joue un rythme régulier basé sur quatre doubles-croches.

Quant à la basse, si l’on excepte quelques rares ‘pompes’, l’instrument joue le plus souvent des ‘bass lines’ composées de phrases mélodiques de deux ou quatre mesures et répétées plusieurs fois dans une ou plusieurs section du morceau. A ce titre, le bassiste Bernard Edwards et coproducteur avec Niles Rodgers des groupes Chic et Sister Sledge a influencé un bon nombre de musiciens (par exemple, la ligne de basse de ‘Le Freak‘ du groupe Chic).

Par Elian Jougla (Cadence Info - 05/2012)

À CONSULTER

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