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BLUES, SOUL, REGGAE, RAP, WORLD MUSIC...


JAMES BROWN,
BIOGRAPHIE EN FORME DE PORTRAIT

Le 25 décembre 2006 la communauté Noire est en deuil, elle vient de perdre un artiste de premier plan, James Brown. Cet artiste touche à tout quitta un jour les rings de la boxe pour un autre combat tout aussi âpre, celui de la scène et du spectacle. Imaginatif et toujours combatif, James Brown sera un ardent défenseur de la cause des Noirs. Sa carrière le conduira à devenir l'une des références marquantes de la musique noire américaine des années 60/70.



JE ME PRESENTE : ‘MYSTER DYNAMITE’


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L’artiste avait du caractère et cultivait les mots en allant droit au but : « Quand je parle aux gosses, je ne les regarde pas de haut. Je viens du ghetto et j’ai toujours ma boîte de cireur à la main ! ». Affublé de surnoms divers comme ‘Myster Dynamite’, ‘Soul Brother’ ou encore ‘Godfather of Soul’, le dieu vivant venu des banlieues lançait à qui voulait l’entendre : « Dieu avait un boulot spécial pour moi… unir les hommes entre eux. »

Glorifiant sa musique de rythmes cadencés et d’un chant ponctué de cris et de hurlements, la locomotive James Brown a influencé tous les grands de la rock-music, à commencer par les Rolling Stones, les Who, mais aussi Prince, Michael Jackson, Public Enemy, les DJ et autres rappeurs, sans oublier les adeptes du funk, du reggae et du disco. Bref, tout un assortiment musical qui a aujourd’hui révolutionné la conception musicale de la planète.


UNE ENFANCE MISERABLE

Né en 1933 à Barnwell en Caroline du Sud, dans une famille pauvre, James Brown est élevé dans un bordel où il apprendra à ses dépens la dure réalité de la ségrégation raciale et du racisme du Sud. Dès l’âge de 7 ans, l’enfant espiègle devient un rabatteur de prostituées avant de devenir un cireur de chaussures. A l’adolescence, il est attiré par la boxe, mais surpris en train de voler, il est arrêté et emprisonné dans un pénitencier en 1949 dans lequel il va purger quatre longues années. C’est dans ces lieux morbides, qu’il commence à chanter du gospel…

En sortant de prison, il retourne à la boxe pour quelques combats avant de devenir un joueur de base-ball semi-professionnel. Il quitte le sport et intègre un groupe vocal, les Swanees – futur Famous Flames -, un groupe qu’il va écraser de sa forte personnalité. Les premiers enregistrements de l’ensemble rebaptisé la J.B Revue se vendront à plus de 2 millions d’exemplaires.


LES PREMIERS SUCCES

Enregistré en 1956, Please, Please, Please est son premier succès. Cette chanson est dans la ligne lascive de la vague musicale païenne noire qui triomphe alors avec Ray Charles. Please, Please, Please se verra classé dans les hit-parades américains rhythm & blues. Deux ans plus tard est enregistré Try Me à New York. Le blues transfiguré par le climat typique du gospel des églises baptistes du Sud américain devient à son tour un tube. Peu à peu James Brown affine son style. Il augmente l’intensité de son chant, et la rythmique basse/batterie devient le moteur d’une musique aux contours de plus en plus primaire.

En deux ans, James Brown devient l’idole de millions de jeunes Noirs. Au fil des tournées, il s’affirme comme un auteur-compositeur interprète et multi-instrumentiste doté également d’un sens aigu de l’arrangement. Surnommé ‘The One’ pour ses multiples capacités artistiques dont celui de dessiner ses propres vêtements, il utilise également ses connaissances dans le domaine du jeu de jambes hérité de son passé de boxeur pour inventer des danses comme le ‘camel walk’, le ‘mashed potatoes’ (les ‘patates écrasées’ enregistré sous le nom de Nat Kendrick et les Swans) ; danses qu’il teste et perfectionne toujours sur scène. Il créera également le ‘alligator’, le ‘shimmy’ et même le ‘James Brown’. Autant de particularités scéniques qui vont amplifier sa légende de ‘Dance Machine’. Michael Jackson sera la fin observateur de son jeu de jambes en reprenant à son compte les ‘pas de côté’.

Ses explosions de rythmes syncopés vont éclater dans deux nouveaux tubes : Think en 1960 et Night Train en 62. Mais au regard de ses succès, James Brown n’oublie pas son enfance et les erreurs du passé, et il chante à l'intention des petits Noirs et Blancs un brin paresseux : Don’t Be a Drop Out, Saty In School (Ne deviens pas un raté, reste à l’école, bosse…).

Après Shout And Shimmy et Night Train, l’album Live At the Apollo confirme le talent scénique de l’artiste. Pendant une semaine, il fait exploser le légendaire théâtre Apollo de Harlem de New York. A partir de cet événement, James Brown va incarner la ligne dure de la musique noire ; hurlant, dansant et implorant une rage de tous les instants. Live At the Apollo est aujourd'hui l’album le plus représentatif de sa carrière, une sorte de synthèse de la musique noire du 20e siècle réunissant tous les principaux courants : le blues, le rhythm & blues, le gospel et la soul.


LES ANNES FASTES

Les années 60 seront grandes pour le Soul Brother n°1 qui, chaque soir, va perdre plusieurs kilos en se soumettant à un show explosif. Le spectacle est bien rodé. Il était important pour James Brown que la salle soit ‘chauffé’ avant qu’il ne rentre sur scène. Les musiciens et les choristes jouaient, tandis qu’un maître de cérémonie venait haranguer le public. Quand le Godfather of Soul pénétrait sur scène, l’impatience était à son comble et le public à sa botte. Le ton était donné. Généralement, les fins de spectacle se terminaient par le même rituel, celui de la cape argentée... Quand J.B, apparemment épuisé, se mettait à genoux, un assistant vennait l’aider à se relever pour l’entraîner vers les coulisses. Ensuite, venait le moment des rappels… Jusqu’à vingt-sept fois par soir comme s’en étonnera un certain David Bowie.

En 1965, les minets français et les mods anglais découvrent alors cette ‘musique de sauvage’ avec Papa’s Got a Brand New Bag, morceau fondateur du funk et dans lequel une section de cuivres laisse éclater ses riffs incisifs. Le titre, événement rare, est classé alors à la fois dans les hit-parades noirs et blancs. Aux Etats-Unis, l’époque des Freedom Songs est déjà en marche et James Brown marche aux côtés d’Otis Redding vers un même combat, celui de l’application des Droits Civiques. J.B livre alors à ses frères la célébration de la soul et une impitoyable pulsation funk dont il détient le secret.

Derrière la basse qui gronde et la batterie qui frappe, et qui sont la marque de fabrique de sa musique, James Brown va produire sur un ton beaucoup plus suave un slow entouré de violons pseudo-classiques. En 66, It’s a Man’s Man’s World est d’un classicisme troublant et inattendu. Dès lors c’est la consécration. En composant Cold Sweat en 67 et en proclamant l’année suivante Say It Loud (I’m Black And I’m Proud) (Dites-le fort, je suis noir et je suis fier), il devient l’un des leaders du ‘Black Power’. James Brown : « Jusque-là, les Noirs avaient honte. Ils avaient entendu tant d’insultes, du genre ‘nègre’ ou ‘négro’ qu’ils ne savaient plus qui ils étaient. J’ai transformé ce négatif en positif et j’ai écrit cette chanson sur la fierté. »


SEX MACHINE

L’extraordinaire bête de scène et encore à cette époque l’un des artistes les mieux payés du monde (pour info, en 68, il gagnait 8 dollars par minute). L’artiste est à la tête d’une formidable entreprise de spectacle qui, outre son groupe, les Famous Flames, réunit un show imposant comprenant plusieurs chanteurs et chanteuses, et qui donne près de trois cent soixante-cinq galas par an. Si la marque de fabrique J.B semble indétrônable, la chanson slogan Say It Loud, I’m Black And I’m Proud va pourtant lui valoir l’hostilité des milieux blancs conservateurs, mais aussi celui des extrémistes révolutionnaires noirs. Son orchestre finit par se mutiner et James Brown se trouve dans l'obligation de virer tous les musiciens. Les Famous Flames n’existant plus, il doit songer à l’avenir. Comble de malchance et de malheur, à ces événements va s’ajouter le drame de la disparition de son fils aîné…

Pour faire face à l’adversité et démontrer à ceux qui en douteraient que le feu sacré et la soif d’entreprendre ne sont pas éteintes, James Brown va s’entourer uniquement de jeunes musiciens. Ce nouvel orchestre, baptisé les JB’s, enregistre en un temps record – 12 heures ! – un double album comprenant des reprises de ses grands titres, plus un nouveau morceau de seize minutes : Get Up, I Feel Like Being a Sex Machine.

Enregistré en 1970 dans les studios Starday de Nashville, James Brown et ses jeunes forçats de la ‘funk music’ ont inscrit dans l’histoire de la musique noire une véritable bombe à danser, d'une durée interminable pour certains, mais incontournable pour d’autres quand il s'agit de bouger son 'cul' sur les pistes de danse.

Sex Machine est l’exemple frappant du style James Brown avec son rythme hypnotique, répétitif, avec la mise en avant de la ligne de basse, de la guitare rythmique, qui n'arrête pas de délivrer des accords secs et rapides, avec des chœurs qui répondent à la voix de J.B à la façon d'un gospel, avec ses riffs de cuivres syncopés et ses quelques notes bluesy de piano, placées ici ou là, juste pour apporter un peu d’aération sonore. Le groove cohabite avec une bonne part d'improvisation, car c'est ça aussi le style James Brown ! Le titre devient universel et va résonner pendant longtemps dans tous les night-clubs. Sex Machine est tellement représentatif de la musique funk des années 70, qu’il va inspirer une émission de télévision sur la deuxième chaîne française, Les Enfants du Rock.

Au milieu des années 70, l’arrivée du disco va toutefois ternir quelque peu sa brillante carrière. Le favori des ‘nightclubbers’ va devoir se justifier et démontrer que le disco qu’il a contribué à installer lui fait à présent de l’ombre. C’est ainsi qu’il va se proclamer en 79 l’« Original Disco Man » et relancer sa carrière à travers son Soul Syndrome et son hymne macho Funky Men en 80. Le film de John Landis, The Blues Brothers, où il joue le rôle d’un prédicateur noir, va restaurer quelque par l’image qu’il cherche à défendre.


EN REPONSE AUX RAPPEURS

En 81, il retrouve le succès avec Rap Payback, qui est sa réponse aux rappers. En 84, il travaille avec Afrika Bambaataa et son groupe hip-hop new-yorkais et enregistre Unity. Une fois encore, il ouvre la voie au rap. L’une de ses chansons de juin 72 donne déjà son nom à Public Enemy, l’un des groupes radicaux du genre… J.B hurle une fois de plus How Do You Stop ? (Comment pouvez-vous arrêter ?). Après dix ans d’absence, il revient en France pour se produire à l’Hippodrome de Paris (janvier 81) où il reçoit un véritable triomphe.

Après le rap, pourquoi pas le reggae ? En 82, il signe chez Island, la référence reggae, et tente d’enregistrer avec la rythmique reggae Robbie Shakespeare/Sly Dumbar au Compass Point à Nassau, mais sans succès. Cependant, le cinéma ne l’a pas oublié. Dans la série des Rocky, le numéro IV est le bon numéro. La chanson s’intitulera Living In America. Suivra un autre film, Gravity, produit par Dan Hartman et où figure une composition d’Alison Moyet, Let’s Get Personal.

En 88, lorsque paraît I’m Real – officiellement son 88e album – celui-ci devient un coup de tonnerre. Pour beaucoup de spécialiste et de non-spécialiste, James Brown est bien le père de la vague hip-hop, tandis que d’autres, s’appuyant sur America Is My Home, une chanson composée en 68 après l’assassinat de Martin Luther King, déclarent que celle-ci n’est en fait que le premier rap enregistré… De vaines opinions qui ne changeront en rien le déroulement de l’histoire, surtout quand ses grands succès vont être remixés, triturés, par les rois de la house et quelques DJ irrespectueux. Ses trouvailles rythmiques comme ses cris seront alors échantillonnés à qui mieux mieux.


LE COME-BACK FINAL

L’un des plus beaux et mérités come-back de l’histoire de la musique populaire anglo-américaine va pourtant s’interrompre quelques semaines après la sortie de I’m Real. James Brown est arrêté et emprisonné pour détention d’armes, violences conjugales et consommation de PCP, une drogue surpuissante. Condamné à six ans de prison, sa peine sera commuée à trois ans. Le 10 juin 91, le voici enfin libre…

Le funky man, qui n’a pas perdu la foi, remonte sur scène à Los Angeles et dans la foulée vient se produire en France quelques jours plus tard. De cette époque va paraître un coffret de 4 CD contenant pas moins de 71 titres. Star Time vient fêter ses trente-cinq ans de carrière. Une autre pépite, Roots Of a Revolution (Les racines d’une révolution) issue de sa période ‘rustique’, nous fait entendre James Brown avec un trio vocal. En 93, Universal James, signe des temps, est produit et composé par Jazzie BH de Soul II Soul.

Finalement, James Brown, qui possédait des chaînes de restaurants, de télévisions, de night-clubs, de radios, 500 costumes de scène et pas moins de 2 000 paires de chaussures, n’a eu qu’un seul regret : ne pas être allé au bout de l’album de reggae commencé à la Jamaïque. Au titre des records, il eut plus de quarante titres classés dans le top 40, un record seulement battu par les Beatles et Elvis Presley.

Celui qui écrivait en 77 avec un certain humour sur la pochette de Mutha Nature : « Le Roi, puisque vous m’appelez ainsi, est de retour. Après Beethoven, Bach, Brahms, voici Brown. », a enregistré près de 150 singles et une centaine d’albums – sans les pirates - dont les plus intéressants sont ceux en public à Harlem et au Japon. Une véritable mine pour tous les fans et collectionneurs !

Par Elian Jougla - 08/2013



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