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LA MUSIQUE FUNK ET SON HISTOIRE

Des rythmes irrésistibles de James Brown à l'exubérance de Georges Clinton et autre Bootsy Collins, en passant par Prince, Michael Jackson ou Cameo, le funk est une sorte de grande famille musicale. Apparu dans les années 1960, ses racines puisent directement dans la soul et le rhythm'n'blues. Poursuivant son aventure dans les années 1970 et au-delà, sa rythmique possède un groove caractéristique très dansant qui inspirera la musique disco. Son dialogue basse et batterie, souvent appuyé par une section de cuivres très dynamique ponctuant en contrepoint la mélodie principale, constitue sa grande force.


LE FUNK, UN HÉRITAGE VENU DE LA MUSIQUE SOUL

On a prêté au mot funk, employé d'abord par les jazzmen des années 1950, nombre de significations comme "se trémousser" ou "gigoter". Qu'importe ! Le funk est l'aboutissement logique de la soul music. Le style s'est éloigné à grands pas du gospel pour devenir une musique dont le groove a la particularité d'être stimulant.


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Wilson Pickett, avec le titre Funky Broadway, est considéré par certains comme le premier chanteur funk. Mais c'est avec James Brown que ce mot prend toute sa valeur : un show incroyablement physique, un rythme rapide et des hurlements inimitables de "Mister Dynamite". Son immortel Sex Machine est sans doute l'un des premiers véritables tubes du genre. Le funk de l'époque, qui est encore proche de la soul music et de ses racines rhythm'n'blues, va cheminer et trouver d’autres rivages où il va pouvoir accoster et s’émanciper.

George Clinton avec Funkadelic, Parliament et leur P.Funk ou Sly And The Family Stone donneront à cette musique son aspect excentrique, alors que des musiciens provenant du jazz, comme Herbie Hancock, Georges Duke ou The Breckers Brothers apporteront la sophistication.


AVERAGE WHITE BAND : PICK UP THE PIECES (1975)
Dans les années 70, la musique funk traverse l'Atlantique pour atterrir en écosse avec le groupe Average White Band. Composé en majorité de musiciens Blancs, le groupe aura la faveur du public jusqu'au début des années 80.


LE FUNK MODERNE

Avec Stevie Wonder, Earth, Wind and Fire et son cousin Kool and the Gang ou les Jackson Five et leur album mémorable Destiny, cette musique évolue avec l'introduction des synthétiseurs et des batteries électroniques. Le son devient plus pointu, les sections de cuivres rappellent de moins en moins le rhythm'n'blues. À la fin des années 1970, le funk est confondu parfois avec le disco, auquel il donne, notamment avec le groupe Chic, la dimension que cette musique de boîte de nuit n'avait pas jusque-là. Le funk apparaît alors comme un mariage réussi de la soul, du rock et de la pop music.

Dans les années 1980, Prince n'hésite pas à introduire des solos de guitare "hendrixiens" et Michael Jackson à faire appel au guitariste de hard-rock Van Halen pour Beat It. Le funk influence en retour nombre d'artistes jazz ou rock et pop comme David Bowie, Duran Duran ou les australiens INXS. C'est alors le genre incontournable, touchant tous les publics grâce à ses nombreuses variantes.

Cameo, Maze, Power Of Power, Chaka Khan ou, plus tard, Bobby Brown, la liste des groupes ou des artistes auxquels on peut coller l'étiquette "funk" est longue. Bien des styles musicaux apparus dans les années 1980/1990, comme le rap (du moins à ses débuts avec Sugarhill Gand ou Grand Master Flash), le new jack swing ou la house music, ont directement puisé dans son registre.


KOOL AND THE GANG : CELEBRATION (1980)
Au tournant des années 80, la musique funk est à son apogée et s'impose à travers d'imposantes formations. Earth Wind and Fire et Kool and the Gang incarnent cette musique qui se danse frénétiquement dans les Clubs.


JAMES BROWN... MR. DYNAMITE

Cet ancien boxeur a été bien inspiré le jour où il abandonna le noble art pour la soul music. Il commence sa carrière avec Please, please, please me et devient rapidement l'idole de millions de jeunes Noirs. En 1958, il devient numéro un avec Try Me. Peu à peu, James Brown trouve son style : il augmente l'intensité du chant et de la rythmique associant basse et batterie, ponctuant ses interventions de cris et de hurlements.

En 1964, il obtient un nouveau tube Out of Sight, puis coup sur coup, deux numéros un : I Got You et Papa's got a brand new bag. En 1966, James Brown se produit au Madison Square Garden de New York. L'Amérique blanche le découvre et c'est dès lors pour lui la consécration... Après I'll go crazy (1965), il inscrit successivement au hit parade : You've got the power, It's a Man's Man's, Man's, Man's World et Kansas City.

© Heinrich Klaffs - James Brown (1973- Hambourg)

James Brown compose et écrit lui-même ses chansons et dessine ses vêtements. C'est une extraordinaire bête de scène, un chanteur à la voix puissante et un danseur accompli. Durant les années 1960, c'est l'un des artistes les mieux payés au monde. Il est à la tête d'une formidable entreprise de spectacle qui, outre son groupe, les Famous Flames, réunit un show imposant comprenant plusieurs chanteurs et chanteuses, et qui donne près de trois cent soixante-cinq galas par an. Une institution qui ne sera détrônée qu'avec l'arrivée de la musique disco (James Brown enregistrera quelques titres aux couleurs disco).

Suite au départ de la majorité des membres du groupe en 1970, James Brown recompose un nouveau groupe intitulé the JB's. L'un des premiers titres enregistrés est Get up (Sex Machine). James Brown investit dans la production et crée son label chez Polydor, 'People'. Son style influence des musiciens de jazz comme Miles Davis.

Sa vie privée est tumultueuse. Il est arrêté en 1988 pour possession de stupéfiants, mais rien n'arrive à détrôner Mr. Dynamite, la star du funk. À l'aube de la musique rap, l'influence de James Brown pour cette musique est bien réelle. De nombreux mix et titres réalisés par des rappeurs, comme M. C. Hammer, durant les années 1980, trouvent leurs sources dans les enregistrements de James Brown.

En 1983, il invite les nouveaux ténors de la musique soul et funk, Michael Jackson et Prince, pour un concert se déroulant à l'Apollo de Harlem. Ses apparitions pour le cinéma sont remarquées : The Blues Brothers (1980) où il joue le rôle d'un prêtre et Rocky IV (1985). Il participe à des enregistrements de rap (1984) et de hip-hop (1988).

La fin de sa carrière est entachée à nouveau par des problèmes judiciaires : excès de vitesse, détention d'armes, le condamnent à 6 ans de prison (1988). Désintoxication et violences conjugales en alternance avec enregistrement et concert marqueront les dernières années de sa vie. Il s'éteint en 2006, suite à une insuffisance cardiaque, à l'âge de 73 ans. En 2014, le film biopic de Tate Taylor James Brown, Get On up (2014) rendait un vibrant hommage au 'Roi du funk'.

À CONSULTER

JAMES BROWN, BIOGRAPHIE EN FORME DE PORTRAIT


Par Elian Jougla (Cadence Info - 06/2019)

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