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LA POP MUSIC : LE GRAND MELANGE DES GENRES

Depuis la fin des années 70, il manque une musique de passage, d’équilibre entre le populaire et l’aristocratique, les variétés et ce qui est dit classique. Le travail d’approche fait par Jean-Michel Varenne dans son ouvrage Les poètes du Rock nous amène à penser qu’à l’époque de la « pop music » et du pop art en général, tout n’a pas été bien perçu...


LA MUSIQUE EN EFFERVESCENCE

Le premier grand choc musical s’est déroulé dans les années 50 avec l’arrivée de la société de consommation, via les États-Unis. L’histoire du rock’n’roll a été traversée de part en part par des artistes qui balançaient sur les ondes des chansons abêtissantes pour les teenagers. Un business s’était mis en place, et les chanteurs et chanteuses ne faisaient que suivre le mouvement, trop content de mettre en avant leur avantage physique à défaut de voir leur qualité artistique épaulée par du talent. Le déchet sera énorme et l’originalité minime, tandis que la lourdeur, la facilité, voire le misérabilisme seront considérables.


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Lors de la décennie suivante, pour mieux coller à la soif de musique de toute une génération, le terme de « pop music » est lancé en réaction à l’explosion de la « contre-culture ». Cette « pop music », qui a couru tout au long de la décennie et même au-delà, est pleine de bruits, de musique folklorique pesamment saupoudrée de folk, de country, de blues, de rhythm and blues, mais aussi, dans une moindre mesure, de jazz. De cette époque naîtront de nombreuses chansons aux allures « modernes » dont les sujets principaux seront l’amour et le sexe, parfois agrémentés de révoltes sociales et théâtrales, et d’échanges politiques virulents pour abolir le conflit au Vietnam.

L’époque musicale se vit dans l’effervescence. Chez le jeune public, elle existe dans l’instant, rarement dans une quelconque réflexion qui aurait permis de ne pas la bazarder au plus offrant. Au lieu d’être lyrique et claire, la musique des années 60 est faite d’expérimentations éphémères. À de rares exceptions, elle est brouillonne et fébrile. Le vibrato de la voix cède sa place à son homologue électronique, tandis que la course aux décibels cache bien souvent une technique instrumentale souvent misérable. L’artificiel prend racine, et au son, on préfère le bruit. Le public découvre les effets électroniques. La distorsion, plus que tout autre, fera date et verra fleurir un rock « dur », si dur, que le rock’n’roll conduit par le King Elvis aura des allures de chansons « fleur bleue » pour midinettes.


LA POP MUSIC, UNE MUSIQUE SOUS EMPRUNTS

La grande force de la « pop music » sera d’exploiter quelques trouvailles mineures en s’appuyant sur des emprunts habiles. La dynamique instituée par la notion de groupe et la construction musicale souvent empirique, voire anarchique, fera le reste. Elle permettra surtout à des centaines de groupes de rêver et d’échapper à des conditions sociales souvent difficiles. Presque tous ces groupes ont couru après le succès et la gloire, et bien peu sauront résister à l’assaut du temps. Toutefois de nombreuses chansons parviendront à s’intégrer parfaitement dans le système mis en place par le show-business et figureront en bonne place dans les hit-parades.

Depuis quelques années, une autre tendance musicale résonne déjà  : le free jazz. Leurs interprètes sont les héros d’une musique de refus. Ils s’appellent Ornette Coleman ou John Coltrane et se trouvent à l’opposé de la démarche artistique de la majorité des musiciens «  pop » mais aussi des autres courants jazz. Le « free » est isolé et ne court pas après de quelconques rythmes métronomiques simplistes et n’use pas, non plus, de messages verbaux compréhensibles clamés avec violence. Ce refus de la société de consommation et de la société tout court existe bien sûr dans la « pop music », mais il s’exprime différemment. Certes, dans la « pop music » la contestation est abondante et exacerbe le côté physique et volontairement agressif lors des prestations scéniques, mais c’est surtout à travers les paroles des chansons que le refus s’exprimera le mieux. Les textes seront vengeurs, mêlant des messages absurdes par soif de provocation ou d’une intellectualité poétique, voire mystique avec l’appui de quelques drogues puissantes.

Tout comme la musique jazz, la « pop music » saura se diversifier. Sa chance lui sourira en devenant un fait social dans lequel toute une génération se reconnaîtra. À Woodstock, ils seront 500 000 à entendre un peu de tout, de la chanson contestataire et hautement revendiquée, mais pas seulement. Une sélection naturelle prendra forme. Le public retiendra les mélodies folks interprétées par la "madone des pauvres gens" Joan Baez, les quelques blues déchirés de Janis Joplin, superbe petite chanteuse qui, comme Bessie Smith a brûlé la vie par les deux bouts, le rock-latin enflammé de Carlos Santana et le jeu époustouflant du guitariste Jimi Hendrix, la célèbre reprise de la chanson des Beatles With A Little Help From My Friends par Joe Cocker, ou encore la présence du groupe Canned Heat, si habile à faire renaître le boogie-woogie.

LA PLACE LAISSÉE AU JAZZ

À défaut de pouvoir mettre des étiquettes sur autant de styles, et pour avoir la capacité d’éviter les gimmicks et autres trucs et astuces sonores qui inondent la « pop music », le jazz parviendra néanmoins à se frayer un chemin à travers quelques groupes de blues-rock, où proche d’une musique usant des techniques d’improvisations liées au jazz. Entre un blues urbain moderne tel que le pratique un vétéran comme B.B. King jusqu’aux essais musicaux ambitieux signés par Frank Zappa, de nombreux musiciens de jazz trouveront dans la « pop music » un espace artistique suffisamment accommodant pour pouvoir exprimer librement leur sentiment.

Par rapport au travail effectué dans les années 70 par les grands batteurs noirs du jazz-rock comme Tony Williams, Alphonse Mouzon ou Billy Cobham, qui ont su mettre au pas un jazz-rock naissant, les sections rythmiques binaires blanches de la grande époque « pop » avaient tendances à manquer de swing. D'autre part, dans les groupes où l’empreinte du jazz était bien présente, la couleur des orchestrations, la coupe des solos, la forme des thèmes étaient souvent issus des canons du jazz. Dans ce cadre, les paroles des chansons si chères à la « pop music » n’étaient souvent qu’un prétexte, et l’improvisation la raison d’être.

À ces jeux de références, d’emprunts ou de cousinage dont la « pop music » se nourrissait, des groupes formés en partie à l’origine par des musiciens de jazz, comme les très intéressants groupes Chase, Blood Sweat and Tears, Chicago aux États-Unis et Nucleus pour l’Angleterre, seront les premières formations de Blancs à passer maîtres dans l’art de combiner un certain esprit rock, une pulsion binaire et des influences jazz au cœur des années 60. Cependant, ailleurs, dans une perspective plus libre ou plus lointaine, des groupes comme Soft Machine puiseront dans l’attitude héritée du free jazz, refusant tout net le moindre marchandage et la moindre compromission envers le système. Quant à ce que produisait Frank Zappa et ses Mothers of Invention, ce qu’ils joueront au gré de l’extrême fantaisie et de la culture éveillée du chef, cela se présentera sous la forme d’une succession de tableaux sonores empruntés à toutes les musiques ou presque : classiques, folkloriques, orientales, rock, blues ou jazz avec une grande complaisance pour la dérision dadaïste.


UNE « POP » DE CONSOMMATION

Dans l’univers des arts « pop », la musique a certainement été la discipline la plus représentative, du moins par rapport à la jeunesse. On comprend dans ces conditions, qu’elle ait suscité un grand intérêt dans l’industrie de consommation qui s’est attachée à l’exploiter au maximum. Le rock et la commercialisation ont toujours fait bon ménage et, depuis que les liens entre le pop et la « contre-culture » se sont distendus, la musique n’a jamais cessé d’être l’objet de soins attentifs de la part de l’industrie discographique.

La « contre-culture » et les mouvements pop ont été des moments marquants de la décennie soixante et la « pop music » a été leur point de convergence. Depuis, notre civilisation capitaliste post-industrielle n’a cesser de s’appuyer sur la consommation pour justifier son existence ; modes et styles provoquant perpétuellement des changements dans nos comportements. La culture, l’art et la science se consomment comme s’il s’agissait de produits comestibles, sans autre référence, dans l'urgence. Les hommes d’affaires des années 50/60 avaient compris cela en posant les premières pierres de l’édifice. Ils s’aperçurent que les teenagers étaient devenus des unités commerciales indépendantes avec des goûts et des besoins différents. Dès lors, ils commencèrent à leur proposer des produits pouvant les séduire : de la mode vestimentaire pour cultiver sa différence, des motos dans un souci de liberté d'action, et de la musique pour consommer quelques voyages intimes. C’est ainsi que naquirent la première maison de mode de Mary Quint, le cinéma et l’art d'un certain Andy Warhol et la musique pop. Le « camp » et le « kitch » pouvaient commencer leur affrontement !

Par D. Lugert (Cadence Info - 06/2015)


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