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BIOGRAPHIE EARTH WIND & FIRE, L'HISTOIRE DE MAURICE WHITE

La disparition de Maurice White le 3 février 2016 nous conduit à évoquer Earth Wind and Fire dont il avait été le fondateur. La formation, extrêmement populaire aux U.S.A et en Europe durant les années 70/80, est notamment restée célèbre pour ses nombreux succès : Septembre, After the Love Has Gone, Shining Star ou encore Boogie Wonderland.


UN CROISEMENT DE STYLES MUSICAUX

Qualifié de « progressive funk » la musique de Earth Wind & Fire (Terre, Vent et Feu, les trois éléments dérivés du signe Sagittaire de Maurice White) est en fait directement inspirée d’un mélange de cultures musicales propices à la danse. Leurs grands succès reposent le plus souvent sur des lignes de basse ronflante (proche du disco), de nombreuses percussions, une à deux guitares aux rythmes funky, des voix qui se complètent parfaitement (celles de Maurice White et de Philip Bailey), sans oublier la section de cuivres (les Phoenix Horns) et ses riffs, dont la bravoure est de donner à l’ensemble un clinquant et une précision assez diabolique côté mise en place.


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La grande éloquence de Earth Wind & Fire est d’avoir su interpréter des chansons aux écritures généralement complexes tout en ayant l’art et la manière de les rendre populaires. Let's Groove, Fantasy, Boogie Wonderland, pour ne citer qu’elles, témoignent de cette dévotion. Une production soignée, des arrangements irréprochables qui justifient à eux seuls d’écouter au moins un de leur titre... Le DJ David Guetta l’a bien compris, lui qui a usurpé - comme tant d’autres – les inspirations nées des seventies.


L’HISTOIRE D'EARTH WIND & FIRE

Formé en 1969 à Chicago par Maurice White, ancien batteur de studio, et ses jeunes frères Verdon (chant, basse, percussion) et Fred (batterie), Earth Wind & Fire publie un premier album éponyme en 1971. La formation riche de ses 10 membres, dont Philip Bailey (chant et percussion), Larry Dunn (claviers), Ralph Johnson (batterie, chant), Al McKay et Johnny Graham (guitare) et Andrew Woolfolk (flûte et saxos), imprime déjà un style dont l’originalité découle de la mixité des genres.

En 1974, l’arrivée du producteur Charles Stepney marque un tournant en apportant à la formation une autre polarité, d’autres valeurs. L’ascension de la musique disco est toute proche et Maurice White souhaite donner plus de musicalité à ses chansons. De ce changement de cap va naître l'album That's the Way of the World (1975). À l’intérieur, Shining Star, le premier grand tube planétaire du groupe. Le titre s’impose trois semaines en tête du top « pop » du Billboard, habituellement réservé aux artistes blancs. La valeur montante d’Earth Wind & Fire se confirme lors de la tournée avec Santana. Décomplexé, le groupe rivalise avec le maître de la guitare rock-latino et EWF a le sentiment de pouvoir tout se permettre.

La formation est sur tous les fronts, voyant toujours plus grand et ambitionnant des concerts géants dans les stades. Sur scène, la pyrotechnie est déjà là. Earth Wind & Fire invite le meilleur côté technique mais aussi côté chorégraphie et costume, pour innover toujours et encore. Les albums Spirit (1976), All’n’All (1977) I Am (1978) et Faces (1980) produisent à leur tour leur chapelet de titres taillé pour les dancefloor. Boogie Wonderland (1979), hérité directement du dico, sera diffusée jusqu’à saturation sur les radios américaines. Les disques d’Earth Wind & Fire sont dotés d’un tel aplomb de perfectionnisme qu’ils finissent même par captiver les amateurs de jazz, pourtant si attentifs aux écritures et au jeu des musiciens. La fin des seventies seront les années apogées du groupe, vendant des millions de disques et rivalisant avec les plus grands.

À la fin des années 70, le chemin emprunté par le groupe, conjointement appuyé par une politique trop commerciale à la demande de leur maison de disques et des décisions artistiques prisent arbitrairement, précipite le déclin du groupe qui n’a alors comme seule alternative que de se séparer.

À partir de 1984, Maurice White se consacre à la production (Neil Diamond, Barbra Streisand, Chaka Khan, The Emotions…) jusqu’au jour ou Phil Collins, qui ne tarit pas déloge à propos d’Earth Wind & Fire, finit par convaincre Maurice White de reconstituer le groupe. Ce retour qui s’opère en 1987 ne permettra pas au groupe de renouer avec le succès comme par le passé ; la musique funk qui nourrissait le groupe n’étant vraiment plus d’actualité. Son sauvetage de l'oubli, heureux/malheureux, viendra quelques années plus tard avec l’avènement de la musique électro, grâce à des DJ qui verront dans la musique d'Earth Wind & Fire matière à animer leur show. Dans leurs mains, EWF se réduira alors à quelques samples, à des remix ; une misère compte tenu de l’héritage apporté par le groupe.

Au fil du temps de nouveaux musiciens intègrent la formation, mais voit s’éloigner petit à petit la présence de leur leader. En 1994, Maurice White annonce qu'il quitte définitivement la scène. Atteint de la maladie de Parkinson, il continuera tout de même à s’investir comme compositeur et comme chanteur à chaque nouvel album. L’homme de lumière devient un homme de l’ombre, mais fier d’avoir apporter un si somptueux héritage musical. Pour lui, Earth Wind & Fire aura été l’une des rares formations afro-américaines à faire tomber les tabous raciaux, à rapprocher les différentes communautés, blanche, noire et latine, simplement par la musique plutôt que par le militantisme, sans imprégner leurs chansons de politique ou de provocation, mais préférant à cela le rapprochement des gens grâce à la danse.


À PROPOS DE MAURICE WHITE

Maurice White était âgé de 74 ans. La maladie de Parkinson lui avait été diagnostiquée dans les années 1980, le contraignant à cesser les tournées alors qu'il n'avait que 53 ans. Dans le groupe, sa voix de ténor complétait parfaitement celle de Philip Bailey à la tessiture de fausset. On retiendra aussi de l’artiste son talent indéniable dans l’écriture. S’il se sentait proche des grands du jazz, ses recherches musicales seront toutes autres. Développer un son nouveau qui associerait R&B, rock, soul et funk était son vœu le plus cher. Sans se renier musicalement, les chansons qu’il a écrites pour Earth Wind & Fire, célèbres ou pas, ont toutes été d’une grande finesse, capable de rassembler en son sein de multiples sources culturelles, ethniques et populaires.

Hommage à Maurice White

Source France 2 (04/02/2016)


En 1985, dans un entretien au Chicago Tribune, Maurice White avait confessé qu'il désirait que sa musique donne aux gens de l'espoir et une image positive d'eux-mêmes : « Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas sur cette planète, famine, pauvreté, pensées négatives, racisme, et beaucoup de bizarreries» et de rajouter « Donc quelqu'un doit dire quelque chose pour essayer d'équilibrer, si c'est possible ».

White, à titre individuel ou dans le cadre du groupe, a remporté sept Grammys, sur 21 nominations. "The Recording Academy", qui attribue les prix, conclut dans un communiqué rendant hommage à sa disparition : « Son instinct infaillible en tant que musicien et homme de spectacles a permis de propulser le groupe vers la gloire internationale, influençant ce faisant d'innombrables musiciens ».

Par Elian Jougla (Cadence Info - 02/2016)


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