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CHANSON


PORTRAIT GUY BEART, UN CHANTEUR ET AUTEUR DE RITOURNELLES POPULAIRES

Ce mercredi 16 septembre 2015, à Garches, frappé par une crise cardiaque, un petit homme est tombé en se rendant chez son coiffeur, c’était Guy Béart. Juste quelques heures après l’annonce de son décès, hommes politiques et artistes lui ont rendu hommage. Alain Souchon a salué la qualité de ses chansons, les définissant comme « des musiques qui avaient l’air d’avoir existé depuis toujours » et de rajouter « Ça rentrait dans la tête instantanément, (…) ça y restait comme les comptines de nos enfants. ». Julien Clerc, sur Europe 1, a également souligné la qualité de ses compositions, soulignant le « mélodiste de génie ». « Ce sont des chansons faussement simples et dont on se rend compte quand on doit les jouer qu’elles ne sont pas aussi simples qu’elles paraissent. ».


GUY BEART NOUS FAIT SES ADIEUX

L’éternel troubadour et défenseur des mots était né au Caire. Depuis 1967, il vivait à Garches (Hauts-de-Seine) dans l’ancienne demeure de l’ambassadeur d’Autriche, un endroit qui devenait à l’occasion un lieu de pèlerinage pour de grands noms des arts et de la musique. Il y a cinq ans, à 80 ans, il avait enregistré son ultime album, Le Meilleur des choses, après onze ans d’un long silence, un silence qui aurait pu avoir raison de sa carrière.


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L’homme a eu un parcours d’exception et il demeure une des grandes figures de la chanson française. De nombreux artistes se sont inspirés de son style, de sa façon de lancer les mots, des mots simples comme l’était l’homme. Julien Clerc, mais aussi Patrick Bruel ou Hervé Villard n’ont pas été les seuls à apprécier son répertoire. Zizi Jeanmaire, Juliette Gréco, Yves Montand, Colette Renard, Marie Laforêt, Maurice Chevalier, vont adopter le style Béart et l’interpréter.

Accompagnée de sa fidèle guitare, La Colombe ou les Trois Baudets à Pigalle connaissaient bien le jeune homme charmeur. Depuis Bal chez Temporel écrit en 1957 et chanté par Patachou, l’auteur-compositeur avait écrit quelques belles pages de la chanson française : Qu’on est bien, L’Eau vive, Chandernagor, Les Grands Principes, Suez… Il avait accumulé un catalogue de près de 250 chansons ; et si le chanteur s’était parfois absenté de la scène, en vérité, il n’avait jamais décroché.

Une mise en retraite provisoire pour cause de maladie (un cancer) ne pouvait l’éloigner trop longtemps de sa passion première : chanter et partager sur scène quelques mélodies avec son public fidèle ; un public qui n’aurait jamais raté pour tout l’or du monde le rendez-vous de janvier à l’Olympia pour son dernier concert.


L'ANCIEN BÂTISSEUR DEVENU CHANTEUR

« En 1957 j’étais une vedette, mais en 1963, le twist devant « régner sur le siècle », j’étais un has been. A 33 ans, je n’avais plus qu’un renom », confiait-il au Monde en septembre 2003… « Contrairement à Brel ou Brassens, je ne me destinais pas à la chanson, et, comme le succès a été immédiat, je n’ai pas connu les vaches maigres, je n’ai pas été obligé de me constituer un réseau ni un clan et je n’ai jamais eu à jouer un personnage. ».

L’ancien bâtisseur, membre du prestigieux corps des Ingénieurs des Ponts et chaussées, spécialiste de l’étude des cristaux et de la fissuration du béton était devenu le contestataire Guy Béart, un artiste échaudé par les pratiques « des maisons de disques », majors ou labels indépendants, qu’il plaçait toutes dans le même sac. Il n’avait pas bon caractère, c’était de notoriété publique, jusqu’à écrire des chansons dont le sens ne pouvait échapper à personne, telle cette Télé Attila et sa brocarde contre la radio et la télévision.

La télévision, il l’avait pourtant pratiquée de l’autre côté du décor, en présentant « Bienvenue » en 1966, où il invitait des amis et des artistes qui étaient rares à l’ORTF : Brassens, Devos, Michel Simon, mais aussi Jacques Duclos, Robert Boulin et même Duke Ellington. La prouesse d’alors était d’avoir enregistré 22 émissions en un mois. Un challenge impossible à réaliser aujourd’hui. Pour l'anecdote, on retiendra celle qui fit couler beaucoup d’encre en 1986 lors de l'émission 'Apostrophe'. Face à un Gainsbourg/Gainsbarre évoquant l’art mineur de la chanson, Béart considérait l’homme à tête de chou de « petit-maître, à l’occasion plagiaire ». Un échange verbal haut en couleurs, un must de la provoc qui est depuis rentrer dans les annales des plus beaux esclandres de la télévision.

(Cadence Info - 09/2015)

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