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MUSIQUE & SOCIÉTÉ


COMBIEN GAGNE UN ARTISTE AVEC SES CHANSONS ?

Le fonctionnement économique dans le domaine artistique est fort complexe. Le public surfe et idéalise trop souvent la vie du chanteur en ne retenant que ses activités visibles comme la parution d’un album, la réalisation d’un clip ou l'annonce d’une tournée éminente. Or, côté invisible, tout interprète est face à la question délicate des droits de création et de reproduction. Dans ce cas, mieux vaut être auteur-compositeur, ne serait-ce qu'en consultant les différents avantages que le système a mis en place pour rétribuer chaque œuvre…


VERS UNE "RÉPARTITION ÉQUITABLE"

Depuis plusieurs années, le marché du disque ne cesse de reculer. Nous avons signalé ce fait à plusieurs reprises (Streaming et gratuité, la musique en péril - Musique gratuite et streaming - Evolution du marché du disque) Le numérique, censé vulgariser l’accès à la culture musicale, n’a en fait que précipité les événements. Dans les faits, seuls les majors du secteur conduisent les rênes, tel Apple music.


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En octobre 2015, un protocole d’accord fut signé entre plusieurs acteurs de la filière pour qu’une plus grande transparence dans le calcul des recettes voit le jour. Or, encore aujourd’hui, le système de rémunération demeure inégalitaire. En 2016, selon la Cour des comptes, 1 % des artistes inscrits à la SACEM touchait la moitié des redevances distribuées par cet organisme. Le numérique présente néanmoins un avantage : celui de produire et de distribuer ses œuvres à moindre coût. Reste à en répartir le plus équitablement possible l’ensemble des revenus…


LE FINANCEMENT ENTRE ARTISTES ET MAISONS DE DISQUES

Si un auteur-compositeur a la chance d’écrire pour des artistes populaires, il sera profiter de cette reconnaissance du jour où il tentera l’aventure de son côté en devenant l'interprète de ses créations. Cela lui permettra, par exemple, de négocier plus facilement un prêt de plusieurs milliers d’euros pour la réalisation d’un album. Toutefois, il n'en demeure pas moins que le point d’accroche incontournable demeure la maison de disques. Celle-ci finance généralement les enregistrements, la promotion des albums et verse des royalties aux artistes qui sont sous contrat. Ces royalties représentent 5 à 25% du prix de vente au public de la musique selon les supports et canaux (CD, téléchargement, streaming) et la notoriété de l'artiste.

En attendant une "ouverture" tangible, la seule alternative pour tout artiste demeure encore le régime d'intermittent du spectacle. Ce système - souvent remis en cause à chaque gouvernement - permet à quelque 100 000 artistes-interprètes et techniciens d’obtenir des indemnités de chômage en fonction d’un nombre minimum de cachets effectués dans les mois précédents (les concerts, en grande partie).


QUAND TOUT N’EST PAS ROSE

Tout artiste en devenir est confronté tôt ou tard à la préparation d’une tournée. Celle-ci réclame quelques règles de bon sens, car la « folie des grandeurs » peut coûter très cher ! Mieux vaut alors, dans la mesure du possible, réduire les effectifs au minimum. Le prix du cachet n’étant jamais fixe, il sera calculé en fonction du nombre de musiciens et techniciens qui accompagnent l’artiste vedette, mais aussi en fonction du lieu de passage et du nombre de dates. L’accès aux plateaux télés, généralement réservés aux poids lourds de la variété française ou internationale, sera une aubaine, peut-être une chance unique pour un jeune artiste. Fort heureusement, il existe encore quelques émissions télévisées qui ouvrent leurs portes aux artistes de la nouvelle génération. Pour le média ce n'est pas une perte financière, car si les émissions renforcent la promotion et les ventes de places de concerts, la plupart des artistes-interprètes qui s'y produisent sont peu ou pas rémunérés. De rares émissions comme Le Plus Grand Cabaret du monde versent un cachet substantiel.


LES CLICS C’EST FLATTEUR, MAIS VENDRE C’EST MIEUX !

Si le nombre de clics sur Internet permet de révéler un intérêt pour une chanson, un artiste, il ne s’accompagne pas toujours du même effet quand il faut mettre la main à la poche – même quand la somme est minime – pour obtenir l'œuvre légalement. Il faut savoir que la vente du disque permet dans un premier temps de rembourser les différentes sommes investis à sa réalisation et à sa diffusion. La vente de plusieurs milliers d’albums est souvent nécessaire pour amortir simplement l’enregistrement réalisé en studio.

En 2016, sur les ventes de CD, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) prélevait 7,4% du prix de vente H.T. des droits de reproduction mécanique. Ceux-ci concernent la fixation d'une œuvre sur un support (CD, DVD, Clé USB...) ;. la redistribution de ces droits entre l'auteur-compositeur et l'éditeur étant fixée au cas par cas par contrat.

Sur une plateforme de téléchargement, genre Itunes ou Google Music, les chanteurs et musiciens perçoivent en moyenne 0,05 € sur un titre acheté 0,99 €. Quant au streaming, les interprètes écoutés dans le mois par un abonné se partageront ensemble 0,46 € sur un abonnement mensuel de 9,99 €. La SACEM prend sa part en collectant 0,07 centime par titre téléchargé et 12% du chiffre d'affaires des plateformes de streaming qu'elle répartit à égalité entre auteurs, compositeurs et éditeurs. (source "Ça M’intéresse" – 01/2016)


QUAND SON ŒUVRE EST DIFFUSEE…

La SACEM œuvre partout. Les radios et autres médias n’échappent pas à sa vigilance. Pour chaque diffusion d’une musique, d’une chanson, les médias sont dans l’obligation de verser un pourcentage de leurs recettes à la SACEM, qui redistribue ensuite ces droits aux auteurs-compositeurs et éditeurs. La somme est variable et dépend de l’heure de diffusion et du média concerné. Sachez que les plateformes vidéo - genre YouTube - diffusant de la musique rapportent très peu, même quand une chanson dépasse les 350 000 vues. Par contre, pour une chanson diffusée en primetime sur une grande radio, les ayant-droits peuvent se partager jusqu'à une centaine d'euros. De la même façon, la Société de perception et de répartition des droits d’auteurs (SPRD) représentant les interprètes et producteurs perçoivent et redistribuent à leurs mandants une rémunération provenant des radios et télévisions calculée sur la base de leur chiffre d'affaires.

Il ne faut pas oublier les autres sources de diffusion, comme les commerces, les bars, les restaurants, etc. qui doivent également régler une redevance annuelle aux auteurs inscrits à la SACEM, somme qui s’échelonne de quelques centaines d'euros à plus de 1 000 € pour, par exemple, un supermarché. Les interprètes perçoivent aussi une partie de cette « rémunération équitable » en fonction du chiffre d'affaires ou à partir d'un forfait.


LES PASSE-DROITS « TRANSPARENTS »

Pour qu’aucun centime ne se perde et pour légaliser en quelque sorte la possibilité de tout en chacun de réaliser légalement des copies privées (CD vierge, disque dur, clé USB...), la loi impose aux fabricants et importateurs de supports d'enregistrement vierges une redevance, incluse dans le prix final. En 2016, celle-ci se montait à environ 8 € pour un baladeur de 4 Go, de 1 à 5 € pour une clé USB de moins de 512 Mo. Ces sommes permettent de compenser les pertes financières qui en découlent pour les artistes. La taxe baptisée Sorecop permet à l’auteur de toucher 50% du montant collecté et à l'interprète 25%.

(Cadence Info - 05/2017)


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