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ROCK, POP, FOLK, ELECTRO...


THE POLICE BIOGRAPHIE/PORTRAIT DU GROUPE DE REGGAE-ROCK

The Police a été l’un des trios les plus influents de l’histoire du rock avec Cream, ZZ Top et celui de Jimi Hendrix. Ces Anglais blancs, amateurs de reggae, sont venus perturber la vague punk bruyante et nihiliste qui sévissait à la fin des années 70. Ce super-groupe va passionner la planète rock durant les cinq années de son existence en produisant un reggae-rock puissamment armé de mélodies dévastatrices et de rythmes intelligemments dosés.


LA CONSTITUTION DU GROUPE POLICE

Stewart « Armstrong » Copeland (né le 16/07/1952 à Alexandra, Virginie) est le grand batteur – par la taille et le talent – du groupe Curved Air, compagnon de Sonja Kristina, sa chanteuse, troisième fils d’un agent américain de la CIA. Il remarque lors d'une tournée, à Newcastle (Angleterre), le bassite-chanteur et saxophoniste d’un groupe jazzy, Gordon Matthew Summer (né le 02/10/1951 dans une banlieue ouvrière de Newcastle).


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Cet enseignant et fan de jazz a découvert le rock en allant voir Hendrix en tournée dans sa ville. Le bien nommé Sting, joue de la contrebasse, de la basse (« La première fois que je l’ai branchée et que j’en ai joué, j’ai laissé tout le monde sur le cul. ») et chante dans le groupe jazz-rock Last Exit. Son surnom, l’Abeille, vient d’un tee-shirt à rayures jaune et noir qui lui donne l’air d’une "guêpe contrebassiste".

Les deux musiciens sympathises et Sting part à Londres pour rejoindre Stewart Copeland. Le 12 janvier 1977, ils forment un groupe punk, Strontium 90, qui est rebaptisé Police, pour la simple raison qu’un tel nom est plus facile à retenir. Le troisième musicien est un guitariste originaire de Bastia en Corse, Henri Padovan (13/10/1952). « Le punk me plaisait parce qu’il était bourré d’énergie ! », dira celui-ci. À cette époque, le guitariste enregistre pour "Illegal Records", la marque de disques indépendante du frère de Stewart, Miles. Devenu leur manager, un premier 45 tours est enregistré (Fall Out), mais passe inaperçu.

Le trio présenté comme un groupe punk-new wave devient quatuor au festival punk de Monts-de-Marsan (1977) avec l’arrivée à la Telecaster d’Andy Summers, vétéran de la scène musicale anglaise (né le 31/12/1942 à Poulton Le Fylde dans le Lancashire). Le guitariste a déjà semé quelques notes de musique dans des groupes comme The Animals, Kevin Coyne ou Kevin Ayers Band (ex Soft-Machine). Pendant les séances qui suivent avec J. Cale, Padovani s’en va le 12 août rejoindre le groupe de Wayne County.

Dans un premier temps, le trio définitif composé de Sting, Summers et Copeland va réconcilier les amateurs de punk et de reggae, deux courants musicaux pourtant très contradictoires, avant de faire le bonheur des radios FM, des compilateurs et des jeunes chanteurs de reggae. « Police n’est pas un groupe rock, mais pop, nous produisons une musique destinée à être sifflée par le laveur de carreaux. » (Sting – 01/1977)

Copeland, Sting et Summers s’éloignent rapidement des rythmes primaires et radicaux du punk et trouvent leur style, que l’on peut résumer à travers un honky-reggae énergique, mélodique et élégant, usant à l’occasion d’écho sur la batterie, mais surtout relevé par la voix et les compositions fulgurantes de Sting. La touche finale sera à l’image des cheveux de ce dernier, une musique décolorée qui opère une synthèse savante entre un punk débridé, légèrement fou fou, et un exotique reggae tangué.


D’OUTLANDOS D’AMOUR À REGGETTA DE BLANC

Outlandos d’Amour sort en novembre 1978. Le disque fait l’effet d’une bombe avec son cocktail de mélodies directes, sans décodages. Outalandos d’Amour sera l’album le plus « heavy » du groupe. Enregistré sur un magnéto huit pistes et pour un tarif qui ferait pâlir n’importe quel artiste actuel (20 000 F), l’album s’impose début 79 en Angleterre et aux USA, et se révèle l’une des meilleures affaires discographiques des années 70.

Les radios adoptent Roxanne et So Lonely sans oublier les « ho ho » caractéristiques de Sting dont l’influence devient déjà primordiale et indispensable. Le 23 avril 1979, sur la lancée de Roxanne, composé pour une prostituée de Pigalle, The Police joue au Bataclan de Paris avec Edith Nylon en première partie.

En octobre 79, leur nouvel album Regatta De Blanc devient un chef-d’œuvre avec Bring On the Night, The Bed’s Too Big Without You, Walking On the Moon, à l’intro magique, et It’s Alright For You. Regatta De Blanc se vend à 8 millions d’exemplaires et devient leur premier disque d’or en France en janvier 80. De ce disque sortira leur premier n°1 mondial : Message In a Bottle.


THE POLICE - ROXANNE


L’impact mélodique des chansons de Police fait penser d’une certaine façon aux Beatles, d’autant plus que leur musique touche un public très vaste. Le trio possède de nombreux atouts qu’il exploite habilement : une rythmique souple et pêchue. La batterie de Copeland joue toutes les facettes de la syncope reggae de façon intelligente, pas d’une façon aussi mécanique que dans celle jamaïcaine. La mise en avant de la belle gueule de Sting, sa voix haut perchée, et dont la personnalité est identifiable à coup sûr, devient assurément la locomotive du trio. Quant à Andy Summers, le plus discret des trois et le moins discordant, il possède le savoir-faire indispensable pour régler l’homogénéité musicale du trio.

Mais alors que le groupe fustige la musique punk, Sting affirme déjà sa personnalité à travers quelques déclarations audacieuses et provocantes : « La pop music est une musique bâtarde. La pop qui ne passe rien dans ses valises est une musique nulle, condamnée à mourir. », et de rajouter à une autre occasion : « Je crois que le rock’n’roll est mort, mais Police se paie follement du bon temps à danser sur sa tombe. » Sting maîtrise parfaitement son sujet. Ses compositions sont ouvertes aux silences et aux accélérations comme par magie. Tout un art que le nouveau roi du « reggae blanc » résume simplement en ces quelques mots : « Police est le meilleur groupe de rock du monde… Nous sommes plus intelligents que le groupe rock moyen. »


DE ZENYATTA MONDATTA À SYNCHONICITY

Les trente-neuf minutes de Zenyatta Mondatta, en 80, surprennent. The Police se cherche entre l’énergie simple de ses débuts et les tubes chauds, pop qui suivront. Ce troisième album laisse planer un certain malaise musical mais aussi humain. Sting, qui vise la rondeur et la richesse harmonique – son amour pour le jazz éclatera de façon criante quand il entamera sa carrière solo -, et Stewart Copeland, à la vigueur immédiate, ne sont pas effectivement sur la même longueur d’onde. Cependant, le groupe continue de produire quelques tubes que les fans de la première heure n'ont pas encore oubliés. Comme leur album semble déjà l’indiquer, Zenyatta Mondatta a pour objectif le toit du monde. Don’t Stand Close To Me et Do Do Do De Da Da cartonnent (ce Do Do Do De Da Da n'est pas sans rappeler la légéreté de l'entraînant Ob La Di Ob La Da des Beatles... sans être mauvaise langue). L’album deviendra premier disque de platine aux USA.

Avec l’album suivant, Ghost In the Machine, qui sort en septembre 81, il en ira autrement. Les compos proposés par Summers, Rehumanize Yourself et Invisible Sun, lorgne vers un rhythm & blues enrichi de cuivres et de synthés dans un écrin immaculé. Summers, inspiré d’une étude de 1967 de l’écrivain Arthur Koestler (« Il n’y a pas de solution politique à nos problèmes métaphysiques »), dénonce l’absurdité moderne et la transformation de l’homme en machine. L'album Ghost In the Machine exprime la maturité d’un groupe qui densifie sa vision artistique que souligne très symptomatiquement les chansons Spirits In a Material World et Everything She Does Is Magic.


THE POLICE - EVERY BREATH SHE TAKES


Au début de l’année 83 le vent tourne. Les visions artistiques et musicales des trois membres de The Police semblent inconciliables. Un dernier album studio est enregistré en juin 83 : Synchronicity. Le succès de The Police est sur la lancée des albums précédents. Le public semble vouloir ignorer les différents malaises qui agitent le groupe. Preuve en est, la position du disque dans les charts américains : n°1 pendant dix-sept semaines. Synchronicity est un monument de rigueur, de finesse et de concision construit autour d’une suite de tubes : Kings Of Pain, Every Breath She Takes, Wrapped Around Your Finger… et un retour à l’essentiel, en particulier sur la seconde face du disque vinyle. « Une étoile tombe, un téléphone sonne, tout se rejoint en synchronique », chante Sting qui s’est inspiré du philosophe Jung.

Every Breath She Takes, berceuse-ballade sur l’envoûtement et la paranoïa, est inspirée par la séparation de son auteur d’avec l’actrice Frances Tomelty. La chanson passera plus d’un millions de fois sur les radios américaines. L'histoire raconte que Sting l’a composée une nuit dans son sommeil pour la coucher aussitôt au piano dès son réveil. Ce tube mondial fait l’objet d’un magnifique clip noir et blanc de Godley and Creme, où son auteur-compositeur joue de la contrebasse, avec la présence discrète de violons.

LE DIVORCE ANNONCÉ

En 1984, The Police, pour faire taire les rumeurs, annonce qu’il s’accorde une période sabbatique. Summers fait de la photo, publie un second album solo en 84, Bewitched, et compose la BO de dessins animés. Stewart Copeland compose de la musique de films : Rusty James de Coppola, de la musique sur ordinateur : le Roi Lear et même un album consacré aux percussions africaines, The Rhythmalist.

Le trio se retrouve le 11 juillet 1986 pour trois shows de la tournée américaine d’Amnesty, mais au moment de retourner en studio, ils sont incapables de s’entendre sur les objectifs recherchés. Ils auront toutefois pris le temps de produire une nouvelle version de Don’t Stand So Close To Me que les fans retrouveront dans la compilation Every Breath You Take.

Durant l'été 86, la dissolution est officialisée. Sting, qui trouve toujours les formules chocs, dira : « Je vais vous dire la vérité ; Stewart, Andy et Moi, nous nous aimons trop… » Puis, plus sérieusement : « C’est devenu trop facile, je m’ennuie avec eux… » Le succès aurait-il grisé la tête pensante du groupe ? Sting prouvera à travers les albums qu’il produira dans sa carrière solo que le divorce était avant tout d’ordre musical.


L’APRES POLICE

Afin de satisfaire les fans anciens et nouveaux, et avec l’accord des membres de The Police, paraissent en 95 deux enregistrements publics de concerts américains sous le titre Live et comprenant 30 titres : 15 d’un concert de novembre 79, enregistré à Boston pour la station de radio WBCN, et 15 autres de la tournée finale Synchonicity, enregistré en novembre 83.

Les stars de la scène reggae n'ont pas oublier The Police. Ils leur consacrent, en 97, la compil Regetta Mondatta, premier « tribute reggae », hommage au trio anglais, avec Ziggy Marley, Aswad, Steel Pulse, Chaka Demus & Pliers, etc. Et Sean Combs, alias Puff Daddy, fait en 97 un tube avec Step by Step I’ll Be Missing You, n°1aux USA, et hommage au rappeur assassiné Notorious B.I.G., qui reprend Every Breath ; et remixe Roxanne pour un nouveau Greatest Hits du trio. Sting confiera alors : « Une reformation ? Il ne faut jamais dire jamais ! » Le trio figurera en 79 dans l’album d’Eberhard Schoener, Video Flashback (Harvest).

Tout de suite après la séparation officielle du groupe Stewart Copeland poursuivra sa carrière dans la musique de films. Parallèlement à cette activité, il jouera avec Mike Rutherford, puis sous le pseudonyme de Klark Kent, il participera à So de Peter Gabriel en 86, et Street Fightin’ Years de Simple Minds en 89. Quant à Andy Summers, dont on a sous-estimé à tord son rôle « tempon » dans les derniers moments de vie du groupe, aura une suite de carrière beaucoup plus chaotique que ses deux compagnons. S’il enregistre deux albums en compagnie du guitariste de rock progressif Robert Fripp, I Advanced Masked, en octobre 82 et Bewitched, en septembre 84, c’est avec The Golden Wire, en 1989, que sa carrière amorce d'autres directions, à la recherche d’une identité musicale qu’il aura bien du mal à trouver. Summers sera alors partagé entre des univers de musiques New Age, jazz-rock (Charming Snake), world music, s’aventurant même dans les rythmes brésiliens et indiens (avec Najma Aktar, révélation du Printemps de Bourges 89). On retrouvera également Summers, dans le Stiletto de Mike Shrieve et dans le second album de Sting, Nothing Like the Sun.

Par D. Lugert (02/2015)


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