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MUSIQUE DE FILMS


ALAIN GORAGUER ET LA MUSIQUE DU FILM LA PLANÈTE SAUVAGE

La bande-son du film La planète sauvage composée par Alain Goraguer est devenue au fil du temps une référence pour les compositeurs de musique de dessin animé. A l’ère de la musique électronique, c’est toute une génération de défricheurs sonores qui s’en est emparée.


LA PLANÈTE SAUVAGE, UNE HISTOIRE BIEN CONSTRUITE

Film d’animation réalisé par René Laloux en 1973, l’histoire nous conduit dans un monde imaginaire peuplé d’humanoïdes mesurant plusieurs mètres de hauteur (Les Draags) et d’animaux baptisés Oms. La planète sauvage est un long métrage de science-fiction qui, finalement, nous renvoie à ce que nous connaissons déjà sur notre planète quand des animaux de compagnie en liberté prolifèrent et deviennent nuisibles.


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La planète sauvage est l’adaptation d’un roman de Stefan Wul que son réalisateur René Laloux s’empresse d’élever en suscitant chez le spectateur quelques réflexions sur le rapport entre les êtres, prenant à témoin une société avec ses conflits et ses misères politiques. Le synopsis peut se résumer à ceci : les Draags colonisent de minuscules êtres les Oms sur la distante planète Ygam. Terr, un enfant converti en animal domestique par les Draags, sera appelé à mener le soulèvement des Oms pour la reconquête de leur planète.

Cette histoire de science-fiction, hérité d’une culture hippie abandonnée, plonge le spectateur dans une peinture surréaliste façon Terry Gilliam. La planète sauvage est avant tout une fable sur la nature humaine et ses travers. Malheureusement, du point de vue de l’animation, la fable politico-humaniste de René Leloux avec sa technique d’animation basée sur du papier découpé a subi les outrages du temps. Reste la musique signée par Alain Goraguer qui semble intemporelle…


LA MUSIQUE DU FILM

La planète sauvage est présentée au Festival de Cannes en 1973 et remporte le prix spécial du jury. Cette récompense est due en partie au graphisme du dessin animé, œuvré par un Roland Topor inspiré, mais également par un accompagnement musical dans lequel s’inscrit des musiques très diverses. Alain Goraguer créera pour l'occasion une ambiance sonore plutôt planante et expérimentale où se mêleront musiques pop, jazz et rock.

Les thèmes présents dans la bande son transgressent les genres musicaux sans pour autant être en dehors du sujet du film. La musique sonne très "années 70", mais une étrange alchimie se dégage des arrangements d’Alain Goraguer, notamment à travers l’utilisation des cordes, des bois et des chœurs féminins qui épousent quelques sonorités de clavinet et un inévitable theremin et ses « ondes martiennes ».

Les exemples ne manquent pas. C'est le cas avec Déshominisation - le motif récurrent de la BO - qui instrumentalise une atmosphère new age et où cohabite de diaboliques guitares funky. Plus tard, alors que le thème Fusées s’appuie sur une valse au tempo marqué, Strip Tease et Terr et Medor évoluent au carrefour de la blaxploitation chère à Isaac Hayes et au jazz-rock d’un certain Miles Davis. Un sacré mélange !

A l'écoute, on ne soupçonne pas que derrière ces musiques se cache le musicien arrangeur et orchestrateur de Jean Ferrat, ni celui de France Gall. Alain Goraguer est capable de s’échapper des arrangements convenus pour créer un univers musical très personnel. Chaque étape de l’évolution du personnage de Terr, de l’enfant terrifié au leader de la rébellion, est marquée par l’utilisation d’un instrument précis. Ainsi, Le bracelet et ses flûtes enfantines cèdent la place à un saxophone dans Streap Tease, puis aux guitares saturées lors de la séquence d’extermination des Oms par les Draags dans Déshominisation.

Aujourd’hui, le travail conduit en amont par Alain Goraguer n’a pas été vain. Quatre décennies plus tard, des artistes branchés « electro » se sont emparés de sa musique pour façonner à leur façon la face cachée de La planète sauvage. Air, pour ses climats éthérés, mais également des rappeurs comme Madlib et Big Punisher. On ne compte plus les versions remix et pirates d’un album qui n’a jamais bénéficié d’une véritable sortie officielle en CD. C’est peut-être là, la rançon du succès pour un disque devenu aujourd’hui culte et hors du temps.


ALAIN GORAGUER - LA PLANÈTE SAUVAGE (bande son dans son intégralité)


À PROPOS D’ALAIN GORAGUER

Déjà été évoqué dans le site, à propos de Jean Ferrat, Alain Goraguer était dans les années 60/70 un arrangeur recherché et estimé. Cet ancien pianiste de jazz s’est fait connaître grâce à sa collaboration avec Boris Vian et Serge Gainsbourg grâce à sa participation à l'album de Serge Gainsbourg : Gainsbourg Percussions.

Avec Boris Vian, le jazzman devient compositeur et écrira quelques chansons qui deviendront célèbres, notamment Je bois et Fais-moi mal, Johnny. Par la suite il deviendra l’arrangeur et orchestrateur d’artistes durant la période yéyé, alternant des musiques plus ou moins bien abouties. Retenons son travail pour Boby Lapointe (Aragon et Castille), Henri Salvador, France Gall (Les sucettes, Laisse tomber les filles, Poupée de cire poupée de son), Salvatore Adamo (Dis ma muse, L’amour te ressemble) Brigitte Bardot, Juliette Gréco (Un petit poisson, Les pingouins) Joe Dassin, Georges Moustaki (Le métèque) et Régine (Les p’tits papiers, La grande Zoa), Isabelle Aubret ; mais c’est surtout avec Jean Ferrat - avec qui il a collaboré du premier au dernier disque - que son style s’est imposé : La montagne, Potemkine, etc. Dans les années 2000, il aura l’occasion de travailler avec Abd al Malik (Dante – 2008).

Parallèlement à ce travail conduit dans les coulisses du show-biz, Alain Goraguer a composé de nombreuses musique de films, citons : J’irai cracher sur vos tombes de Michel Gast (1959), L’eau à la bouche, en collaboration avec Serge Gainsbourg (1960), Un jour à Paris, de Serge Korber (1965), Sur un arbre perché de Serge Korber (1971), Le silencieux, de Claude Pinoteau (1973), L’affaire Dominici, de Claude Bernard-Aubert (1973) et Les noces de porcelaine, de Roger Coggio (1974). Prenant le chemin inverse de certains compositeurs de cinéma, il écrira aussi de la musique de films érotiques, voire pornographiques dans les années 70/80.

Par Elian Jougla - 05/2014

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