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JAZZ ET INLUENCES


ANITA O’DAY, BIOGRAPHIE PORTRAIT DE LA CHANTEUSE DE JAZZ

Anita O’Day fut une chanteuse de jazz américaine très admirée pour son sens du rythme. Prenant plaisir à scatter en réponse à d’éclatant riffs de cuivres, elle refusait de se plier au stéréotype féminin de la chanteuse de charme. Anita O’Day se présentait sur scène le plus souvent vêtue d'une veste et d'une jupe plutôt qu’en robe de soirée. Ses compétences dans le domaine de l'improvisation rythmique et mélodique ne sont pas sans rappeler une certaine Ella Fitzgerald...


UN STYLE VOCAL QUI ÉPOUSE LE BOP

Anita O’Day fut une figure marginale dans la production américaine, souvent oubliée ou délaissée pour d’autres artistes éphémères. Pourtant, dans les années 40, elle a été la grande coqueluche du star-system avec son incroyable And Her Tears Flowed Like Wine qui se vendra à plus d’un million et demi d’exemplaires. Un chiffre exceptionnel pour l'époque !


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La chanteuse a souvent cité Martha Raye comme influence principale, exprimant également de l'admiration envers Mildred Bailey, Billie Holiday ou Ella Fitzgerald. Sa façon de percuter les notes courtes (1), de produire des crescendos puissants avec presque aucun vibrato, a contribué à forger un style qui a trouvé sa véritable voie dans le langage bebop des années 50.


UN PARCOURS PONCTUÉE DE RENCONTRES FRUCTUEUSES

Son début de parcours est des plus classiques. Née à Chicago en décembre 1919, elle commence à chanter très jeune dans des spectacles de danse en autodidacte. Après maints concours elle devient professionnelle à l’âge de vingt ans en intégrant le quartette du pianiste Max Miller.

Ses premiers succès ne se font pas attendre. C’est avec l’orchestre du batteur Gene Krupa qu’elle grave un chapelet de tubes scat et lance des réparties cinglantes à la trompette de Roy Eldridge. En 1941, "Down Beat" l’a nomme « Nouvelle étoile de l'année » et dans les années qui suivent, elle réussit à glisser d’autres succès enregistrés pour de petits labels comme Hi Ho Trailus Boot Whip, Key Largo, How High the Moon ou encore Malaguena.

Toutefois, face à ses succès, Anita O'Day est toujours soucieuse de ne jamais sacrifier sa carrière de chanteuse de jazz au profit d’une autre beaucoup plus commerciale. Si sur scène son heure de gloire vient tardivement, à presque 40 ans, lors du Festival de Jazz de Newport de 1958, c’est en enregistrant pour les labels "Norman" et "Verve" de Norman Granz que la chanteuse gravit enfin les marches du panthéon du jazz. De 1952 à 1962, 17 albums sont enregistrés grâce au célèbre producteur de jazz d'où émergent deux d'entre eux : Anita O'Day Sings Jazz (1952) et Songs by Anita O’Day (1954).


SI sa carrière est ponctuée de rencontres fructueuses, elle sera aussi jalonnée d’expériences risquées. Comme bien d'autres artistes de l'époque, Anita O'Day n’échappera pas à la drogue, véritable fléau qui lui vaudra plusieurs démêlés avec la justice (2) et qui faillit lui coûter la vie en 1968 à cause d'une overdose (mémoires High Times, Hard Times, publiés en 1981).

Les années 60 seront celles de la télévision où la chanteuse trouve l’occasion de se produire dans les shows "Timex All-Star Jazz Show" et "The Swingin' Years" organisés sous l’égide de Ronald Reagan. A la décennie suivante, c’est le cinéma qui se présente à elle à travers deux films : Zigzag a.k.a. False Witness avec George Kennedy (1970) et The Outfit (1974) avec Robert Duvall.


ANITA O'DAY : AND HER TEARS FLOWED LIKE WINE (1943)


LA FIN DE CARRIÈRE

Dans les années 70/80, Anita O’Day sort plusieurs albums enregistrés au Japon et d’autres sur le label "Emily Record", propriété de la chanteuse et de John Poole, son fidèle batteur. L'une de ses interprétations les plus connues de sa fin de carrière demeure Is You Is Or Is You Ain't My Baby, qui ouvre le film Shortbus (2006) de John Cameron Mitchell. (3)

Anita brune ou Anita blonde, Anita juvénile ou Anita vieillissante, peu importe, la chanteuse reste confondue dans la même image, élancée et naturellement distinguée. Celle qui fut surnommée « The Jezebel Of Jazz » s’est frottée aux plus grands, de Oscar Peterson à Buddy de Franco en passant par Herb Hellis, Hank Jones, Louis Armstrong, George Shearing, Cal Tjader, Thelonious Monk ou Chet Baker.

La chanteuse, qui nous a quittée en 2006 à l'âge de 87 ans, avait su trouver un style personnel empreint d’humour, nuancé, pétri de swing, mais surtout un phrasé où l’émotion primait sur la technique. Anita O’Day fut probablement la seule chanteuse blanche à pouvoir rivaliser avec les grandes vocalistes noires américaines, si tant est que cette distinction garde un sens.

N. Balen (Cadence Info - 03/2017)

1 – Anita O’Day a été initié à la batterie et à la théorie musicale par le batteur Don Carter, qui deviendra son mari en 1937.
2 – En 1947, Anita O’Day et son mari sont arrêtés par la police pour détention de marijuana. Le couple écopera de 90 jours de prison. En 1953, elle fera un mois de prison pour consommation d’héroïne.
3 - Un documentaire a été consacré à la chanteuse en 2007 : Anita O'Day : The Life of a Jazz Singer, réalisé par Robbie Cavolina et Ian McCrudden.


DISCOGRAPHIE (sélection)

  • Anita (1955 – Verve)
  • Sings the Most (avec Oscar Peterson, 1957)
  • Anita O’Day Sings the Winners (1958 – Verve)
  • Cool Heat (1959 – Verve)
  • Incomparable (Verve, 1960)
  • All the sad young men (avec The Gary Mc Farland orchestra, 1961)
  • Don't explain (1961)
  • Trav'lin' Light (Hollywood, janvier 1961)
  • Time for Two ( avec Cal Tjader, 1962 )
  • Live In Tokyo (avec Toshiyuki Miyama and All Stars Orchestra 1963)
  • Fly me to the moon (1966)
  • Live at Mingo (1976 – Emily)
  • Blue Skies (1979)
  • Live at the city (San Francisco - Septembre 1979)
  • In a mellow tone (1989)

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