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MUSIQUE DE FILMS


LALO SCHIFRIN, LA MUSIQUE DU FILM L’INSPECTEUR HARRY (DIRTY HARRY)

En 1971, lorsque le compositeur argentin Lalo Schifrin signe la BO du film L'inspecteur Harry (Dirty Hazrry), le musicien est déjà une figure éminente dans le milieu du cinéma et de télévision. Pour le premier volet de cette série qui en comprend cinq, Lalo Schifrin s’affairera à écrire une musique jazz, parfois funk, mais surtout une musique pleine de rebondissements, capable de soutenir les agissements du tueur psychopathe Scorpio...


LE PERSONNAGE DE L’INSPECTEUR HARRY

Surnommé « Harry le charognard », à cause de son supérieur qui le charge des missions les plus pourries, l’inspecteur Harry est de plus, dans chaque épisode de la série, accompagné d’un(e) partenaire débutant(e) ou incompétent(e) qu’il doit former souvent dans l’urgence des événements.


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Dans son costume 3 pièces et armé de son indispensable 44 magnum, le flic Harry Callahan, alias Clint Eastwood, n’a pas son pareil pour sortir quelques mots de son cru à son supérieur ou à son coéquipier (un déballage verbal teinté d’humour que l’on retrouve assez souvent dans les films qu'il a réalisés).

Dès les premières minutes du film, la psychologie de ce flic atypique se met généralement en place. N’hésitant pas à sortir son arme et à faire feu dans les pires situations, le personnage, à la limite de la violence expéditive, ne plaira pas à tout le monde quand le film sortira. Il y aura cette fameuse séquence, où l’arme au poing, Callahan s’avancera vers un braqueur blessé (Albert Popwell) après un hold-up manqué.

L’homme gît sur le sol blessé... Alors qu’à l’arrière-plan sonore, on entend faiblement une voix qui dit « ‘No more lies, Girl » (une ballade soul écrite par Donna Schifrin), une autre musique est sur le point de se faire entendre, celle du magnum que l’inspecteur dirige vers le braqueur encore conscient, avec la carabine posée à quelques centimètres de sa main… Froidement, l’inspecteur Harry lance alors ces mots : « Je sais ce que tu penses. C’est 6 fois qu’il a tirés ou 5 seulement ? Si tu veux savoir, dans tout ce bordel, je n’ai pas compté non plus, mais c’est un 44 magnum, le plus puissant soufflant qu’il y ait au monde ; un calibre à vous arracher toute la cervelle. Tu dois te poser qu’une question : est-ce que je tente ma chance ? » Étrangement, cette séquence se passe sans aucune intervention musicale ; un choix voulu par Eastwood en personne, déjà soucieux de l’incidence que pouvaient avoir un dialogue sur des images !


À PROPOS DU FILM « L’INSPECTEUR HARRY »

« L'Inspecteur Harry » (Dirty Harry), réalisé par Don Siegel en 1971 est le premier volet d’une série qui comprend quatre autres films : « Magnum Force » de Ted Post (1973), « L'inspecteur ne renonce jamais » (The Enforcer) de James Fargo (1976), « Le Retour de l'inspecteur Harry » (Sudden Impact) de Clint Eastwood (1983) et « La Dernière Cible » (The Dead Pool) de Buddy Van Horn (1988). Toutes les musiques sont signées Lalo Schifrin, excepté « L’inspecteur ne renonce jamais » composée par Jerry Fielding.

Le scénario du film s’inspire d’un fait authentique qui s’est déroulé quelques années auparavant (le tueur du Zodiaque). De nombreux acteurs sont sollicités pour jouer le rôle : Steve McQueen, Frank Sinatra, John Wayne, Robert Mitchum… mais tous refuseront la proposition, la plupart reprochant au rôle de l’inspecteur son excès de violence. Seul Clint Eastwood, qui venait de tourner son premier film (« Un frisson dans la nuit » - 1971), accepta le rôle. Le vétéran des films d'action, Don Siegel, qui a déjà travaillé par le passé avec Eastwood (Un shérif à New York - 1968), signe la réalisation.


LALO SCHIFRIN ET LA MUSIQUE DE « DIRTY HARRY »

Harry Calahan n’est pas le personnage central de la partition de Lalo Schifrin. Paradoxalement, le seul thème rattaché au personnage intervient dans la BO à travers une mélodie sobre et d’une grande lenteur jouée au Fender Rhodes. La première fois lors de la découverte d’une victime de Scorpio (le tueur en série interprété par Andrew Robinson) dans un puits près du Golden Gate (thème « Dawn Discobery »), puis plus brièvement pendant le générique de fin.

Lalo Schifrin se braque surtout sur le terrible assassin, comme si sa musique devait être son double. L’image du psychopathe devient dès lors saisissante, renforcée par des thèmes sonores aux accents discordants. Celui intitulé « Scorpio’s View » démontre, par exemple, le côté « fou » du personnage quand il arbore le signe ‘peace’ (paix) à sa ceinture, une contradiction que le compositeur argentin orchestre en utilisant des voix féminines évanescentes ; sorte d’incarnation angélique des divagations de Scorpio.

Les autres musiques aux couleurs jazz-funk sont le parfait reflet de ces débuts des années 70. Elles s'intégrent dans l’actualité musicale qui avait cours et que l’on pouvait percevoir notamment dans les séries télévisées policières d’alors (pour cela, il suffit d’écouter attentivement le jeu rythmique basse/batterie pour s'en rendre compte). Le contexte des nombreuses scènes urbaines du film profite également à ce genre de musique (scènes du 'Washington Square' ou du 'Kenar’s Stadium').

À mi-chemin des orchestrations big band et symphonique (utilisation d'un orchestre à cordes), le score de Lalo Schifrin joue souvent sur l'usage de dissonances audacieuses pour apporter plus de poids aux scènes où les agissements de Scorpio doivent être misent en évidence. Le slap de la basse (alors à la mode) autant que les archets crissant et les glissements orchestraux participent à la réussite de cette BO.


LALO SCHIFRIN : SCORPIO'S THÈME


À PROPOS DE LALO SCHIFRIN

Lalo Schifrin est né le 21 juin 1932 dans la capitale d’Argentine Buenos aires. Il grandit dans une famille où la musique fait partie du décor (son père a conduit l’orchestre philharmonique de Buenos Aires). À l'adolescence, il part à Paris pour suivre des études, et c’est durant cette période qu’il se passionne pour le jazz, notamment grâce à Stéphane Grappelli et Michel Legrand.

Il n’a que 16 ans quand il devient pianiste professionnel. Doué pour ce qui concerne les arrangements, Schifrin l'est également en tant que pianiste, ce qui lui donne l’occasion d’accompagner les plus grands noms du jazz, de Billie Holiday à Dizzy Gillespie (pour qui il écrira une suite), en passant par Stan Getz, Ray Charles ou encore Ella Fitzgerald.

Ce qui distingue surtout Lalo Schifrin des autres musiciens de la même génération que lui, c’est l’étrange facilité avec laquelle il navigue entre les styles, car en dehors du jazz, le jeune compositeur passe du rock à la bossa-nova, et de l’afro-cubain à la chanson comme si tout cela coulait de source.

Toutefois ce sont ses qualités d’arrangeurs qui vont lui permettre de prendre contact avec l’univers de la musique de film (« Rhino I » - 1963). Ensuite, le palmarès qu’il va inscrire au tableau est élogieux : « Luke la main froide » (1967), « The Fox » (1967 - avec l’organiste Jimmy Smith, dont le thème principal deviendra célèbre à la télévision française grâce aux pubs des collants Dim), « Bullit » (1968 – célèbre pour le long thème crescendo qui illustre la séquence de poursuite en auto), jusqu’à cette musique de « Dirty Harry » (1971), savamment construite et ne faisant l’impasse sur presque rien face à ce polar urbain fort haletant.


TRACKLIST DE « DIRTY HARRY »

  • 1. Prologue / The Swimming Pool
  • 2. Main Title
  • 3. Harry's Hot Dog
  • 4. No More Lies Girl
  • 6. Red Light District
  • 7. Scorpio Takes The Bait
  • 8. The Cross
  • 9. Goodbye, Callahan
  • 10. The Stadium Grounds
  • 11. Floodlights
  • 12. Dawn Discovery
  • 13. Off Duty
  • 14. The Strip Club
  • 15. Liquor Store Holdup
  • 16. City Hall
  • 17. The School Bus
  • 18. End Titles

Par Elian Jougla (Cadence Info - 03/2018)

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LALO SCHIFRIN, DU JAZZ À LA MUSIQUE DE FILMS


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