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CLASSIQUE / TRADITIONNEL


RIMSKI-KORSAKOV, LE VOL DU BOURDON RACONTÉ

Ce qui caractérise au mieux Le vol du bourdon de Rimski-Korsakov tient dans sa virtuosité devenue légendaire. Le compositeur donnera à cette petite pièce un relief si rare qu’elle occultera l’opéra dont elle est issue…


UNE MUSIQUE QUI BOURDONNE DANS NOS OREILLES

Sous des attraits qui ne lui ressemble guère, Le vol du bourdon appartient à la fin de la période romantique. Cette courte pièce est un interlude qui termine le 3e acte de l'opéra, Le Conte du tsar Saltan (1899). Dans le livret – écrit par Vladimir Belski d'après un conte en vers éponyme de Pouchkine (1831) -, un cygne magique (qui chante) donne au Prince Guidon le moyen de se transformer en insecte (un bourdon) pour aller visiter en cachette son père le Tsar. A noter que l’interlude intervient une seconde fois dans l’opéra, mais sous une autre forme orchestrale au moment où l’insecte réapparaît.


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Le mouvement chromatique très rapide, qui monte et qui descend, composé de doubles-croches, apporte le sentiment étrange d’entendre le bruit caractéristique d’un vol d’insecte (qui aurait pu être d’ailleurs aussi bien un un frelon qu'un vol d’abeilles). Pour obtenir ce résultat, Rimski-Korsakof va utiliser une orchestration très fine avec, pour les réponses, des bois (piccolo, flûte et clarinette) et pour l'accompagnement des cordes jouées en pizzicatos ou en trémolos.


LES VERSIONS INSTRUMENTALES DU "VOL DU BOURDON"

Dans la plupart des versions instrumentales qui verront le jour, le violon soliste est l’instrument clé. C’est lui qui imprime au mieux la magie du vol de l’insecte. Mais il faut reconnaître que la virtuosité réclamée par Le vol du bourdon devait, tôt ou tard, inciter d’autres formules. La trompette, la flûte, la clarinette, l’orgue, le marimba, voire des instruments orientaux comme le yangqin, le pipa ou le liuqui donneront à ce « Vol » des esthétiques discutables. Quant à l’accompagnement, il peut se limiter au seul piano, comme le montre la vidéo ci-dessous basée sur un dessin-animé de C. Will.

La popularité de cette musique a inspiré également des versions contemporaines, rock avec Ekseption ou expérimentale, comme avec Jean-Jacques Perrey, grand amateur de performance sonore en tout genre, qui fit une version basée uniquement sur l’enregistrement de l’insecte.


LE VOL DU BOURDON (version violon/piano)


À PROPOS DE RIMSKI-KORSAKOV

Les compositeurs russes, comme ceux des autres pays à la même époque, manifestent leur volonté d'intégrer des éléments typiquement nationaux dans leur musique, c'est ainsi que Rimski-Korsakov rejoint en 1861 le (futur) Groupe (des Cinq), dirigé par Balakirev, compositeur et théoricien russe. Korsakov compose tout en étudiant au collège impérial de la marine, ce qui va le mener à naviguer pendant trois ans. Par la suite, il devient inspecteur des fanfares de la marine et professeur au conservatoire de Saint-Pétersbourg où il enseigne notamment à Serge Prokofîev et Igor Stravinsky.

Rimski-Korsakov est l'auteur d'une quinzaine d'opéras comme La Fiancée du Tsar (1898), Le Coq (1907), ainsi que de musique symphonique comme Shéhérazade (1888). Expert dans le domaine de l'orchestration (il sera l'auteur d'un traité), Rimski-Korsakov n'a pas hésité à modifier ou à achever selon ses conceptions des partitions d'autres compositeurs comme Borodine et Moussorgski. Comme d'autres musiciens, de Franz Liszt à Duke Ellington en passant par Hélène Grimaud, Rimski-Korsakov était atteint de synesthésie, phénomène subjectif dans laquelle les perceptions sensorielles sont accompagnées d’autres sensations sans lien direct, comme la perception de couleurs à l'écoute des sons (audition colorée).

Par PATRICK MARTIAL (Cadence Info - 05/2017)


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