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JAZZ ET INLUENCES


LE JAZZ SOUL : JIMMY SMITH, GEORGE BENSON ET QUINCY JONES

Après le jazz cool vint le jazz soul, dit funky ou churchy. Rude, impératif, tels pourraient être ses qualificatifs. Ce style qui est en fait une résurgence du bebop, puis du hard-bop va trouver sa véritable voie dans l’utilisation des gospels et du blues. Durant presque une décennie, les thèmes cadrés du jazz soul auront les faveurs du public.


QUELQUES LEADERS DU JAZZ SOUL

Les quintettes du pianiste Horace Silver, les saxophonistes Stanley Turrentine, Cannonball Adderley, Eddie "Lockjaw" Davis, les guitaristes Grant Green et Georges Benson, le trio de l’organiste Jimmy Smith sont les leaders de ce courant aux articulations sonores portées par des rythmes simples et efficaces. Le jazz soul annonçait un retour aux sources, et non une nécessité musicale. Les meilleurs représentants de cette école se souvenaient de l’esprit musical des chants religieux provenant des temples, là où les Noirs avaient le sentiment d’honorer leur croyance, mais aussi de prolonger leur culture.


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JIMMY SMITH

À travers l’orgue, son instrument de prédilection, Jimmy Smith impose à l’esprit de chacun l’idée du temple. Son swing légendaire, mais surtout son amour des ballades et des thèmes commerciaux ne feront pourtant pas de lui un parfait serviteur du style. C’est le hasard et les effets de mode qui le placeront au devant de la scène, bien malgré lui.

C’est après avoir entendu l’organiste Wild Bill Davis qu’il décide de s’exercer en autodidacte sur cet instrument. Dès son premier enregistrement (The Champ en 1966, écrit par Dizzy Gillespie), Jimmy Smith impose son style et transforme l’identité de l’orgue. Dès lors, plus personne ne regardera, ni n’écoutera l’instrument de la même manière. Certes, on reprochera à l’organiste d’user de virtuosité parfois inutile ou de quelques incursions vocales, mais il aura su comme nul autre haranguer le public avec de belles ballades sirupeuses et quelques mélodies commerciales.

Jimmy Smith est le premier organiste à avoir combiner la puissance rythmique des groupes de rhythm and blues avec le langage harmonique ambitieux hérité des pianistes Horace Silver et Bud Powell. Dans ses meilleurs jours, Jimmy Smith était capable de faire ressortir des haut-parleurs de l’instrument des caractères de notes « diaboliques » nées de ses doigts, mais aussi de ses pieds. S’il a enregistré un nombre impressionnant de morceaux, parfois d’une durée excessive, ses meilleurs disques sont ceux réalisés avec les guitaristes Kenny Burrell et Wes Montgomery.


QUINCY JONES

Quincy Jones sera le premier à clamer haut et fort la qualité des chansons interprétées par Ray Charles. Trompettiste et arrangeur, Quincy Jones fait ses débuts de trompettiste en 1951 avec Jay McShann avant de se diriger vers le grand orchestre swing de Lionel Hampton ; mais ce sont surtout ses qualités d’arrangeur qui vont être déterminantes pour la suite de sa carrière. Les orchestres de Tommy Dorsey, Dizzy Gillespie et de Ray Charles auront la primeur de ses arrangements, avant de « rouler » seul en formant son propre orchestre en 1958.

Entouré de musiciens de premier rang (Clark Terry, Benny Bailey, Phil Woods, Budd Johnson, Quentin Jackson, Melba Liston…), l’orchestre de Quincy Jones usera d’un répertoire varié faisant néanmoins la part belle à des thèmes de style soul, brésilien et à des couleurs orchestrales résultant de l’emploi d’instruments parfois inusités dans les big bands de jazz.

En 1961, après la dissolution de son orchestre pour des raisons budgétaires, la suite de sa carrière s’est concentrée dans des directions plus lucratives : studio d’enregistrement en tant qu’arrangeur et producteur, télévision et cinéma, suivant de près la trajectoire d’autres confrères, les dénommés Lalo Schifrin, Oliver Nelson et Michel Legrand.


GEORGE BENSON

Avant de plonger, tête en avant, dans une musique commerciale parfois contestable, le guitariste George Benson débute sa carrière au début des années 60 comme chanteur, influencé par le Nat King Cole trio, avant de « titiller » la guitare au moment où le jazz soul est à son apogée.

Ce pur jazzman, à l’inspiration blues évidente, signe son premier album en 1964, The New Boss Guitar avec Jack McDuff, un organiste déjà adepte du genre soul. Rapidement, sa notoriété le conduit à former le "George Benson Quartet", avant que le trompettiste Miles Davis ne l’invite à jouer pour son disque Miles In the Sky en 1967. Le guitariste autodidacte avale le jazz de l’époque avec une facilité déconcertante et pénètre le cercle encore très fermé des grands guitaristes de jazz au côté de Wes Montgomery.

Au début des années 70, tout en conservant sa flamme inspiratrice, le guitariste cède de nouveau sa place au chanteur, utilisant dans un premier temps des musiques commerciales issues du répertoire des Beatles et autres formations « pop ». Ensuite, ce seront des instrumentaux jazz-funk qui se marieront à des chansons héritées du rhythm and blues et du disco (Give Me The Night, produit par Quincy Jones), donnant la nette impression que le musicien s’éloigne à tout jamais du style qui l’a vu naître.

Si, sur scène, George Benson se défend d’adopter le style crooner ou d’avoir recours à de la facilité, son charme, sa voix de velours, et sa guitare à la tonalité feutrée auront certainement contribué à élargir son auditoire. Il faudra attendre 2006 pour qu’un album jazz voit le jour, soulignant le retour du guitariste prodige (That’s Right, produit par Tommy LiPuma). Le musicien confirme avec Guitar Man en 2011, et Inspiration en 2013, rendant hommage à Nat King Cole. Un retour aux sources en quelque sorte !

Par Elian Jougla (Cadence Info - 03/2014)


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