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BIOGRAPHIE KATE BUSH - PORTRAIT DE L'ICÔNE DE LA POP FÉMININE

Source d'inspiration pour des artistes féminines comme Björk, Tori Amos, Alison Gold ou Nerina Pallot, Kate Bush semble pourtant surgir de nulle part en cette année 1978. Malgré la tempête punk qui sévit depuis quelques temps en Angleterre, sous des airs romantiques un brin passéiste, la sensuelle Kate laisse échapper de sa voix haut perchée une belle mélodie, celle de Wuthering Heights


KATE BUSH : WUTHERING HEIGHTS, PREMIER SUCCÈS

Dès les premiers singles, le style Kate Bush n’attend pas : compositions abouties, acrobaties vocales, intonations cassantes et mélodies chaloupées, tout est déjà là, ou presque. Pour son premier témoignage sonore, autour d’elle, quelques vétérans de la scène pop anglaise l’entourent : David Gilmour des Pink Floyd apporte son concours et son expérience, tandis que Ian Bairnson, guitariste d’Alan Parsons Project, prête son talent en égrenant quelques notes sur sa six cordes.


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Toute jeune et pourtant si convaincante, Kate Bush ne prend pas les choses à la légère, le professionnalisme est là, qui pointe le bout de son nez. L’inspiration aussi ! Le texte de la chanson Wuthering Heights prend racine dans le roman d’Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevent. Le succès est immédiat en Grande-Bretagne, et le sera également en France.

Le tout premier clip est filmé dans une campagne anglaise verdoyante. Ses talents de danseuse classique et sa frêle silhouette feraient presque oublier le 'décor écolo' qui l’entoure. Dans les clips qui suivront, Kate Bush n’aura de cesse de perfectionner son image artistique insolite et sensuelle, planifiant son approche gestuelle et sa façon de bouger. Le clip de la chanson Babooshka, réalisé en 1980, est la parfaite illustration de cette métamorphose de l'image : la chanteuse vampirisera les rondeurs d’une contrebasse avec sensualité mais aussi avec rage, comme si l'instrument devait subir une mise à l’épreuve.

Pourquoi une contrebasse, me direz-vous ? Peut-être faut-il voir là un message subliminal envoyé au contrebassiste de jazz allemand Eberhard Weber pour qui elle a eu toujours beaucoup d’admiration. Weber finira par succomber à ses demandes pressantes et jouera sur quatre de ses albums : The Dreaming (1982), Hounds of Love (1985), The Sensual World (1989) et Aerial ( 2005).

© Maia Valenzuela - Kate Bush


L’EXIGENCE D’UNE PROFESSIONNELLE

Musicienne autodidacte, malgré un père pianiste, la jeunesse de Kate Bush baigne dans l’art, entourée de ses deux frères. L’un est facteur d’instruments, l’autre, un poète et photographe. C’était dit. Kate Bush ne pouvait échapper à un destin artistique, à un destin à livre ouvert. Tout en continuant de jouer du violon et de l’orgue, c’est le piano familial qui va lui permettre de composer ses premières chansons. Son univers musical, puis plus tard les orchestrations éclectiques qu’elle utilisera dans ses disques vont déterminer d’une façon précise et convaincante un style à part, celui d’une artiste insaisissable, en quête de projets parfois fantasques et surprenants.

C’est ainsi que la parution de chacun de ses disques va devenir un événement. Il faudra même attendre parfois longtemps : douze longues années de silence quand Aerial sort en 2005. Une éternité ! Une explication qui tient aux exigences de la chanteuse qui conduit sa carrière tout en préservant sa vie familiale. Son rôle de mère, la vie à la campagne qu’elle aime tant… Une vie comblée en somme !

Comparé à d’autres artistes de sa génération, Kate Bush n’a sorti que très peu de disques. Dix albums en 35 ans de carrière, c’est bien peu ! Certes, sa carrière est émaillée de quelques succès : Running Up that Hill, King of the Mountain, Babooshka, The Man with the Child in His Eyes, Don't Give Up… La chanteuse obtiendra aussi quelques récompenses dont un Brit Award de la meilleure chanteuse britannique en 1987 et un Ivor Novello Award en 2002. Pour couronner le tout, elle recevra des mains de la Reine Elisabeth la décoration de « Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique » pour services rendus à la musique !


KATE BUSH, LA MAGICIENNE

En 1980, son perfectionnisme et sa passion pour l’univers sonore vont conduire ses pas à monter un studio d’enregistrement professionnel. Le son de l’époque est baigné dans la technologie d’une musique digitale naissante et pas toujours bien maîtrisée. Ses premiers disques vont suivre ce chemin là, celui d’un son plutôt froid, peu accueillant, mais suffisant pour satisfaire les adeptes des pistes de danse et de house music. En 2011, Kate Bush remettra de l’ordre dans ce passé nébuleux en enregistrant Director’s Cut, un double album composé de reprises issues des disques The Sensual World (1989) et The Red Shoes (1993).

La chanteuse qui était bien décidée à apporter une autre respiration sonore, beaucoup plus naturelle, jugera bon de retoucher et en partie de réenregistrer 11 titres en provenance de ces deux albums. Les voix, et notamment les rythmes de batterie, qui seront passés à la moulinette par le célèbre batteur de jazz au feeling incomparable, Steve Gadd, aussi à l’aise sur des rythmes ternaires que binaires.

1980, c’est l’époque de Babooshka, l’un des plus gros succès de la chanteuse. La productrice Kate Bush confirme alors son exigence artistique. L’album Never For Ever marque la confirmation d’une grande artiste. L’album qui suit, The Dreaming (1982), bien que ne rencontrant pas le même succès, est aujourd’hui toujours considéré par les fans comme étant l’un de ses meilleurs disques.

Cependant et contre toute attente, dans le milieu des années 80, la magicienne du son commence à se faire rare. De là va naître un certain paradoxe : plus elle se fait discrète, plus on perçoit son influence majeure dans l'avant-garde de la ‘pop’ anglaise. Nombreux vont être les artistes à l’admirer, et pas des moindres : Madonna, Patti Smith, Björk… En France, la nouvelle génération de chanteuses comme Nowenn Leroy et Daphné n’hésitent pas à évoquer l’intégrité de Kate Bush et son professionnalisme. Une véritable source d’inspiration pour elles.


KATE BUSH - BABOOSHKA


DES ALBUMS ET DES COLLABORATIONS

Pour l’album Hounds Of Love (1985), la chanteuse fait preuve d’audace en travaillant avec Michael Kamen, célèbre compositeur de musique de films : Brazil, Highlander, X-Men, Robin des Bois : Prince des voleurs, L'Arme fatale… Un véritable 'patchwork sonore' que ne renie pas son auteur, bien au contraire ! Mais pour Kate, qu’elle est la part de cet accord tacite ? Un signe de compétence, une reconnaissance professionnelle, ou une aventure musicale pour découvrir d’autres espaces sonores encore inexploités ?

À l’écoute, des titres comme Running Up That Hill ou Cloudbusting ne laissent pas de doute quant à l’expérience des deux protagonistes. Entre un synthé agressif annonçant un rythme conquérant et un ensemble à cordes qui prône ses vertus acoustiques, qui pourrait douter encore que cette alchimie sonore est due au hasard ?

Comme d’habitude, la chanteuse ne fait rien à moitié. Le clip qui accompagne la chanson Running Up That Hill honore une fois de plus ses qualités de danseuse, de la première à la dernière image. C’est comme si elle voulait prouver à son public que derrière la voix de la compositrice existait aussi une artiste dotée de milles autres facettes. C'est vrai, Kate Bush est une artiste conquérante. Outre la réalisation de ses clips et la maîtrise des enregistrements, il ne faut pas oublier la courte expérience scénique des premières années, quand elle a ouvert la voie aux shows à grand spectacle d’aujourd’hui. Décors, costumes, chorégraphies, mises en scène, tout y était ! Une diversité d’emploi largement suffisante pour étonner n’importe quel artiste… D’ailleurs, Peter Gabriel ne fera pas la fine bouche quand il chantera avec elle en duo dans la chanson Don’t Give Up. Enlacé contre elle, avait-il vraiment la possibilité de refuser une telle proposition ?

Entre sa science de l’image, son physique et sa farouche indépendance, rien ne semblait la rapprocher de ses idoles excentriques, David Bowie et Elton John. Au fond, Kate Bush est une créatrice pure dans l’âme. Elle ne court pas après le succès, et si le succès vient, c’est qu’il le fallait, comme une fatalité que Dieu aurait voulue. Pour elle, le plus important est de travailler comme elle l’entend, sans véritable norme et sans qu’on lui impose des frontières. Une véritable artiste touche à tout, le genre d’artiste que l’on rencontre plus souvent dans un univers masculin que féminin.

Au fil des albums suivants, les associations d’idées apportées par Kate semblent vouloir marquer le pas. Pourtant les nouvelles collaborations, aussi diverses qu’inattendues, auraient pu laisser augurer de belles choses : The Sensual World (1989) avec David Gilmour et Alan Stivell, et surtout The Red Shoes (1993) qui, malgré la présence d’artistes prestigieux : Prince, Gary Brooker, Jeff Beck et Eric Clapton, est un album qui n’a pas su retrouver le souffle d’antan. Ensuite se sera un long silence de 12 années où la vie personnelle l’emportera, jusqu’à la sortie du double album Aerial (2005).


KATE BUSH, REVIENS !

Discrète, mais jamais effacé, Kate Bush chante en 2007 la chanson du générique de fin du film À la croisée des mondes : La Boussole d'or, avant de produire son 9e album, Director's Cut (2011), déjà évoqué. Son dernier album, 50 Words for Snow (2011), met en scène son fils Albert. Une preuve s’il en est que peut-être dans la famille Bush, la filiation est déjà en marche…

Où en est aujourd’hui Kate Bush, difficile à dire ! L’artiste est si loin et si proche de nous, se livrant sans se livrer pour finalement assurer le minimum de promotion. Insaisissable, elle l’est ! Elle va à son rythme, distillant ses albums suivant son humeur vagabonde et ignorant les mauvais présages. Kate Bush est une artiste authentique, insensible aux codes musicaux en vigueur et à leurs excès. Alors, tant pis pour les fans qui ne pourront jamais l’enfermer dans un quelconque personnage créé de toute pièce. Kate Bush, l'indépendante, a déjà apporté sa réponse : « Tellement d’artistes à succès finissent par être prisonniers du personnage public qu’ils se créent. Moi, je n’ai jamais su qui je pourrais être à part moi-même. »

Par Elian Jougla (Cadence Info - 09/2013)


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