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MUSIQUE & SOCIÉTÉ


ARTISTES POPULAIRES : MEDIAS ET INTERNET POUR QUEL ENJEU ?

La puissance de la médiatisation d’aujourd’hui conduit certains artistes populaires à devenir des êtres à part, des êtres d’exception. La déification est sous contrôle. La mise en scène faite autour d’eux est programmée, suggérée par de nombreux enjeux financiers (parfois aux dépens des intéressés). Sollicités de toute part, face à des exigences de plus en plus austères, ils doivent le plus souvent subir une médiatisation écrasante et sans scrupule. Ils sont projetés dans l’arène, et même s’ils ne sont pas des dieux de l’Olympe, ils sont parfois considérés comme tel.


QUAND INTERNET FABRIQUE DES ARTISTES POPULAIRES

Pourtant, tout artiste populaire sait ou saura, quel que soit son domaine de prédilection et même s’il atteint des confins hautement inaccessibles, qu’il ne sera jamais ni un dieu, ni un être doté de capacités surnaturelles. Le véritable serviteur de l’art est au-delà de ces critères. Souvent, en quête d’un perfectionnisme sans fin, il se défend de vouloir être déifié, d’être une personne à part. Il considère son rapport avec l’art comme une vocation et se doit d’en être son obligé.

Mais alors, pourquoi assiste-t-on à cet épiphénomène médiatique ?


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Internet en est pour partie responsable… Comme une mécanique bien huilée, les médias d’hier – presse, radio, télévision - se voient boostés par celui dont tout le monde parle… le bien nommé Internet. Les “infos classiques” sont relayées, amplifiées par les blogs qui germent ici ou là. Les buzz font circuler l’information sur la Toile à vitesse grand V (quitte à dupliquer sans vergogne les articles).

De l’amateur au professionnel, tout le monde apporte son commentaire. La grande quantité d’articles que déverse chaque jour Internet produit une véritable jungle. Qu’importe si le lecteur lambda est assommé par tant d’information. Faute de vérification sur les sources, le lecteur devra s’accommoder des erreurs commises et des dérapages incontrôlés. Le dynamisme engendré par cette surabondance d’information est parfois si important qu’il donne à certains événements mineurs ou erronés une apparence faussement réelle. Les rumeurs se transforment en vérité et vont bon train, en touchant tous les domaines, qu’ils soient artistiques ou pas.

Ce phénomène, inconnu il n’y a même pas 10 ans, est à prendre en considération. C’est un virage à 180° concernant la circulation de l’information. Les médias ont trouvé dans l’Internet un allié de circonstance, pas forcément un ami ; et même si cela déplait à certains, l’info Internet est devenu une source d’information inévitable.


LES ARTISTES SE DEFENDENT

Avec Internet, l’artiste assiste à l’avènement de sa carrière, comme à sa mort annoncé. Il faut donc, pour ce dernier, un certain recul et un mental à toute épreuve pour faire la part des choses, quand les rumeurs, les intox deviennent aussi populaires que sa personne. Heureusement, la majorité des artistes font face et se battent pour ne pas être happés par la Toile aussi puissante que destructrice.

Tout est dans la personnalité de l’artiste

Ceux qui souhaitent être médiatiquement populaire n’ont pas vraiment le choix. Ils doivent construire leur carrière en dépendant étroitement du média Internet. D’ailleurs en est-il possible autrement ? La circulation de l’information sur Internet offre une facilité de mise en œuvre et une rapidité déconcertante (même si cela n’est pas exempt de défauts). Avec Internet, les tracts, les affiches semblent appartenir à la préhistoire et les grands journaux d’information n’ont pas d’autre choix que de suivre en s’adaptant. Internet n’est pas un phénomène de mode. Il est là pour longtemps et ne cessera d’évoluer.


LE PHENOMENE DE DEIFICATION

A une époque où l’on colle des étiquettes aussi facilement qu’un timbre-poste, il est bien sûr très important pour l’artiste de se protéger. La déification est créée par le public, mais les médias conduisent ou parfois prennent en main la destinée de l’artiste. Ce phénomène tend à se propager, non pas sous le manteau, mais au grand jour, sans retenue et parfois de façon très calculée.

L’artiste est propulsé au rang du mythe, souvent, pour pas grand chose… un disque ou deux “qui marche” et son auteur se voit honorer, aduler par les médias plus qu’il n’en faut. A l’artiste d’entretenir ou de refuser une telle effervescence… mais bien peu refusent l’idée, même si elle peut se révéler dangereuse. Il existe même comme une sorte de résignation ou de magnétisme chez certains artistes d’aujourd’hui qui ferait passer Gérard Manset, illustre artiste contestataire, pour un être d’une autre planète ! Même le musicien classique, autrefois si discret, n’hésite plus à rentrer dans la ronde médiatique, quitte à construire un personnage subalterne, sans lien direct avec sa carrière : en devenant écrivain, en défendant des causes humanitaires, etc.


L’HUMILITE DE L’ARTISTE

Derrière les œuvres des grands compositeurs d’hier existaient des êtres faits de chair et d’os. Mozart, Bach ou Schumann ont aimé et souffert comme tous les autres êtres vivant sur la planète. Une telle banalité, pourtant bien réelle, s’efface souvent pour laisser place à une image déformée par un inconscient collectif. Avec le temps, les grands compositeurs classiques apparaissent comme des êtres doués, ayant eu des pouvoirs exceptionnels, capables à travers leur œuvre de dessiner les contours de l’inaccessible. En réalité, les grands maîtres, aux prises avec l’authenticité des jours qui passent et les évènements banals de la vie, conduisaient leur création avec une humilité et une simplicité stupéfiante. Ils sont et demeurent, pour les artistes d’aujourd’hui, certainement des exemples à méditer.

Pour tous les autres, pour ceux qui n’ont pas cette humilité, existe un grand vide… un grand vide qu’il faut combler sans cesse. Quand la notoriété repose sur une forte représentation médiatique, l’authenticité artistique peut être parfois mise en doute. C’est un risque que l’artiste doit accepter s’il ne souhaite pas voir mourir sa carrière d’un feu de paille. Cependant, cela est très rare, car la sanction médiatique est rarement le reflet exact de la réalité. Même quand l’artiste n’est plus médiatisé, sa fibre artistique existe toujours en lui… heureusement d’ailleurs !

Un artiste peut-il tromper son monde impunément ?

Non. L’artiste ne peut construire une carrière par des moyens en porte-à-faux. Le public ne s’y tromperait pas. L’artiste joue comme il est et son œuvre demeure le reflet de son Etre profond. Quand une carrière est construite sur des modes ou basée sur un star-system, il sait que les médias sont sa béquille et qu’il ne peut aller loin sans elle. Tout le danger pour lui est de devenir l’objet d’un système, toujours plus puissant… un système très indépendant qu’il ne pourra jamais contrôler par avance.


ARTISTES ET SPORTIFS… MEME CONSTAT

La déification déborde de l’art et existe de la même façon dans le sport. La ola des stades est la marque de reconnaissance du public face à un événement sportif exceptionnel qui se déroule dans l’arène. Les dieux du stade sont portés par la foule qui glorifie (ou qui sanctionne) parfois de façon aveugle. Dans tous les cas de figure, la réaction attendue ne viendra que du sportif. Elle sera fonction de la conjoncture au moment des faits et de ce qu’il est. De son mental, de son évolution psychique et de sa force spirituelle dépendra sa réaction.

Ce qu’attend le public au contact d’un artiste ou d’un sportif se résume à deux points essentiels : la disponibilité et la simplicité. La proximité avec le public dosée d’un certain mystère autour de sa personne ou de sa réussite amplifie l’image de la star médiatique. Cette alchimie est parfois nécessaire pour que l’artiste ou le sportif soit considéré comme une superstar. Le temps joue également un rôle important en déformant ou en amplifiant les événements passés. C’est ainsi que naisse un bon nombre de légendes. 

De tout temps, les spectateurs et les “êtres d’exception” ont misé sur un paradoxe qui relève davantage de la nature humaine que du terrain purement artistique ou sportif. Pour le public, c’est la possibilité d’écouter et/ou de voir un être qui puisse quelque part leur ressembler tout en les faisant rêver. Et pour les “êtres d’exception”, le désir de se rapprocher de leur public tout en préservant une distance de sécurité. Pour être reconnu comme des êtres à part, le sportif et surtout l’artiste se doivent d’être différents de ceux qui les encensent, quitte à jouer un jeu médiatique sans filet et sans reflet avec leur personnalité.

Les “êtres d’exception” existent pour des raisons diverses, mais la plus évidente est la part de rêve qu’ils suscitent. Leur parcours, leur existence font envie et attire bien souvent la curiosité et même la jalousie. Composé d’admirateurs comme de détracteurs, le public aime également guetter l’instant fragile, le moment où l’artiste quitte son habit de lumière pour devenir l’homme de la rue. Un homme simple, abordable, avec ses joies et ses peines, ses moments de doutes et de remises en question. Pour le fan ou le supporter, il est très important qu’il devienne comme un ami, un proche parent.

Pourtant, la déification de l’artiste et du sportif est regrettable car elle ne sert ni l’art, ni le sport ?

C’est vrai. Elle produit des engouements et des joies, mais également des rivalités, des oppositions et des comparaisons aussi stupides qu’inutiles.

Au-delà des images glorieuses et flatteuses, les médias jouent également sur d’autres tableaux beaucoup plus sombres. La disparition d’un grand artiste ou une manifestation sportive qui dégénère servent parfois de support à tous les excès. L’année dernière, la disparition de Michael Jackson a été un bon exemple de médiatisation acharnée. Tous les gens s’en souviennent (d’ailleurs comment ne pas s’en souvenir !). Le “roi de la pop” a fait un carton pendant plusieurs semaines dans tous les médias. Force est de constater qu’au moment de sa disparition, la soif d’évènements malheureux a pris le pas sur d’autres plus heureux… par médias interposés, bien entendu !

Du scoop à la rumeur, tout était là pour que sa disparition passe à la postérité : une mort aussi soudaine que mystérieuse, un médecin soupçonné, une carrière hors-norme avec des procès successifs, une famille déchirée, sous oublier les pleurs des fans et les sosies de circonstance. Face à un tel choc, la surenchère médiatique était à la hauteur des événements : l’artiste allait rejoindre l’histoire, tel un dieu. La boucle était bouclée ! D’ailleurs, pour ne pas oublier le dieu Jackson, des anniversaires de circonstance seront là… dans le cas où notre mémoire aurait quelques absences ! ;-)))

Par Elian Jougla - 12/2010

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nom : Francoise
message : Article intéressant. Belle comparaison et beaucoup de précisions. (posté le 29/08/2016)

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