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MUSIQUE DE FILMS


LA PLACE DE LA CHANSON AU CINÉMA

Depuis une quarantaine d’années, les grands studios, qui possèdent souvent un ou plusieurs labels discographiques, capitalisent à la fois sur le succès du film et sur les ventes du disque qui lui sont associés. Depuis American Graffiti, réalisé en 1973, on ne compte plus les œuvres dont la bande sonore est bourrée à craquer d’airs à la mode ou rétro. Les réalisateurs – surtout lorsqu’ils visent un public de jeunes – semblent désormais travailler l’œil fixé sur le baromètre des Tops…


QUAND LA CHANSON SEDUIT LE SEPTIÈME ART

Si la musique de films a pour rôle de donner le tempo, de sublimer à l’occasion des instants romantiques ou d’accompagner des scènes d’une grande violence, l’utilisation de la chanson est généralement moins évasive. Elle dessine avec précisions une époque, un style ; elle habille un personnage où signe un film par sa seule présence : Shabadabada (du film Un homme et une femme), Put the Blame on Mame (du film Gilda) ou encore Les moulins de mon cœur (du film L’affaire Thomas Crown). La chanson agit comme un intermède dans le déroulement du film et arrive à point nommé quand tout bascule, pour un baiser ou pour un au revoir.


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La musique de films sait se rendre indispensable. Depuis l’avènement des vidéo-clips et des chaînes musicales dans les années 80, les BO semblent bien avoir atteint le point de non-retour. Généralement, les vidéo-clips taillés pour le 7e art possèdent d’invraisemblables salmigondis où l’on trouve des plans de l’interprète en train de chanter, des images originales spécialement conçues et des extraits du film où figure la chanson.

Les producteurs de cinéma ont très bien compris cela. Depuis plus de trois décennies, grâce à la chanson, la musique de films est devenue un business très « juteux ». En sortant en même temps ou avant le film, les chansons de la BO contribuent au lancement du long-métrage tout en donnant une petite indication de son contenu. Elles créent un marketing prospère dans lesquels un maximum de personnes adhérera, comme en témoigne les quelques exemples qui suivent...


QUELQUES CHANSONS TUBES TAILLEES POUR LE CINEMA

En 1982, le film Flashdance laisse la danse envahir les salles obscures. Musiques et chansons cohabitent à travers les rêves de gloire d’une jeune danseuse. Ce film, destiné principalement aux ados, incarne quelques années après Saturday Night Fever l’accession définitive de la chanson commerciale au cœur des BO. Sons et images deviennent indissociables. Flashdance imposera un succès : Maniac de Michael Sembello, une chanson initialement prévue pour un film d’horreur et qui s’est transformée en conte de fée pour son auteur. Avec Flashdance, on découvre également les premières parodies de BO en pub ou la svelte danseuse devient un gros homme sans charme et sans grâce.

En 1997, il est difficile de faire l’impasse du film Titanic. James Cameron propose du grand spectacle sur un sujet où l’issue est déjà connue de tous. Ici, l’important n’est pas tant le sujet que la façon de déployer les moyens de rendre l’histoire crédible. Une histoire d’amour improbable que les spectateurs adopteront avec la larme à l’œil lors de la dramatique dernière séquence. Pour immortaliser le film, il fallait une musique belle, prenante et romantique, et une chanson capable de construire le lien identitaire. Cette chanson sera My Heart Will Go On. Tout le monde se souvient du jeune couple enlacé à la proue du paquebot et de la voix étincelante de Céline Dion. Une chanson qui a bien faillie ne jamais être utilisée en raison du désaccord qui animait le compositeur de la BO, James Horner avec le réalisateur James Cameron.

Parfois, la chanson érotise les scènes. Souvenons-nous de la séquence du film 9 semaines et demie en 1986 quand, sur la chanson You Can Leave Your Hat reprise par Joe Cocker, Kim Bassinger réalise un strip-tease mémorable devant les yeux amusés de Mickey Rourke. Outre le fait d’avoir immortaliser le film, la chanson à l’origine chantée par Randy Newman aura permis de relancer la carrière de son interprète qui en avait alors bien besoin.

1992 est l’année Whitney Houston. Avec Bodyguard, la chanteuse devient actrice dans un film où elle joue le rôle d’une star de la chanson. Face à elle, un garde du corps interprété par Kevin Kostner. Whitney Houston joue sur les deux tableaux, celui d’une actrice et d’une chanteuse qui prête sa voix à une chanson très mélo interprétée à l’origine par Dolly Parton, I Will Always Love You. A l’origine du projet, Diana Ross devait être la vedette au côté de Steve McQueen. Par la suite, d’autres prétendantes seront sélectionnées sans toutefois être retenues : Madonna, Par Benatar, Olivia Newton Jones ou encore Janet Jackson. Whitney Houston sera finalement choisie par défaut. Si la chanson I Will Always Love You est le titre le plus prenant de la BO, celle-ci comprend d’autres chansons qui marqueront toute une génération : I Have Nothing ou Waiting For You par Kennny G.

Autre style, autre univers... La chanson illustrant le film Rocky III, Eye of the Tiger par le groupe de rock Survivor, incarne l’image de la boxe bien au-delà de l’écran. Les uppercuts ont trouvé à travers un gros son de hard rock un prolongement à leur existence. La BO sera nominé aux Oscars de l’année 83.

En France, la chanson sait également jouer des coudes pour s’imposer dans les BO. La plus évidente des réussites est le slow du film La Boum en 1980. Cette année-là le film rival de L'Empire contre-attaque révèle la toute jeune actrice Sophie Marceau. Le compositeur qui est aux commandes n’est autre que Vladimir Cosma, l’un des maîtres français de la musique de films. Pour l’interprétation du slow Reality plusieurs noms ont circulé avant que Richard Sanderson ne soit choisi : Michael Franks, Michel Polnareff, Gilbert Montagné ne seront pas retenus ce qui, sur le fond, n’a pas empêché la chanson de connaître le succès que l’on connaît. Elle sera numéro 1 dans plusieurs pays. La Boum 2 (1982) aura également droit à son slow, Your Eyes par Cook da Books.

A toutes ses chansons pour le moins inégales, nous pourrions rajouter encore d'autres exemples... Take My Break Away par Berlin du film Top Gun en 1986, celle éponyme de Ghostbusters par Ray Parker Jr. en 1984, et l’année suivante The Powers of Love du film Retour vers le futur par Huey Lewis and the News. Citons aussi la BO « compil » de Pulp Fiction en 1994 sélectionnée de main de maître par Quentin Tarantino et dont le public retiendra Girl, You’ll Be a Woman Soon par Urge Overkill ou encore quelques années auparavant, très exactement en 1987, la chanson The Time of My Life issue de la BO Dirty Dancing, interprétée en duo par Jennifer Warnes et Bill Medley et qui remportera l’Oscar de la meilleure chanson de l’année.

Le palmarès n’aurait pas été complet sans citer la BO de Men in Black réalisé en 1998 avec le duo Will Smith et Tommy Lee Jones comme partenaires à l’écran ; Will Smith acteur mais aussi rappeur profite du film pour chanter le main theme. La chanson rap M.I.B., grâce à son clip au ton décalé remportera un vif succès. L’excellence de cette courte sélection revenant à la BO de Saturday Night Fever en 1977, dont l’histoire est étroitement liée à la musique disco. Une réussite exemplaire pour un film qui a su dépeindre parfaitement la jeunesse new-yorkaise d’alors. Ce sera pour les Bee Gees leur plus grande réussite en composant plusieurs hits pour un seul et même film : Stayin Alive, How Deep Is Your Love, Night Fever, More Than A Woman, You Should Be Dancing.


WILL SMITH - MIB


DES CHANSONS POUR SAUVEGARDER

Ces chansons sans être toutes des chefs-d’œuvre ont permis à des films moyens, voire des nanars, de rentrer dans l’histoire du cinéma. Populaire ou raffinée, accrocheuse ou romantique, la chanson a commencé dès les années 20 par accompagner les génériques pour finalement s'imposer en envahissant l’écran à tout instant. Aujourd’hui, de nombreuses comédies françaises et américaines font appels à des mélodies populaires pour rehausser des scènes parfois poussives. Loin d’être cantonné aux ambiances sonores et bruits de fond, le cinéma a choisi de mettre en valeur cet « art mineur ». Tout comme les effets de caméra, la chanson est devenue pour de nombreux jeunes réalisateurs un nouveau langage avec ses propres codes, capable d’accaparer l’image et d’immerger en un instant le spectateur dans une époque chargée de souvenirs et d'émotions.

Exit, la chanson réservée à la comédie musicale. Aujourd’hui, chanson et cinéma sont chacun certainement persuadés d’être le grand bénéficiaire de ce bouillonnement créatif. Il ne m’appartient pas de trancher. Toutefois, je ferais remarquer, que la passerelle entre chanson et cinéma est à double sens. Lorsqu’une vedette est à l’origine un chanteur, la tentation est forte de tirer parti de son talent et de lui réserver, quel que soit le contexte, une séquence musicale. La gageure, pour un chanteur confirmé, est alors de s’imposer dans des rôles non chantants. A l’inverse, peu d’acteurs savent résister au plaisir de graver un disque. Une question d’ego et d’images, certainement !

Par Elian Jougla - 05/2016

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