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INSTRUMENT DE MUSIQUE


L'ARRIVEE DES INSTRUMENTS ELECTRIQUES
DANS LE JAZZ

La musique rock est indissociable des instruments électriques. Sur scène, la guitare et l’orgue seront les premiers instruments à se disputer la vedette. Mais il faudra attendre les années 1967/1968 pour que la confidentialité des instruments électriques explose aussi dans le jazz. Dans les magazines spécialisés, une toute nouvelle génération de musiciens saura exprimer son attachement envers ces nouvelles sonorités...


DANS LE CHEMIN SILENCIEUX DE MILES DAVIS…


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La période Hippie voulait que de nouvelles sonorités, de nouvelles façons de jouer ainsi que de nouvelles méthodes de travail et d’enregistrement voient le jour. Au fil du temps, l'impact du son comme valeur ajoutée dans les productions et les interprétations prenait une place toujours plus importante. Dans un jazz saupoudré d’électricité, le scénario commençait à prendre forme. Tandis que l’improvisation écrivait ses dialogues éphémères, le son s’occupait de produire un éclairage plus ou moins agressif. La mise en scène, minimaliste, était confiée à quelques accords ponctués de virgules et de points d’interrogation. Nous avions là un sacré mélange où prenait place bien entendu l’éternel fil conducteur du musicien, le feeling.

Au milieu des années 60, la jeunesse occidentale en révolte prépare l’avènement de la culture rock. Le premier des jazzmen à comprendre cette hégémonie toute nouvelle sera . Le trompettiste, sensible aux rythmes scandés par un James Brown en furie ou par le jeu époustouflant du guitariste Jimi Hendrix, laissera sa trace dans l’histoire pour avoir été l’instigateur du jazz-rock.

A l’époque de l’enregistrement de In a Silent Way (1969) ou de Bitches Brew (1970), Miles Davis avait une façon toute particulière de travailler avec les musiciens. Outre son désir de vouloir tout simplifier, l’art du trompettiste était de travailler sur le son et sa respiration. Cette vision-là était essentielle à ses yeux. L’équipe de jazzmen qui l’entourait devait être, tout comme lui, les visionnaires d’un jazz audacieux et « branché ». Miles Davis : « J’écrivais un peu de musique pour tel ou tel musicien. Je disais à l’autre de jouer des trucs que j’entendais, tout ça… tandis que la musique grandissait, prenait forme. […] Si je voulais quelque chose d’autre à tel ou tel endroit, je faisais intervenir le musicien, et c’était tout. » (Jazz Magazine – 11/1971)


LE PIANO FENDER

Miles Davis explique l’introduction du piano Fender dans sa musique.

Miles Davis : « J’avais dans l’oreille une ligne de basse avec les accords utilisés par Gil Evans et son big band. […] Ce n’était pas simplement que je voulais passer à l’électricité, comme beaucoup l’ont dit, histoire d’avoir quelques trucs électriques dans le groupe. Je cherchais un voicing (présentation d’accord) qu’un Fender Rhodes pouvait m’apporter, pas un piano. Idem pour la basse. » Pour Miles Davis, les musiciens devaient utiliser les instruments qui reflètaient le mieux leur époque, la technologie qui pouvait leur apporter ce qu’ils voulaient entendre.

Pour Herbie Hancock, fidèle accompagnateur de Miles dans les années 60, son passage aux Fender Rhodes sera un défi, presque une obligation.

Herbie Hancock : « C’était à l’occasion d’une session avec Miles. Le seul clavier présent était un Fender Rhodes. J’ai demandé à Miles : « De quoi veux-tu que je joue ? » Il m’a soufflé d’une voix rauque : « Joue sur ça. » […] Non seulement je n’en avais jamais joué, mais en plus quelqu’un m’avait raconté des salades inquiétantes au sujet de ce gadget. J’essaie malgré tout, je plaque un accord, et whouah ! ça sonnait si chaud, si harmonieux, tellement riche et « pêchu », que je l’ai tout de suite adopté... Ensuite je me suis mis à la pédale wha wha et j’ai utilisé une chambre d’écho Echoplex, en retirant le couvercle du Fender afin de trouver où les brancher... A l’époque il n’avait pas été conçu pour cela.

La musique que nous faisions était d’avant-garde, mais aussi une combinaison de plusieurs styles, couvrant ainsi un champ musical assez large. J’ai réalisé alors qu’il me fallait davantage de sons, ce qui m’amenait quelquefois à jouer sur les résonateurs du Rhodes avec des mailloches… Je me souviens que, plusieurs fois, Harold Rhodes était venu nous voir et, en constatant tous ces branchements bizarres, m’avait demandé : « Mais qu’est-ce que vous lui avez fait ? » C’est à partir de là que ses pianos ont été équipés d’office de jacks d’insertion d’effets. Je lui ai également suggéré l’installation d’une sortie directe pour le studio, car de plus en plus de musiciens en ressentaient la nécessité. » (Jazz Hot – 07/1983)

DE LA CONTREBASSE A LA BASSE ELECTRIQUE

Pour Steve Swallow, passer de la contrebasse à la basse électrique c’était aussi une occasion d’ouvrir son esprit à d’autres musiques.

Steve Swallow : « Après n’avoir écouté que Paul Chambers, Perey Heath, etc., quand je suis passé à la basse électrique, j’ai découvert d’autres musiques que je me suis mis à aimer. Si bien que les disques que j’achète actuellement ne sont pas, pour l’essentiel, des disques de jazz, mais plutôt de soul music […] J’ai d’abord écouté Marvin Gaye pour entendre Jamerson, puis j’ai prêté plus d’attention à Marvin Gaye qu’à son bassiste, et j’ai découvert une autre musique que j’aime autant, maintenant, que le jazz. Autre repère pour moi, Larry Graham, le bassiste de Sly and the Family Stone. » (Jazz Magazine – 09/1986)


UNE GUITARE ROCK POUR UNE COLORATION JAZZ

A l’inverse, le guitariste John Abercrombie est venu au jazz par le rock.

John Abercrombie : « A l’époque de l’album Timeless (1975), je me trouvais dans une phase d’imitation. Il faut dire que j’étais très influencé par John McLaughlin et son Mahavishnu Orchestra. J’étais aussi très copain avec Jan Hammer avec le quel je partageais un appartement. Cela dit, je ne me considère toujours pas comme un bon guitariste de rock comme peut l’être par exemple Van Halen ou même Jeff Beck pour lequel j’ai une profonde admiration. […]

L’électronique me fascine et j’ai dû essayer tous les gadgets possibles et imaginables, des premières pédales de distorsion à la guitare synthé, en passant par les pédales wah wah, « phase shiffers » et autre « reverbs ». Grâce à ces nouveaux sons, j’arrive à jouer et à composer de façon radicalement différente, ce qui est source de renouvellement. D’autre part la curiosité que j’éprouve pour les musiques orientales, ethniques ou des styles plus classiques, m’a guidé naturellement vers la guitare synthé qui me permet d’adopter une grande palette de couleurs même si le jeu peut sembler plus agressif. » (Jazz Hot – 06/1989)

Par Elian Jougla - 12/2015

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